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Travaux

Rénovation de l’habitat : Quels défis face aux passoires thermiques ?

Rénovation de l’habitat

La rénovation de l’habitat soutient le marché de l’entretien-rénovation de bâtiment.­ Les dépenses pour le seul habitat devraient augmenter de +4,3% par an d’ici 2025 pour s’établir à 100 milliards d’euros. Toutefois, les objectifs ambitieux d’éradication des passoires thermiques pourraient bien ne pas être atteints. Une étude Xerfi s’interroge sur les défis et stratégies face à la réglementation des passoires thermiques.

Rénovation de l’habitat

Quels défis et stratégies face à la réglementation des passoires thermiques ?

Le marché de la rénovation de l’habitat à l’horizon 2025

Le marché de la rénovation de l’habitat connaît une croissance accélérée grâce aux :

  • subventions MaPrimeRénov’,
  • aides directes telles que les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE),
  • dispositifs proposés par les collectivités locales.

L’interdiction de louer des bâtiments énergivores, dits “passoires thermiques”, à partir du 1er janvier 2023, incite les propriétaires bailleurs privés à entamer des travaux importants. Cependant, il y a des risques de manque de moyens pour les ménages. Ils se retrouvent pris entre un pouvoir d’achat en baisse et des coûts de travaux en hausse.

Le marché de l’entretien-rénovation de bâtiments est estimé à 114 milliards d’euros. Il devrait bondir en moyenne de plus de 4% par an de 2024 à 2025, après un ralentissement en 2023. Ce ralentissement est lié au recul des ventes dans l’ancien et aux pressions sur le pouvoir d’achat. En outre, les dépenses en rénovation de l’habitat devraient augmenter de +4,3% par an en moyenne d’ici 2025. Ainsi, elles devraient s’établir à 100 milliards d’euros selon les experts de Xerfi Precepta.

Marché de la rénovation de l’habitat : un coup de pouce lié à la transition énergétique

La croissance du marché de la rénovation de l’habitat est 2,5 fois supérieure à celle de la décennie 2010. Globalement, il bénéficie d’un coup de pouce lié à la transition énergétique. Déjà, 50 000 biens étiquetés G, dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an, doivent être retirés du marché locatif. En tout, près de 150 milliards d’euros seront nécessaires d’ici 2034 pour éliminer les passoires thermiques du parc locatif. Or, 35 à 40 milliards seront dépensés avant la première grande échéance de 2025 (biens étiquetés G).

La rénovation des bâtiments tertiaires, industriels et commerciaux (36 milliards d’euros en 2022) continuera d’être une industrie florissante à moyen terme. En raison des difficultés rencontrées lors de la construction de nouveaux projets, les opérations de reconversion et de réhabilitation seront de plus en plus prisées. De plus, les collectivités locales encouragent ces opérations et cela peut mener à des partenariats entre promoteurs et investisseurs.

Les travaux en copropriété seront difficiles à mener

Toutefois, les objectifs ambitieux d’éradication des passoires thermiques pourraient ne pas être atteints. En effet, beaucoup de propriétaires bailleurs pourraient choisir de ne pas entamer une rénovation profonde en raison de la faible rentabilité.

De même, les travaux en copropriété seront délicats à mettre en place (règles de décision et de priorité des travaux). Or, pour accélérer les opérations de rénovation de l’habitat en France, une combinaison de financement semble nécessaire :

  • aides directes (nationales et locales),
  • propositions de financement pour le reste à charge,
  • innovation en matière d’ingénierie patrimoniale et financière.

Notons que les ménages sont les principaux acteurs en matière de rénovation de l’habitat. Puisqu’ils représentent 90% des dépenses contre 10% pour les bailleurs sociaux. Ainsi, ils utilisent principalement des fonds propres pour financer les travaux. Par ailleurs, ils recourent aux prêts, aidés ou non, pour un tiers des dépenses engagées.

Pour autant, l’augmentation des obligations de rénovation, oblige les entreprises du bâtiment à faire face à la pénurie de main-d’œuvre. Par conséquent, elles doivent s’organiser pour atteindre l’objectif de massification des opérations et répondre aux besoins croissants des prochaines années.

Enfin, il est important d’adapter les dispositifs d’aide aux besoins réels. Notons que les démarches administratives sont complexes et que les solutions disponibles pour le reste à charge sont insuffisantes. Cela a conduit de nombreux ménages à renoncer aux aides, notamment par des dysfonctionnements du dispositif MaPrimeRénov’. Cette tendance a également entraîné l’émergence d’un marché de l’accompagnement. Ainsi, des options alternatives de financement de type tiers financement pourraient répondre aux besoins des ménages.

Rénovation de l’habitat : le nouveau business de l’accompagnement

Les acteurs du marché de la rénovation de l’habitat s’orientent vers certaines stratégies de croissance. L’accompagnement des ménages dans les démarches techniques et administratives est l’une d’entre elles. En effet, les plateformes d’intermédiation cherchent à se positionner entre les artisans et les propriétaires de projets de rénovation. De même, Les délégataires de Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) cherchent également à accompagner les particuliers et les entreprises.

Pour faciliter l’accès aux aides pour les clients, des collaborations entre acteurs et distributeurs émergent. À cet effet, les négoces cherchent à offrir des solutions aux artisans pour améliorer leur prospection commerciale. De ce fait, ils leur permettent de proposer une gamme complète allant des travaux à leur financement.

Notons que les fabricants de matériaux et autres acteurs de la construction investissent pour renforcer leur présence sur ce marché. En effet, ils augmentent leur capacité de production. Notamment en développant leur gamme de produits isolants ou en proposant des offres spécifiques pour la rénovation de l’habitat.

De leur côté, les groupes de construction cherchent également à améliorer l’efficacité des travaux grâce à l’industrialisation. À cette fin, des entreprises comme Vinci Construction ou Bouygues Construction créent des offres pour réaliser des opérations de grande envergure en très peu de temps. Pour ce faire, elles utilisent la préfabrication de panneaux isolants. Ces opérations sont fondées sur des référentiels simples à dupliquer. De plus, ils peuvent mener à un financement par contrats de performance énergétique. Ainsi, ces travaux de rénovation constituent une option concrète pour atteindre les objectifs de massification des rénovations.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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