Aller au contenu

Equipements

Comment installer une borne de recharge en copropriété ?

Comment installer une borne de recharge en copropriété ?

Installer une borne de recharge en copropriété relève souvent du parcours du combattant. Entre le vote en assemblée générale, le choix de l’infrastructure et le financement, les copropriétaires se sentent perdus. Pourtant, des solutions existent pour simplifier ce projet. Dans cet épisode d’Allô l’Expert, Lyes Kernou, Responsable Offre Bornes chez Hellio, répond à la question que se posent de nombreux résidents. Il détaille les différentes options disponibles, les aides financières mobilisables et l’accompagnement proposé aux syndics. De quoi lever les freins et accélérer la transition vers la mobilité électrique.


Sommaire :


Pourquoi installer une borne de recharge en copropriété plutôt qu’une prise classique ?

Les risques liés à la prise domestique

Se brancher sur une prise classique reste très déconseillé en copropriété.

Lyes Kernou, responsable offre borne chez Hellio, met en garde : « Se brancher à une prise classique, c’est vraiment très peu recommandé voire déconseillé en copropriété. Ça amène tout un tas de problèmes : rallonges, branchement sur les parties communes… »

Elle provoque des litiges entre voisins concernant la consommation électrique. Elle crée également des risques de sécurité électrique. De plus, la puissance délivrée reste insuffisante pour recharger correctement un véhicule.

L’infrastructure IRVE : une solution sécurisée

L’IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques) garantit une recharge sûre et conforme aux normes. Elle constitue le socle technique indispensable pour équiper un parking en bornes. Cette infrastructure comprend le raccordement électrique, les câbles, les protections et les dispositifs de comptage.

Concrètement, cette infrastructure appartient à la copropriété. Elle dessert ensuite l’ensemble du parking. Par ailleurs, Hellio accompagne déjà 200 000 résidences collectives. L’entreprise est également co-fondatrice de l’APREC (Association pour le développement de la Recharge Électrique en Copropriété).

Quelles sont les solutions de borne de recharge en copropriété ?

La solution colonne verticale avec opérateur privé

Cette solution repose sur un seul compteur électrique dédié aux bornes. Ainsi, un compteur Linky de 36 kVA alimente jusqu’à 10 bornes. Chaque borne connectée dispose d’une puissance minimale de 3,7 kW. L’opérateur privé, comme Logivolt partenaire d’Hellio, pilote les bornes à distance. Il facture ensuite directement chaque utilisateur.

En contrepartie, la copropriété signe une convention de 5 à 20 ans. Cette convention permet de préfinancer les travaux. Les bornes proposées intègrent par ailleurs des technologies innovantes. La solution Plug&Charge assure une authentification automatique. Quant à la technologie V2G (Vehicle to Grid), elle permet de réinjecter l’énergie stockée dans le réseau.

La solution colonne horizontale avec Enedis

Enedis propose l’offre REA qui préfinance les travaux d’infrastructure. Seuls les copropriétaires souhaitant se raccorder paient une quote-part. Les autres copropriétaires ne déboursent rien. Cette formule facilite considérablement le vote en assemblée générale. Cette option fonctionne comme l’alimentation électrique classique d’un immeuble. Un câble passe à chaque place de stationnement. Chaque copropriétaire dispose alors de son propre compteur Linky de 9 kVA.

Lyes Kernou souligne l’avantage de cette approche : « L’idée c’est aussi de pouvoir individualiser les consommations pour ne pas avoir à surcharger la copropriété ou même pour le syndic de devoir redistribuer, faire du comptage. »

Le copropriétaire choisit donc librement son fournisseur d’énergie. Il gère également sa consommation de manière autonome. La convention Enedis s’étend sur 20 ans. La quote-part des travaux reste gelée sur cette période. Elle varie entre 440 € minimum et 2 200 € maximum hors aides. Toutefois, cette solution impose certaines conditions. Il faut que 70% des places soient raccordables. Au moins un primo-demandeur doit également se manifester.

« C’est plus facile à faire voter. Ça fait un reste à charge à 0 € pour les copropriétaires qui ne sont pas intéressés. » – Lyes Kernou

Les bornes partagées pour résidences secondaires

Cette solution convient aux copropriétés avec des places non nominatives. Elle convient surtout aux copropriétés disposant de places de parking communes, notamment dans les résidences secondaires en stations balnéaires ou de ski. La copropriété investit collectivement dans l’équipement. Un opérateur prend ensuite en charge la gestion et la facturation des consommations.

Hellio conseille de mettre en place une tarification différenciée entre copropriétaires et locataires saisonniers. Un terminal de paiement ou un QR-Code facilite ainsi ‘accès pour les utilisateurs occasionnels. Notons que la prime Advenir couvre jusqu’à 50% du coût, avec un plafond de 1 660 € HT par point de recharge partagé.

Comment financer sa borne de recharge en copropriété ?

Le droit à la prise et le vote en assemblée générale

La loi LOM (Loi d’Orientation des Mobilités) de 2019 encadre le droit à la prise. Les copropriétaires votent les travaux en AG à la majorité absolue. Cette majorité correspond aux tantièmes des copropriétaires présents, représentés et absents. Cependant, si l’assemblée refuse la solution collective, le syndic ne peut pas bloquer un copropriétaire. Ce dernier conserve le droit de se raccorder individuellement. Il finance alors les travaux à ses frais.

Comment financer sa borne de recharge en copropriété ?
Comment financer sa borne de recharge en copropriété ?

Les aides disponibles pour réduire le reste à charge

Le programme Advenir dispose d’une enveloppe budgétaire de 520 millions d’euros. Son objectif est clair : financer plus de 240 000 points de recharge d’ici fin 2027. Fin 2025, 160 000 points étaient déjà installés. Concrètement, la prime Advenir finance jusqu’à 50 % des coûts d’installation. Pour une borne individuelle, le plafond atteint 600 € HT. Pour une borne partagée, il monte à 1 660 € HT.

L’infrastructure collective bénéficie également d’aides conséquentes. Un parking intérieur reçoit à partir de 8 000 € par copropriété. Un parking extérieur peut obtenir jusqu’à 13 000 € pour 100 places. Les travaux de voirie en extérieur déclenchent une aide complémentaire de 5 000 €.

Outre la prime Advenir, plusieurs dispositifs réduisent le coût d’une borne de recharge en copropriété. La TVA à taux réduit de 5,5% s’applique aux travaux d’installation, conformément à l’article 278-0 bis A du Code général des impôts. Certaines collectivités territoriales proposent des aides complémentaires. De plus, l’installation d’une borne reste éligible à un crédit d’impôt spécifique de 300 € par système de charge pour les particuliers. Au final, le reste à charge peut devenir très faible pour les copropriétaires demandeurs.

Le préfinancement par un tiers

Enedis propose l’offre REA. Cette offre préfinance l’infrastructure collective. Ainsi, seuls les copropriétaires demandeurs paient leur quote-part. Les non-utilisateurs ne déboursent rien. De leur côté, les opérateurs privés comme Logivolt proposent des solutions similaires. Ils s’appuient sur la Caisse des Dépôts pour financer les travaux. À la fin de la convention, la copropriété devient propriétaire de l’infrastructure.

Comment Hellio accompagne les copropriétés ?

La définition des besoins et la visite technique

Hellio intervient comme facilitateur entre la copropriété et les différents acteurs du marché. Présente sur le secteur de la transition énergétique depuis plus de 15 ans, l’entreprise accompagne 200 000 résidences collectives en France. Elle est d’ailleurs co-fondatrice de l’APREC (Association des Professionnels de la Recharge Électrique en Copropriété).

Lyes Kernou précise le positionnement de son entreprise : « On se considère comme facilitateur. On part du point A jusqu’à la livraison de la borne et on accompagne nos syndics et propriétaires là-dessus. On va jusqu’à l’installation des bornes et même jusqu’au pilotage des bornes. »

Concrètement, Hellio réalise la visite technique et analyse ensuite les solutions possibles. Il considère la configuration des lieux : parking intérieur, extérieur, souterrain ou aérien. Il établit alors des devis pour l’installation de l’IRVE. Puis il présente les options aux résidents. L’entreprise aide ensuite à mobiliser les aides financières et coordonne les travaux jusqu’à la mise en service. À noter qu’Hellio dispose de 12 implantations en France métropolitaine. L’entreprise emploie 370 collaborateurs. Elle a réalisé 200 millions d’euros de chiffre d’affaires en 202

Comment Hellio accompagne les copropriétés ? borne de recharge en copropriété

La préparation et le vote en assemblée générale

Le syndic prépare le projet en amont de l’AG. Il inscrit les devis et solutions à l’ordre du jour. Lors de l’assemblée, il présente les différentes options aux copropriétaires. Ces derniers votent ensuite à la majorité absolue des voix. Pour la solution Enedis, il faut anticiper l’AG de 6 mois. Si les délais sont courts, le syndic doit prévoir une délégation de pouvoir.

Le recensement et la mise en service

Après le vote, les copropriétaires intéressés se manifestent. Cette phase est cruciale. Elle permet de calculer la quote-part finale de chaque demandeur. Elle révèle aussi le réel intérêt des résidents pour l’achat d’une borne.

Les travaux démarrent ensuite. Le délai total atteint environ 12 mois pour la solution Enedis. Pour obtenir la convention, le syndic doit fournir plusieurs documents : le plan nominatif du parking, le mandat de représentation, les diagnostics amiante (si le bâtiment date d’après 1997), la synthèse de copropriété et la date d’AG.

Pourquoi la demande de borne de recharge en copropriété explose-t-elle ?

Un effet d’entraînement entre voisins

Une fois l’infrastructure installée, la demande croît de manière exponentielle.

Lyes Kernou observe ce phénomène sur le terrain : « On a remarqué que peut-être au début il y avait moins de 10 % de la copropriété qui avait un besoin de recharge. Mais une fois que la solution était votée, que l’infrastructure était installée, c’est exponentiel parce qu’on voit le voisin se charger. »

En effet, les copropriétaires constatent la simplicité du dispositif. Ils lèvent alors progressivement leurs freins. Le passage du thermique vers l’électrique devient ainsi plus naturel.

Des projets évolutifs dans le temps

Les projets doivent anticiper une montée en charge progressive. Au départ, moins de 10 % des résidents expriment un besoin.

Lyes Kernou insiste sur ce point : « En année N+2 ou N+3, les besoins peuvent être multipliés par trois ou quatre. L’infrastructure doit donc être dimensionnée dès le départ pour accueillir jusqu’à 100 % du parking. »

C’est pourquoi l’infrastructure doit couvrir l’ensemble des places dès le départ. Hellio anticipe cette montée en charge dans la conception du projet, évitant ainsi des travaux supplémentaires coûteux à l’avenir.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

Laisser un commentaire