La moitié du parc français d’ascenseurs a plus de 25 ans. Face à ce constat alarmant, les Français envoient un signal clair aux pouvoirs publics : la modernisation des ascenseurs ne peut plus attendre. Le baromètre « Les Français et les ascenseurs » 2026, réalisé par Ipsos BVA pour la Fédération des Ascenseurs, révèle une mobilisation sans précédent. 91 % des sondés estiment qu’un appareil de plus de 40 ans doit faire l’objet d’une rénovation importante. Or l’ascenseur n’est plus seulement un équipement de confort. Il devient un levier d’autonomie face au vieillissement de la population et un critère déterminant sur le marché immobilier. Qui doit financer cette modernisation ? Comment la planifier ? Les réponses des Français dessinent un cadre précis — et une demande politique urgente.
Sommaire :
- Un parc vieillissant : l’urgence de la modernisation des ascenseurs
- Qui doit financer la modernisation des ascenseurs ?
- Les incivilités : un frein à la modernisation des ascenseurs
- Vieillissement de la population : l’ascenseur, condition d’autonomie
- L’ascenseur, nouveau critère immobilier incontournable
À retenir — Modernisation des ascenseurs : ce que veulent les Français
- 91 % des Français veulent rénover tout ascenseur de plus de 40 ans.
- 94 % jugent prioritaire le remplacement des ascenseurs vétustes.
- 80 % sont favorables à une provision annuelle obligatoire pour financer la modernisation.
- 85 % souhaitent intégrer les ascenseurs dans les plans pluriannuels de travaux (PPT).
- 39 % des Français font de l’ascenseur un critère décisif d’achat ou de location.
Un parc vieillissant : l’urgence de la modernisation des ascenseurs
La moitié du parc a plus de 25 ans
Le constat est sans appel. Le baromètre Ipsos BVA 2026 révèle qu’1 usager sur 2 estime que son ascenseur date d’avant l’an 2000. 18 % des appareils remontent à avant les années 1980. 32 % ont été installés entre 1980 et 1990. Seulement 50 % datent de l’an 2000 ou après. Ce vieillissement structurel pèse directement sur la fiabilité des équipements.
Or la vétusté s’installe bien avant les 40 ans. 32 % des Français jugent un ascenseur vétuste dès 20 à 30 ans d’utilisation. Autrement dit, une large part du parc actuel atteint déjà ce seuil critique.

Des pannes liées à l’état du parc
Le vieillissement du parc produit des effets directs : pannes plus fréquentes, maintenance plus coûteuse. Les défauts électriques et la vétusté concentrent près d’un quart des pannes recensées. Dès lors, 91 % des Français exigent une rénovation importante pour tout appareil de plus de 40 ans — dont 52 % de manière systématique.
Plus fort encore : 94 % jugent prioritaire le remplacement des ascenseurs vétustes dans les programmes de rénovation des bâtiments. Ce score reste stable depuis 2022 (94 % en 2024, 96 % en 2022). Il traduit une conviction profonde et durable dans l’opinion publique.
Qui doit financer la modernisation des ascenseurs ?
Une responsabilité clairement désignée
Les Français ne laissent guère place au doute. 74 % désignent les propriétaires, copropriétés et bailleurs comme premiers responsables du financement de la modernisation des ascenseurs. Cette position est claire : les décisionnaires de l’habitat doivent assumer ce chantier. Ils ne peuvent pas reporter le coût sur les seuls occupants.
Sur la méthode, 46 % réclament une contrainte réglementaire directe envers les propriétaires. 37 % privilégient néanmoins une démarche volontaire. En tout état de cause, les Français ne demandent plus seulement des efforts ponctuels : ils exigent un cadre structuré et anticipé.
Provisions et plans pluriannuels : les outils plébiscités
Deux leviers recueillent une adhésion massive. D’abord, 80 % des Français soutiennent l’instauration d’une provision annuelle obligatoire pour financer la modernisation des ascenseurs. Ensuite, 85 % veulent que les ascenseurs figurent dans les plans pluriannuels de travaux (PPT). Ces plans sont obligatoires depuis la loi Climat et Résilience de 2021 pour les copropriétés de plus de 200 lots, et progressivement élargis aux ensembles plus petits.

Par ailleurs, cette convergence entre propriétaires et locataires est notable. Les deux catégories affichent la même volonté d’agir, selon le baromètre.

Florence Bigé, présidente de la Fédération des Ascenseurs, résume l’enjeu : « Les Français ne veulent plus de demi-mesures en matière de modernisation des ascenseurs. Ils attendent désormais un cadre clair, des obligations partagées et une vision à long terme. »
Les incivilités : un frein à la modernisation des ascenseurs
57 % des usagers témoins de dégradations
La modernisation des ascenseurs bute sur un obstacle supplémentaire : les incivilités. 57 % des usagers déclarent avoir été témoins de dégradations — souillures, détériorations matérielles, comportements inappropriés. Ces actes ont des conséquences concrètes sur la durée de vie des équipements et sur les coûts de maintenance.
En effet, les usagers perçoivent ces incivilités comme responsables de coûts de maintenance plus élevés (39 %), de pannes plus fréquentes (35 %) et d’une usure prématurée (34 %). En conséquence, elles accélèrent la dégradation du parc et alourdissent directement les charges de copropriété.
Une responsabilité collective
68 % des Français désignent les syndicats de copropriété et les résidents eux-mêmes comme premiers responsables de la sensibilisation au respect des équipements collectifs. Dès lors, la modernisation des ascenseurs ne se réduit pas à un investissement technique. Elle suppose aussi un engagement humain et collectif.
Florence Bigé le souligne clairement : « Le défi aujourd’hui est collectif : copropriétés, usagers, bailleurs et pouvoirs publics doivent agir ensemble pour préserver cet équipement essentiel. »
Vieillissement de la population : l’ascenseur, condition d’autonomie
2030 : 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans
Le choc démographique change la donne. En 2030, 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans. Dans ce contexte, l’ascenseur cesse d’être un simple confort. Il devient une condition d’autonomie et un levier concret du maintien à domicile. Le baromètre le confirme : 29 % des Français citent l’ascenseur comme équipement clé pour rester chez eux le plus longtemps possible. Parmi eux, 22 % le placent en premier choix.
Par ailleurs, l’ascenseur, l’élévateur et le monte-escalier se classent dans le top 3 des équipements les plus utiles pour le maintien à domicile. Ils devancent les sanitaires adaptés (36 %) et se positionnent juste derrière la salle de bain adaptée (71 %).
La labellisation, critère de confiance
88 % des Français qui voient dans l’ascenseur un outil clé du maintien à domicile jugent la labellisation de l’installateur déterminante. Parmi les 60 ans et plus, 49 % la considèrent même « indispensable ». Ainsi, la qualité et la fiabilité s’imposent pleinement dans les décisions d’achat ou de rénovation.
Florence Bigé affirme : « L’ascenseur quitte le champ du confort pour entrer dans celui de la politique du grand âge. Il devient un levier concret du maintien à domicile et de la maîtrise des dépenses publiques. »
L’ascenseur, nouveau critère immobilier incontournable
39 % des Français en font un critère décisif
La modernisation des ascenseurs pèse aussi sur le marché immobilier. 39 % des Français font de l’ascenseur un critère décisif dans leur choix d’achat ou de location : 18 % de façon systématique, 21 % la plupart du temps. En Île-de-France, ce taux grimpe à 62 %, bien au-dessus de la moyenne nationale.
Pourtant, les attentes évoluent encore plus vite que les normes de construction. Parmi les Français pour qui l’ascenseur est décisif, 56 % le jugent indispensable dès le 1er ou le 2e étage. 34 % l’exigent dès le 2e étage. 22 % dès le 1er. Ces seuils se situent bien en deçà des référentiels habituels du secteur.
Une satisfaction en hausse, une confiance renforcée
Malgré les défis de modernisation, les usagers affichent leur meilleur niveau de satisfaction depuis 2017. La disponibilité atteint 7,4/10, contre 6,3 en 2017. La confiance dans les sociétés de maintenance progresse à 81 % en 2026, en hausse de 8 points par rapport à 2024. Elle se décline par mission : sécurité d’usage (81 %), limitation des pannes (80 %), gestion des urgences (79 %).

Néanmoins, ces résultats positifs ne masquent pas l’urgence. La satisfaction tient aux efforts continus de la profession. Mais sans investissement massif dans la modernisation des ascenseurs, cette trajectoire risque de s’inverser.

