Un ascenseur sur quatre en France a plus de 40 ans. Ce chiffre, révélé par la Fédération des Ascenseurs dit tout de l’urgence. Dans les copropriétés, l’ascenseur vieillit en silence — jusqu’au jour où il tombe en panne, pénalisant en premier lieu les résidents les plus fragiles. Pourtant, 94 % des Français jugent prioritaire son remplacement, selon le baromètre IPSOS 2026. La filière réclame désormais une réponse politique claire, avant les élections de 2027. Qui doit agir, comment financer les travaux et quelles économies attendre ? Voici ce que les copropriétaires doivent savoir.
Sommaire :
- Quel est l’état du parc d’ascenseurs en copropriété en France ?
- Pourquoi la modernisation des ascenseurs est-elle devenue urgente ?
- Quels sont les enjeux politiques et réglementaires pour les copropriétés ?
- Quelle feuille de route pour accélérer la rénovation des ascenseurs ?
À retenir — Ascenseurs en copropriété : ce que dit la Fédération des Ascenseurs en 2026
- 25 % des ascenseurs français ont plus de 40 ans.
- Le marché de la modernisation progresse de +8,5 % en 2025.
- 94 % des Français veulent remplacer les ascenseurs vétustes en priorité.
- Un ascenseur modernisé consomme jusqu’à 70 % d’énergie en moins.
- La filière réclame une provision obligatoire annuelle dans les copropriétés.
Quel est l’état du parc d’ascenseurs en copropriété en France ?
Un parc vieillissant qui appelle une réponse collective
La France compte aujourd’hui 661 000 ascenseurs en service. Ce chiffre, publié par la Fédération des Ascenseurs cache une réalité préoccupante. Une large part de ces appareils a dépassé son espérance de vie optimale. En effet, 40 % des ascenseurs ont plus de 25 ans et 25 % ont plus de 40 ans. Or, un ascenseur vétuste accumule les pannes. Il alourdit les charges de copropriété et expose les résidents à des risques croissants. Un diagnostic révèle souvent des équipements — machinerie, treuil, portes palières, gaine — qui n’ont jamais été réhabilités depuis leur installation.

Le baromètre IPSOS 2026 confirme cette perception dans le grand public : 1 usager sur 2 a conscience que l’ascenseur qu’il utilise date d’avant l’an 2000. Dans les copropriétés, cette réalité se traduit concrètement par des coûts de maintenance élevés et des interruptions de service à répétition. Elle dégrade aussi l’accessibilité pour les résidents les plus fragiles. Pourtant, le carnet d’entretien de l’ascenseur — document obligatoire — retrace l’historique complet des interventions. C’est un outil précieux pour anticiper les travaux et les inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale.
Un marché en mutation : le neuf recule, la modernisation progresse
La filière ascenseur affiche un chiffre d’affaires de 2,83 milliards d’euros en 2025, en hausse de +1,1 % par rapport à 2024. Cette croissance reste néanmoins atone. Elle masque de fortes disparités entre les segments du marché.
D’un côté, les ventes d’appareils neufs reculent fortement : -9 % en 2025, soit 10 100 unités installées. C’est leur plus bas niveau depuis dix ans. Ce repli reflète directement le ralentissement de la construction neuve en France. De l’autre, le segment de la modernisation progresse nettement : +8,5 % en 2025, pour atteindre 255 millions d’euros. Ce rebond traduit une prise de conscience des copropriétés. Moderniser l’existant s’impose désormais comme une priorité plus urgente que d’attendre de nouveaux programmes immobiliers.
Pourquoi la modernisation des ascenseurs est-elle devenue urgente ?
Le vieillissement démographique renforce l’enjeu d’accessibilité
La population vieillit. Les villes se densifient. Dans ce contexte, l’ascenseur n’est plus un simple équipement de confort. Il conditionne directement le maintien à domicile des personnes âgées, l’autonomie des personnes à mobilité réduite (PMR) et l’accès au logement pour tous.
La Fédération des Ascenseurs le formule sans détour : l’ascenseur est un « artisan du lien social ». Il participe à une société plus inclusive et plus humaine.
En copropriété, un ascenseur en panne ou non conforme aux normes d’accessibilité handicap peut contraindre des résidents âgés ou en perte d’autonomie à quitter leur logement. C’est leur vieillissement à domicile qui se trouve ainsi compromis. Pourtant, 72 % des Français sont des usagers réguliers de l’ascenseur, selon le baromètre IPSOS 2026. Cet appareil élévateur n’est donc pas anecdotique. Il structure la mobilité verticale du quotidien et conditionne l’inclusion réelle des habitants les plus fragiles.
Un consensus rare : 94 % des Français pour la rénovation
Le baromètre IPSOS 2026 révèle un consensus remarquable. 94 % des Français considèrent le remplacement des ascenseurs vétustes comme une priorité dans le cadre de la rénovation des bâtiments. Par ailleurs, 80 % se déclarent favorables à une provision obligatoire annuelle pour financer leur modernisation.
Florence Bigé, présidente réélue de la Fédération des Ascenseurs, a commenté ces résultats : « Ces chiffres constituent un signal clair adressé aux pouvoirs publics et aux propriétaires. »
Ce soutien massif de l’opinion publique contraste néanmoins avec les difficultés concrètes des copropriétés. Le vote de travaux importants y requiert souvent des majorités qualifiées et une trésorerie suffisante. L’écart entre la volonté collective et le passage à l’acte reste un obstacle réel.
Un levier environnemental sous-estimé
La modernisation des ascenseurs en copropriété dépasse la seule question de sécurité ou d’accessibilité. Elle représente aussi un enjeu écologique concret. Selon la Fédération des Ascenseurs, un ascenseur modernisé peut permettre jusqu’à 70 % d’économies d’énergie. Il contribue ainsi directement à la performance énergétique du bâtiment et réduit son empreinte carbone.
Les copropriétés font face à des obligations croissantes en matière de rénovation énergétique : DPE collectif, plan pluriannuel de travaux (PPT). Dans ce cadre, l’ascenseur constitue un poste d’action immédiat et mesurable. Un appareil équipé d’un moteur à entraînement direct, d’un système de récupération d’énergie au freinage ou d’un éclairage LED en cabine s’inscrit pleinement dans les objectifs d’un bâtiment basse consommation. Ainsi, moderniser son ascenseur, c’est aussi agir concrètement pour la transition écologique à l’échelle de la copropriété.
Quels sont les enjeux politiques et réglementaires pour les copropriétés ?
Municipales 2026 et présidentielle 2027 : une fenêtre d’opportunité
La Fédération des Ascenseurs ne se contente pas de publier des chiffres. Elle adresse un message politique clair aux élus. De nouvelles équipes municipales s’installent après les élections de 2026. L’élection présidentielle de 2027 approche. La profession saisit cette fenêtre pour inscrire la modernisation des ascenseurs au cœur des politiques publiques du logement.
Florence Bigé l’a déclaré : « Les décisions prises dans les mandats municipaux qui s’ouvrent et dans la perspective de 2027 seront déterminantes pour accélérer la modernisation du parc et garantir la mobilité verticale des Français. »
Pour les copropriétés, cette dynamique politique ouvre une réelle opportunité. Des dispositifs d’aide, des incitations fiscales ou des obligations réglementaires pourraient émerger dans les prochains mois. Autrement dit, les conditions d’un soutien public aux travaux de rénovation d’ascenseur n’ont jamais été aussi favorables.
La provision obligatoire : une mesure attendue par les copropriétés
La Fédération porte une proposition phare : la création d’une provision obligatoire annuelle dédiée au financement de la modernisation des ascenseurs. Cette mesure répond à l’un des freins majeurs des copropriétés : l’absence d’épargne de long terme pour financer des travaux lourds. Le baromètre IPSOS 2026 la plébiscite à 80 %.

En copropriété, la loi ALUR de 2014 a instauré un fonds de travaux obligatoire. Il se finance par un appel de fonds annuel voté en assemblée générale. En revanche, son alimentation reste souvent insuffisante pour couvrir une opération de modernisation d’ascenseur. Le coût peut en effet atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros selon la nature des travaux : remplacement de la cabine, mise aux normes de sécurité, installation d’un système de télésurveillance ou de maintenance prédictive connectée. Le plan pluriannuel de travaux (PPT), désormais obligatoire pour les copropriétés de plus de quinze ans, offre néanmoins un cadre idéal pour anticiper ces dépenses et voter les travaux à la majorité absolue.
Quelle feuille de route pour accélérer la rénovation des ascenseurs ?
Quatre axes stratégiques pour la filière
La Fédération des Ascenseurs structure sa feuille de route 2026 autour de quatre priorités opérationnelles. Chacune s’applique directement aux problématiques des copropriétés.
Accélérer la modernisation du parc existant
La Fédération appelle à intégrer pleinement les ascenseurs dans les politiques de rénovation. Elle demande la levée des freins techniques et financiers et encourage les copropriétés à anticiper. Le défaut de financement pénalise en premier lieu les résidents les plus fragiles. Investir dans la modernisation, c’est investir dans un cadre de vie plus équitable.
Renforcer la sécurité et anticiper les évolutions réglementaires
La filière s’engage à renforcer la sécurité des équipements et à développer la digitalisation du parc. Maintenance prédictive, intelligence artificielle, connectivité IoT, télésurveillance en temps réel : ces innovations détectent les anomalies avant la panne. Elles optimisent les interventions et réduisent les interruptions de service dans les copropriétés.
Accompagner les transitions sociétales et environnementales
La Fédération intensifie ses actions en matière d’économie circulaire, de réemploi des équipements et d’efficacité énergétique. En copropriété, moderniser un ascenseur réduit aussi l’empreinte carbone du bâtiment. L’ascenseur s’affirme ainsi comme un acteur concret de la ville durable.
Attirer les talents et préparer l’avenir du secteur
Les besoins croissent rapidement. La filière recrute près de 1 000 techniciens par an. En réponse, la Fédération renforce ses partenariats avec les lycées professionnels et les centres de formation d’apprentis (CFA), via sa plateforme etreascensoriste.fr. Elle encourage par ailleurs les reconversions et la féminisation des équipes.

Un secteur économique ancré dans les territoires
La Fédération des Ascenseurs existe depuis plus de 100 ans. Elle représente aujourd’hui 170 entreprises adhérentes — TPE, PME et groupes — qui couvrent près de 90 % de l’activité économique du secteur et emploient 17 000 salariés. Ce tissu économique est non délocalisable. Il constitue un atout majeur pour les territoires, en termes d’emplois qualifiés et de réactivité de proximité au service des copropriétés.

