Le non-déplacement deviendra-t-il la règle face à la crise du Covid-19 ?

Le non-déplacement deviendra-t-il la règle face à la crise du Covid-19 ?

Charles Cabillic, fondateur du groupe W3, nous invite à réfléchir sur « l’après Covid » en matière de mobilité. Le non-déplacement deviendra-t-il la règle afin de concilier mobilité et responsabilité sanitaire et écologique ?

Nous ne reviendrons pas « à la normale »… C’est peut-être une chance !

Les déplacements sont réduits au strict minimum et le seront encore probablement pour plusieurs mois. L’économie est bien sûr bouleversée. Les entreprises sont soudainement privées de leur mobilité et découvrent le non-déplacement.

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Pourtant, la crise que nous traversons accélère des tendances déjà présentes dans l’organisation du travail.

Cette crise pourrait ancrer le télétravail en lieu et place du vieux triptyque « métro-boulot-dodo ».

Elle pourrait éviter la multiplication des voyages d’affaires, de plus en plus coûteux (1000 milliards de dollars par an). Le télétravail n’ayant pas entraîné de baisse significative de la productivité, à l’avenir beaucoup de tâches pourront être réalisées à distance. Les systèmes de visioconférence de plus en plus performants encouragent le non-déplacement.

La visioconférence, inadaptée dans certaines situations

Cependant, si le confinement a démontré l’efficacité de la visioconférence, il a aussi montré qu’elle était inadaptée dans certaines situations… Difficile en effet de négocier un contrat important, visiter un site de production, rencontrer un acteur-clé, gérer une entreprise multi sites… En étant tenu à résidence.

Si l’on peut s’interroger sur la pertinence de certains déplacements professionnels, tous ne peuvent pas être supprimés. Beaucoup d’entreprises pendant la crise souffrent de cette privation de mobilité.

Des solutions doivent être trouvées pour permettre aux personnes de se déplacer sans compromettre l’environnement sanitaire.

Le non-déplacement doit être la règle pour permettre l’émergence d’un transport plus flexible

Le Covid-19 a sans doute sonné le glas du transport de masse. Il apparaît aujourd’hui comme un vecteur contribuant à la propagation d’épidémies. Aussi, le principe même de lignes régulières, quotidiennes, pour des déplacements non essentiels, semble presque obsolète.

Nous devons radicalement repenser nos moyens de transport. Ils ne doivent plus représenter un danger pour notre santé et celle de la planète.

En ce sens, nous devons désormais nous poser systématiquement la question de la fréquence de nos déplacements. En supposant qu’ils deviennent ponctuels, les services proposés devront alors être basés sur un modèle «on demand ».

Nous allons sans doute effectuer une transition du transport régulier de masse, vers un transport plus flexible et individualisé. Celui-ci sera rendu possible par l’avènement de plateformes digitales et de moyens de transport légers. Par exemples, les avions électriques, drones avec passagers, voitures électriques autonomes…

Relocaliser nos industries est devenu une obligation : les transports peuvent y contribuer

Ce modèle de déplacements indispensables, ponctuels et flexibles est propice au désenclavement des territoires. Dans la mesure où il favoriserait la relocalisation d’activités économiques clés en région. Il nous prémunirait à l’avenir d’une dépendance à des chaines d’approvisionnement lointaines.

On peut déjà louer à la demande des avions transportant 4 passagers pour 500 €HT l’heure de vol. Un prix sans doute encore un peu élevé. Reste donc à permettre aux Collectivités Locales de subventionner ces vols à la demande plutôt que de mettre des millions d’Euros dans des lignes régulières structurellement déficitaires.

Le monde d’après le Covid-19 sera différent. À première vue, cette pandémie a mis à mal notre économie avec le risque d’une importante récession. Toutefois, à long-terme, espérons qu’elle engendre des effets bénéfiques.

Les changements dans l’histoire ne se sont jamais produits par hasard. L’urgence écologique nous imposait déjà de revoir notre mode de vie. C’est finalement l’urgence sanitaire qui apportera cette prise de conscience du non-déplacement.

La mondialisation doit évoluer, notre mobilité doit se transformer.


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