Giovanni Monti dirige Fulgoni, une entreprise francilienne spécialisée dans la maintenance CVC en copropriété. Soixante techniciens dédiés au chauffage, à la ventilation et à la climatisation. Une conviction forte : anticiper vaut toujours mieux que subir. Dans cette interview, il partage sa lecture des enjeux actuels — réglementaires, humains, économiques — et dessine la trajectoire d’un métier en pleine transformation.
Sommaire :
- Pouvez-vous nous présenter Fulgoni et sa mission sur le marché de la copropriété ?
- Quels sont aujourd’hui les principaux enjeux pour les copropriétés face aux nouvelles contraintes réglementaires et énergétiques ?
- Comment faites-vous face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans vos métiers ?
- Comment concilier exigence de qualité et pression croissante sur les prix ?
- Quelle est votre vision pour l’avenir de Fulgoni dans un secteur en pleine transformation ?
Pouvez-vous nous présenter Fulgoni et sa mission sur le marché de la copropriété ?
Giovanni Monti. Je préfère partir du marché avant de parler de Fulgoni. Le marché de la copropriété répond aujourd’hui à trois enjeux capitaux. La facture énergétique continue d’augmenter. Les copropriétés doivent maîtriser leurs consommations. Elles doivent aussi étudier des optimisations de performance — soit par un investissement en chaufferie, soit par une rénovation globale plus ambitieuse.

C’est dans ce contexte que Fulgoni intervient. Nous sommes une entreprise à taille humaine. Soixante personnes sont dédiées à la maintenance, à l’installation et aux travaux CVC — chauffage, ventilation, climatisation. Cette proximité nous permet de répondre aux attentes des copropriétés, d’être une force de proposition et d’assurer un accompagnement véritablement personnalisé.
Or, le marché de la copropriété dépend aussi de la conjoncture. Il faut anticiper. Parce qu’après, on est dans l’urgence, dans le dépannage — et les décisions ne sont plus réfléchies. En copropriété, c’est toujours un surcoût. Il faut se poser les bonnes questions quand c’est encore possible.
Quels sont aujourd’hui les principaux enjeux pour les copropriétés face aux nouvelles contraintes réglementaires et énergétiques ?
Une fiscalité profondément remaniée
Giovanni Monti. Les enjeux sont importants. Il faut rappeler que la TVA sur les équipements à énergie fossile est passée à 20 %. Les taux réduits à 5,5 % et 10 % ont disparu. Sur les modèles hybrides — associant énergie fossile et énergie renouvelable — l’État a également uniformisé la TVA à 20 %. Cela change la donne. En revanche, les contrats de maintenance restent à 5,5 %. Et pour les réseaux de chaleur, certains travaux bénéficient encore du taux réduit.
Par ailleurs, les aides de l’État ont quasiment disparu. Les coups de pouce, les CEE — beaucoup ont été supprimés. Ces soutiens financiers permettaient aux copropriétés de se projeter et de programmer leurs travaux. Leur disparition impacte directement les projets de rénovation en chaufferie.
Des obligations réglementaires qui restent incontournables
À cet égard, les exigences réglementaires restent, elles, bien présentes. Réglementation électrique, sécurité incendie, normes constructeurs, conformité des installations — les gestionnaires font face à des cadres multiples et contraignants. Il faut s’y soumettre. Mais la réglementation n’a pas que du mauvais en soi. Elle est là pour préserver les biens et les personnes. Quand il y a un danger, on est bien content que les choses soient faites en bonne et due forme.
Concrètement, on parle beaucoup de la suppression du gaz. Pour moi, c’est un mauvais discours. Il faut parler de mix énergétique. Les copropriétés se posent beaucoup de questions. Les réseaux de chaleur manquent encore de visibilité. Pourtant, il faut transformer ces contraintes en opportunités. C’est précisément là que des entreprises comme Fulgoni prennent tout leur sens.
« Il faut savoir rebondir sur les contraintes et en faire des opportunités. Certaines aides disparaissent, mais la réglementation reste et crée un besoin structurel auquel nous répondons. »
Comment faites-vous face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans vos métiers ?
Former plutôt que débaucher
Giovanni Monti. Je place la formation au cœur de mon engagement. C’est un choix délibéré. Nous formons des jeunes — pour leur donner d’abord le goût du métier, puis leur apporter des compétences techniques qui les valoriseront sur le terrain. Mais il faut être patient. La formation n’est pas opérationnelle immédiatement. Or, les copropriétés sont très exigeantes. Nos jeunes en souffrent parfois.
La formation ne s’arrête pas aux jeunes. Nous faisons évoluer tous nos collaborateurs — parce qu’un technicien qui progresse, c’est un technicien qui reste. Nous accompagnons aussi des personnes en reconversion — nombreuses à vouloir intégrer nos métiers. Ce sont des métiers d’avenir. Le confort thermique, le chauffage, la climatisation — on n’en aura pas moins besoin demain qu’aujourd’hui.
Par ailleurs, je me refuse, par déontologie, à aller chercher de la main-d’œuvre qualifiée chez des confrères. Malheureusement, c’est de plus en plus courant — et nous en sommes parfois victimes. Mais le but est de former en interne, de donner la vraie valeur de notre expertise.
La modernisation comme levier d’attractivité
Ainsi, la modernisation de l’entreprise fait partie de cette stratégie d’attractivité. Nous utilisons des outils modernes — connectivité, IA — non seulement pour mieux servir les copropriétés, mais aussi pour intéresser les jeunes à nos métiers. Ce sont des métiers contraignants, avec des astreintes et des horaires variables. Il faut les attirer avec ces nouvelles technologies.
« Former nos jeunes, c’est un investissement sur la durée. C’est comme cela que l’on construit une vraie expertise — et que l’on reste indépendant des concurrents. »
Comment concilier exigence de qualité et pression croissante sur les prix ?
Giovanni Monti. Je répondrai par un seul mot : c’est incompatible. Associer prix bas et qualité de service, c’est incompatible. Le pas cher coûte très cher, au final. Je le dis de façon directe, mais c’est la réalité.
Pourquoi les prix des prestataires sérieux sont-ils plus élevés ? En matière de formation, les subventions ont disparu. Nous continuons d’investir — mais cela se répercute sur le coût de revient d’un technicien. En Île-de-France, les déplacements deviennent de plus en plus onéreux. La circulation est dense, le stationnement coûte cher, le temps perdu est réel. Tout cela s’intègre dans la facture du client.
À cet égard, la connectivité des chaufferies devient un levier économique majeur. Piloter une installation à distance, c’est optimiser nos déplacements et intervenir au bon moment. Une chaufferie connectée coûte moins cher à exploiter — les copropriétés le constatent rapidement. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons développé notre expertise dans ce domaine : non pas pour une vue purement technique, mais pour apporter un service plus efficace et moins coûteux dans la durée.
En effet, faire confiance à une entreprise qui a pignon sur rue, qui répond aux appels, qui investit dans ses équipes et dans son matériel — c’est un investissement. Il y a toujours une contrepartie à l’exigence que l’on peut avoir.
« Associer “prix bas” et “qualité de service”, c’est incompatible. On en est tous conscients : le pas cher coûte très cher au final. »
Quelle est votre vision pour l’avenir de Fulgoni dans un secteur en pleine transformation ?
S’adapter et saisir les opportunités
Giovanni Monti. L’avenir de Fulgoni repose sur trois axes. S’adapter au changement — financier, technique, réglementaire. C’est essentiel. Les choses bougent vite. C’est pour cela que je m’implique activement auprès de la chambre syndicale du génie climatique. Être informé, c’est non négociable. Et l’information seule ne suffit pas — il faut transformer chaque contrainte en levier. Cela passe par une vraie proximité avec les copropriétés : comprendre leurs besoins, cerner leurs attentes, puis bâtir des réponses précises et opérationnelles.
Connectivité et IA : des outils au service du terrain
Concrètement, la connectivité des chaufferies est au cœur de notre développement. Les contraintes de stationnement et de circulation en Île-de-France nous ont poussés à repenser nos process. Piloter une installation à distance, c’est intervenir au bon moment — et moins souvent. L’IA renforce cette logique en améliorant la communication avec les copropriétés et les syndics. Car trop d’entreprises communiquent encore mal. Or, la communication est un outil à double sens : la copropriété doit pouvoir remonter un problème simplement, et l’entreprise doit rendre compte de son action en temps réel.
Pourtant, l’IA a ses limites dans nos métiers. La prestation de service ne sera jamais remplacée. Il faut laisser aux techniciens le temps d’analyser les situations, de résoudre les problèmes techniques. Ça ne peut se faire qu’en présentiel, en situation réelle.
Redevenir des sachants
Le troisième axe, c’est peut-être un vœu pieux, mais je l’assume : redevenir des sachants. C’est redonner aux entreprises leur légitimité technique auprès des copropriétés. Avec les bons profils, les bons outils et une vraie culture de la communication, c’est parfaitement atteignable.
« L’IA est un outil, pas un substitut. La vraie valeur, elle est sur le terrain — dans la capacité d’un technicien à analyser une situation et à la résoudre. Redevenir des sachants, c’est notre ambition. »
En somme, Fulgoni incarne une vision exigeante de la maintenance CVC en copropriété : humaine, technique et tournée vers l’anticipation. Pour bénéficier de l’accompagnement de ses équipes, n’hésitez pas à contacter Giovanni Monti et ses collaborateurs.

