Le marché immobilier : des obstacles à lever dû à la crise

Le marché immobilier : des obstacles à lever dû à la crise

Le marché immobilier rencontre actuellement des perturbations qui ont suscité l’attention des acteurs de la matière financière. En cette période où notre pays met en œuvre son plan de relance, plusieurs difficultés apparaissent. Didier KLING, Président du Groupe CNCEF et de la CNCEF Immobilier nous présente son expertise.

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Crise sanitaire et plan de relance pour le marché immobilier

Nous sommes face à une situation protéiforme, d’où il faut sortir par le haut, pour relancer une des classes d’actifs Français. En effet, sur le plan macroéconomique, le marché immobilier s’insère plus généralement dans le secteur du BTP. Il représente 8% du PIB, soit près de 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque année.

Durement impacté par la crise et les consignes sanitaires, les chantiers et les transactions, ne font pas l’objet d’un soutien du plan “France Relance”.
En revanche, une exception déroge à la règle, celle du dispositif “MaPrime Rénov”.

Les pouvoirs publics doivent donc simplifier et réduire davantage les délais d’instruction et d’obtention des permis de construire. Concernant la question de l’approvisionnement de la matière première, elle doit être facilitée pour les entreprises du BTP. Dans cette période de relance, le choc de l’offre ne doit plus être une illusion, c’est une véritable politique publique aux résultats rapides et constants.

L’épargne placée au cœur du confinement

Afin de relancer les échanges entre l’offre et la demande, tout repose sur les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs du marché immobilier. Ils doivent inciter les Français à en être les premiers acteurs.

Notamment, en les invitant à réorienter les 100 milliards d’euros qu’ils ont épargnés durant le printemps dernier, lors du confinement. Il y a 2 raisons majeures à cela :

1/ La pierre est reconnue pour la sécurité qu’elle apporte, tant en garantie de capital qu’en rendement. Face aux aléas économiques, elle a la capacité de fournir un complément de revenus.

2/ Un apport à un projet de financement immobilier facilitera nécessairement l’obtention d’un crédit. Ainsi permettra de valoriser le profil de tout demandeur auprès d’un établissement bancaire.

Néanmoins, il demeure tout de même la question du financement. Sans celle-ci, aucun projet ne peut aboutir sur le marché immobilier

Afin d’éviter la bulle spéculative, le Haut Conseil de Stabilité Financière avait édicté des règles strictes d’accès au crédit immobilier fin 2019, en direction des banques. D’un côté, un taux d’effort maximal de 33% pour tout souscripteur. De l’autre des prêts plafonnés à un délai de remboursement de 25 ans.

Des recommandations européennes pour le marché immobilier

Évidemment, cette mesure a voulu, protéger la stabilité financière de notre pays et des ménages. Après la crise, ces règles sont vécues par les courtiers et les établissements financiers de proximité, comme une “entrave au crédit”.

Elle pénalise les primo-accédants comme le constate régulièrement les professionnels de la CNCEF Crédit. Des clients potentiels, qui représentent 60% du marché immobilier neuf ont pour 92% d’entre eux, recours au crédit. Dès lors, la part des primo-accédants, dans les dossiers de prêts finalisés, n’était plus que de 26 % en avril 2020. Contre 34 % à la même période l’an dernier.

Ces éléments devront nourrir la réflexion du Haut Conseil de Stabilité Financière présidé par le Ministre des Finances. Par ailleurs, ils doivent se réunir en décembre prochain, afin de faire repartir l’offre. Un allongement de la durée de remboursement, ainsi que des nouveaux crédits immobiliers, sont souhaitables. Mais, encore, une révision du taux d’effort maximal, tout en respectant un reste à vivre acceptable.

Le Haut Conseil de Stabilité Financière pourra aussi s’appuyer sur les décisions récentes du Conseil des gouverneurs. Principal organe de décision de la Banque centrale européenne. Cet organisme est composé des gouverneurs des banques centrales nationales, des dix-neuf pays de la zone euro.

Il a rappelé les objectifs de sa politique monétaire. Soit, un soutien crucial à la reprise économique de la zone euro, et un maintien de la stabilité des prix à moyen terme. Plus précisément, les conditions de liquidité et de financement de l’économie. Dans l’intérêt de soutenir le flux de crédit à destination des ménages.

Un consensus doit être trouvé dans l’équilibre des règles, pour libérer pleinement le marché immobilier. Cela permettrait donc, de soulager ses acteurs et de renouer avec la croissance économique.

À propos de l’auteur

Président de la Chambre Nationale des Conseils et Experts Financiers (CNCEF) depuis 2004, Didier Kling a fondé dès 1979 son propre cabinet. Expert près la Cour d’appel de Paris depuis 1983, il est également membre du collège du Haut Conseil du Commissariat aux Comptes depuis 2003. Président de la CCI Paris-Île-de-France depuis 2016. Cet éclectisme est le reflet d’une formation multidisciplinaire, en droit, commerce et en études politiques.

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