Nuisances sonores : 90% des franciliens sont exposés au bruit excessif des transports

nuisances sonores
La Métropole du Grand Paris concentre l’essentiel des enjeux d’exposition au bruit des transports.

Bruitparif publie les résultats de son évaluation des impacts sanitaires du bruit des transports dans la zone dense francilienne. Les habitants de ces zones perdent en moyenne 10,7 mois de vie en bonne santé du fait de leur exposition aux nuisances sonores générées par les transports.

 

Une population fortement exposée au bruit des transports

 

Au sein de la zone dense francilienne, 90% des habitants, soit 9 millions de personnes, sont exposés à des niveaux supérieurs aux valeurs recommandées par l’Organisation mondiale de la santé pour éviter les conséquences sanitaires du bruit des transports.

Près de 1,5 million d’habitants, soit 14,8% de la population, seraient ainsi exposés à des niveaux supérieurs à au moins une valeur limite pour l’indicateur Lden. C’est un indicateur du niveau de bruit global pendant une journée (jour, soir et nuit) utilisé pour qualifier la gêne liée à l’exposition au bruit.

Le trafic routier en est le principal responsable puisque 10,8% des habitants sont exposés à des niveaux de bruit routier excessifs.

L’exposition au-delà des valeurs limites est moindre pour le bruit du trafic aérien et pour le bruit ferroviaire (respectivement 3,7% et 0,5%), mais ces deux types de nuisances ont des impacts sanitaires proportionnellement plus élevés du fait de leur caractère événementiel.

 

La Métropole du Grand Paris concentre l’essentiel des enjeux d’exposition au bruit des transports

 

Les territoires T3 (Grand Paris Seine Ouest), T6 (Plaine Commune) et T12 (Grand Orly Seine Bièvre) apparaissent comme les territoires les plus exposés en proportion au sein de la Métropole du Grand Paris avec respectivement 26%, 23% et 22% de leur population exposée au dépassement d’une des valeurs limites pour l’indicateur Lden.

Hors Métropole du Grand Paris, ce sont les agglomérations fortement concernées par les nuisances aéroportuaires qui présentent les proportions les plus élevées de personnes en situation de dépassement d’une des valeurs limites.

Ainsi les deux agglomérations de Roissy-Pays de France et de Plaine Vallée comptent respectivement 57% et 39% de leur population en situation de dépassement.

Vient ensuite la communauté d’agglomération de Versailles Grand Parc qui présente un taux de 13% du fait de sa forte exposition au bruit routier, juste devant la communauté d’agglomération Paris Saclay (12%) fortement exposée aux nuisances aéroportuaires de l’aéroport Paris-Orly.

 

Le bruit des transports est responsable de 10,7 mois de vie en bonne santé perdue

 

Le bruit routier est responsable de 61% de ces impacts sanitaires, suivi par le bruit ferré (22%) et le bruit aérien (17%).

La Métropole du Grand Paris concentre 63% de ces enjeux sanitaires. Parmi les communes, les plus touchées, on compte Versailles ainsi que des communes du Val d’Oise qui cumulent une densité importante de population et de fortes nuisances aéroportuaires.

La palme revient à la ville d’Argenteuil et aux 15ème et 18ème arrondissements de Paris.

Les disparités territoriales sont toutefois très importantes avec des écarts relevés en matière de durée de vie en bonne santé perdue par habitant qui vont de 7 à 24 mois selon les territoires et agglomérations et de 2 à 38 mois selon les communes.

Le risque individuel peut même atteindre voire dépasser les trois ans de vie en bonne santé perdue pour les communes qui conjuguent de fortes expositions aux nuisances sonores aéroportuaires à des expositions marquées aux nuisances générées par les transports terrestres.

C’est le cas par exemple des villes de Compans (38,1 mois), d’Ablon-sur-Seine (37,8 mois) et de Villeneuve-le-Roi (34,3 mois).

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