Regards sur le métier des gestionnaires de copropriété

Regards sur le métier des gestionnaires de copropriété

L’Association nationale des gestionnaires de copropriété (ANGC) a réalisé une étude nationale afin de mieux connaître les métiers qu’elle représente. Menée auprès de 1000 professionnels, cette étude nous éclaire sur le profil, les conditions de travail ainsi que les attentes des gestionnaires de copropriété.

Les Copros Vertes (FNAIM)
URMET 2020 – Bannière 1
Les Copros Vertes (CERQUAL)
Boutique en ligne – nouveauté vidéo et support
Semaine Réno Copro

Une reconversion professionnelle pour près de la moitié des gestionnaires de copropriété

Alors que cette profession est souvent mal aimée, elle est pourtant indispensable à la gestion des ensembles immobiliers. D’ailleurs, pour ceux qui pratiquent ce métier, il est très enrichissant. De nombreuses questions se posent pour comprendre le décalage entre la perception que l’on a des gestionnaires de copropriété et la réalité du terrain.

Grâce à l’échantillon interrogé, on apprend que c’est plutôt un métier plébiscité par les femmes (62,7%). Bien qu’elles occupent tous les types de postes, elles sont toutefois bien moins présentes au niveau des directions. Pourtant, en grande majorité leur niveau de formation dépasse un Bac +3. Et, pour un tiers, les gestionnaires disposent d’une formation juridique.

De plus, les gestionnaires de copropriété continuent de se former tout au long de leur parcours professionnel. C’est pour cela que 50% d’entre eux déclarent bénéficier de la formation continue.

Ce qui est plus étonnant, c’est la part des gestionnaires (47,2 %) issus d’une reconversion professionnelle. Pour la plupart, ils exerçaient déjà un métier dans l’immobilier. Le plus souvent comme transactionnaires en agence immobilière.

“Ils se voyaient devenir des “Stéphane Plazza” mais ont été séduits par la richesse et la maturité du métier de gestionnaire.” – Gilles Frémont, président de l’association ANGC.

Une quarantaine d’immeubles par gestionnaire de copropriété

Il semble que dans l’ensemble, le portefeuille comprend une quarantaine d’immeubles à gérer. Aussi, plus de la moitié des gestionnaires de copropriété ont à leur actif entre 1000 et 1799 lots.

gestionnaires de copropriété

 

C’est considérable ! De plus, ce chiffre peut varier selon les régions. Car, en définitive, le nombre de lots gérés va dépendre de l’importance des villes. Il sera supérieur en région parisienne.

Toutefois, l’association révèle qu’il peut subsister une confusion entre lots principaux et lots secondaires. Peut-être que la question posée n’était pas assez précise. Il faut donc interpréter ces chiffres avec précaution.

D’autant plus, qu’un gestionnaire ne travaille que rarement seul (18 %). Ils sont le plus souvent en binôme avec un assistant(e), voire en trinôme. Toutefois, il n’en demeure pas moins que pour plus de la moitié des répondants, le temps de travail excède les 46 heures hebdomadaires.

Un statut cadre rémunéré au forfait

L’ANGC note que 61 % des gestionnaires de copropriété ont le statut cadre et sont rémunérés au forfait. Comme on peut s’en douter, la question de la rémunération est au cœur de cette enquête.

Toutefois, il semble difficile de déterminer une moyenne nationale tant les niveaux de rémunérations fluctuent d’une région à l’autre. Autrement dit, l’implantation du cabinet influe directement sur le niveau de rémunération. Les écarts constatés sont importants. De l’ordre de 30 % au bénéfice des gestionnaires de copropriété parisiens.

Une autre source de disparité consiste dans le fait de travailler pour un groupe ou un cabinet indépendant. Les rémunérations sont globalement meilleures dans un grand groupe national. Pour autant, les cabinets indépendants rémunèrent mieux l’expérience.

Le salaire médian en région (hors prime et vacations) se situe aux alentours de 35 k€ brut. 58 % des gestionnaires de copropriété ont une rémunération située entre 31 et 40 k€.

Sans surprise, le salaire médian est plus élevé à Paris et en région parisienne. Il se situe aux alentours de 46 k€ brut.

Cela dit, 87 % des gestionnaires en région parisienne sont au-dessus du salaire médian des autres régions. D’autres variations peuvent s’expliquer par la prise en compte des années d’expérience ou tout simplement du niveau d’étude.

Des AG jusqu’à 21 h, un frein au développement de la fonction

C’est là que le bât blesse. Car dans leur mission, les gestionnaires de copropriété doivent tenir les assemblées générales de copropriété. Or, celles-ci ont lieu la plupart du temps en dehors des horaires de bureau. De plus, dans 65 % des cas, elles finissent entre 20 h et 21 h. Il faut avoir envie de rentrer tard chez soi plusieurs fois par semaine et de prolonger ainsi sa journée de travail…

“Les heures tardives sont identifiées comme des freins au développement de la fonction de gestionnaire de copropriété, notamment pour les femmes, qui dès la première maternité préfèrent changer de métier.” – Gilles Frémont.

L’étude évoque également une autre difficulté à surmonter dans son quotidien de professionnel. Le flux permanent des messages reçus dans l’exercice du métier de gestionnaire. C’est un véritable fléau pour 80 % des répondants.

“La gestion des mails peut rapidement devenir une charge psychologique permanente. Surtout lorsque l’on n’est pas formé à la gestion de ces flux.” – Gille Frémont.

Coefficient de bonheur au travail : une note moyenne de 6,6 sur 10

C’est déjà plus que la moyenne ! Cela prouve que les gestionnaires de copropriété aiment globalement exercer leur métier. Pourtant, tout n’est pas parfait, loin de là ! Ce qu’ils apprécient avant tout, c’est le relationnel client. C’est cette appétence pour le relationnel client qui explique selon le président de l’ANGC, “le profil majoritairement empathique des gestionnaires de copropriété.”

À la question de savoir ce qu’ils préfèrent dans leur métier, les gestionnaires répondent également : le suivi des travaux (29,4 %), le droit et le suivi juridique (19,4 %).

Alors on se demande à quoi est dû le turn-over élevé des gestionnaires de copropriété ? Car, 63 % des répondants disent avoir eu au moins deux employeurs au cours des cinq dernières années. Voire, plus de trois employeurs pour 27 %.

La rémunération intervient dans 22 % des cas, ce n’est donc pas la principale raison. Puisque dans 40 % des cas, c’est une mésentente avec la hiérarchie ou le rachat du cabinet qui est en la cause. D’autres raisons sont encore évoquées comme la pression de la hiérarchie ou une charge de travail trop importante en raison de la gestion d’un portefeuille trop lourd.


Étude réalisée par l’ANGC entre le 28 avril et le 7 juin 2020 sur les réseaux sociaux. Le sondage a recueilli 1017 réponses dont 598 gestionnaires, 125 directeurs de copropriété, 77 chefs d’entreprise, 132 assistantes et 55 comptables.


Guide des Pros 2020 (728×150)
Boutique en ligne – nouveauté vidéo et support