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Remplacement des menuiseries : 87 millions de fenêtres à rénover en France

Remplacement des menuiseries : 87 millions de fenêtres à rénover en France

Vos fenêtres ont plus de 25 ans ? Elles sont probablement équipées de double vitrage de première génération. En France, 87,2 millions de fenêtres présentent ce type de vitrage devenu obsolète. Selon une étude TBC Innovations publiée en 2025 pour VELUX, plus de 30 % des logements sont concernés. Ces menuiseries anciennes laissent échapper la chaleur et alourdissent les factures de chauffage. L’UFME (Union des Fabricants de Menuiseries) demande l’élargissement des aides publiques pour accélérer leur remplacement. Voici pourquoi cette rénovation devient urgente et comment en bénéficier.


Sommaire :


À retenir – Remplacement des menuiseries anciennes

  • 87,2 millions de fenêtres en France sont équipées de double vitrage obsolète.
  • Ces menuiseries isolent trois fois moins bien que les standards actuels.
  • Leur remplacement réduit les besoins en chauffage de 27 %.
  • 73 % des fenêtres à rénover sont des doubles vitrages de première génération.
  • L’UFME demande leur éligibilité aux aides MaPrimeRénov’ et CEE.

Pourquoi le remplacement des menuiseries devient-il une priorité nationale ?

Un parc vieillissant aux performances dépassées

Le parc résidentiel français accuse un retard considérable en matière d’isolation. En effet, selon l’étude TBC Innovations, les constructeurs ont bâti 58% des logements avant 1990. Concrètement, une maison individuelle compte en moyenne 9,6 fenêtres. Un appartement en possède 5,6. Au total, le parc français regroupe 282,3 millions de fenêtres.

Chiffres clés du parc résidentiel français. Remplacement des menuiseries
Chiffres clés du parc résidentiel français.

Or, la répartition par type de vitrage révèle une situation préoccupante. Dans les maisons individuelles, 6% des fenêtres conservent un simple vitrage. De plus, 32% affichent un double vitrage de première génération. En appartement, le constat est plus alarmant encore : 23% de simple vitrage et 30% de double vitrage première génération. Autrement dit, ces menuiseries ne répondent plus aux exigences thermiques actuelles.

Répartition des fenêtres selon le type de vitrage dans le parc résidentiel français. Source : étude TBC Innovations, juin 2025.
Répartition des fenêtres selon le type de vitrage dans le parc résidentiel français. Source : étude TBC Innovations, juin 2025.

 

Des déperditions énergétiques considérables

Les fenêtres constituent un poste majeur de déperditions thermiques. En effet, remplacer les menuiseries anciennes par des solutions performantes permet de réduire les besoins en chauffage de 27%. Par ailleurs, cette action diminue les consommations d’énergie primaire de 18%. Elle évite également 1,2 million de tonnes d’émissions de carbone chaque année.

Certes, les professionnels ont rénové 127 millions de fenêtres depuis 2000. Plus précisément, ils ont remplacé 97,4 millions de fenêtres en maisons individuelles. Ils en ont changé 29,7 millions en appartements. Toutefois, cet effort reste insuffisant face à l’ampleur du parc à rénover.

Quelles sont les différences entre double vitrage première et deuxième génération ?

Composition et caractéristiques techniques

Les doubles vitrages de première et deuxième génération présentent une structure similaire. Ils associent deux verres float séparés par une lame d’air ou de gaz. Cependant, la deuxième génération intègre au moins un verre peu émissif. Cette couche améliore significativement l’isolation thermique. Ainsi, elle réduit les transferts de chaleur par rayonnement. Elle optimise également le confort intérieur.

L’étude TBC Innovations détaille les coefficients de transmission thermique Ug. Le simple vitrage affiche un Ug de 6 W/m².K. Le double vitrage de première génération atteint 3 W/m².K. En revanche, le double vitrage haute performance descend à 1 W/m².K. Par conséquent, cette différence de performance justifie l’urgence du remplacement des menuiseries obsolètes.

Comparatif des coefficients de transmission thermique selon le type de vitrage.
Comparatif des coefficients de transmission thermique selon le type de vitrage.

 

Performance et confort au quotidien

Le double vitrage de première génération n’assure plus un confort satisfaisant. En hiver, les occupants ressentent une sensation de paroi froide près des fenêtres. En été, ces menuiseries laissent passer davantage de chaleur solaire. C’est pourquoi le remplacement des menuiseries obsolètes améliore le confort thermique toute l’année.

De surcroît, l’étude TBC Innovations alerte sur les risques sanitaires. Le vieillissement des composants aggrave les défauts d’étanchéité à l’air. En conséquence, des moisissures peuvent apparaître. La qualité de l’air intérieur se dégrade. Certains logements atteignent même des situations d’insalubrité. Dès lors, le remplacement des menuiseries protège la santé des occupants. Il préserve aussi la pérennité du bâti.

Comment l’UFME propose-t-elle d’accélérer le remplacement des menuiseries ?

Un plaidoyer pour élargir les aides publiques

L’UFME milite pour faire évoluer les critères d’éligibilité des aides à la rénovation. Actuellement, MaPrimeRénov’ et les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) excluent souvent le remplacement des menuiseries double vitrage de première génération. En effet, les pouvoirs publics ne considèrent pas ces fenêtres comme suffisamment anciennes.

Pourtant, l’étude TBC Innovations livre un constat édifiant. Parmi les fenêtres peu performantes à rénover dans les logements construits avant 2006, 73% sont des doubles vitrages de première génération. Ces chiffres démontrent donc la nécessité d’élargir les critères d’éligibilité. Cette évolution permettrait de massifier la rénovation énergétique.

Une mobilisation collective de la filière

L’UFME a organisé un webinaire le 15 janvier 2026. Elle a réuni plusieurs acteurs majeurs du secteur : VELUX, la Chambre Syndicale des Fabricants de Verre Plat (CSFVP) et l’Union Des Transformateurs de Verre Plat (UDTVP). Au total, près de 80 participants ont assisté à cet atelier digital. Parmi eux : des entreprises, des artisans, des bailleurs et des institutionnels.

L’objectif était clair : sensibiliser les professionnels aux enjeux du remplacement des menuiseries. Depuis, le replay est disponible gratuitement sur le site de l’UFME. Cette initiative illustre l’engagement de la filière face aux défis environnementaux.

Le remplacement des menuiseries : indispensable pour sortir du statut de passoire thermique

Le Cabinet Pouget Consultants a réalisé une étude complémentaire pour l’UFME. Les experts ont analysé des logements représentatifs construits avant 1975 et entre 1975 et 1990.

Les résultats sont sans appel. En maison individuelle, le changement de menuiseries s’avère indispensable. Il permet d’atteindre une rénovation performante quand on ne combine pas le changement de chauffage avec une isolation par l’extérieur. En logement collectif, le constat est identique. Dans une logique privative, le changement de menuiseries reste indispensable pour sortir du statut de passoire thermique. En somme, le remplacement des menuiseries constitue un geste incontournable dans tout parcours de rénovation globale.

Quels bénéfices concrets attendre du remplacement des menuiseries ?

Des économies d’énergie substantielles

Le remplacement des menuiseries anciennes génère des économies immédiates. Les ménages voient leur facture énergétique baisser dès les premiers mois. Concrètement, la réduction de 27% des besoins en chauffage se traduit par des gains financiers significatifs. Ces économies permettent d’amortir l’investissement initial en quelques années. Les ménages modestes profitent particulièrement de cette baisse des charges.

Par ailleurs, l’étude du Cabinet Pouget Consultants révèle des gains encore plus importants. En maison individuelle, les économies d’énergie peuvent atteindre 70% selon les combinaisons de travaux. En immeuble collectif, les gains varient de 10% à 73% selon les scénarios de rénovation.

Un impact environnemental majeur

Chaque année, le remplacement des menuiseries évite 1,2 million de tonnes d’émissions de CO2. Cette contribution aux objectifs climatiques français est donc considérable. De plus, cette action participe activement à la transition énergétique du parc résidentiel. Elle répond aux engagements de la France en matière de réduction des gaz à effet de serre.

En outre, la baisse de 18% des consommations d’énergie primaire réduit notre dépendance aux énergies fossiles. Le pétrole, le gaz et le charbon sont ainsi moins sollicités.

Une amélioration du confort et de la santé

Au-delà des économies, les nouvelles menuiseries transforment le cadre de vie. Elles atténuent les nuisances sonores extérieures grâce à un meilleur affaiblissement acoustique. Elles limitent également les phénomènes de condensation. Résultat : moins de moisissures sur les murs et les cadres de fenêtres.

Enfin, l’étude TBC Innovations met en garde contre les risques sanitaires. Les fenêtres anciennes dégradent la qualité de l’air intérieur. Dans les cas extrêmes, elles provoquent des situations d’insalubrité. Le remplacement des menuiseries prévient ces dangers. Il garantit un habitat sain et pérenne sur le long terme.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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