Le marché de l’immobilier va-t-il résister au Coronavirus ?

Le marché de l’immobilier va-t-il résister au Coronavirus ?

Comment les notaires voient-ils les deux prochains mois ? Alors que l’immobilier affichait une santé de fer, la crise du Coronavirus vient affecter un secteur jusque-là épargné des « aléas de santé ». Malgré la dure épreuve actuelle, il devrait s’appuyer sur sa solidité patrimoniale et sa valeur d’usage pour affronter la crise.

Irruption du Coronavirus dans l’immobilier

On aurait pu croire qu’en ce début d’année, après les gilets jaunes, les grèves à répétition et l’arrivée du Coronavirus, acheteurs et vendeurs auraient prudemment déserté les services de négociation et les études notariales. Or il n’en a rien été.

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En effet, les notaires témoignent de prévisions optimistes jusqu’au 12 mars. Ainsi, ils indiquent “une très belle reprise sur l’ancien” ou encore “une forte activité depuis deux mois”.

Comme si les gens se dépêchaient de faire des affaires avant l’arrivée d’un cataclysme.

En effet, sur cette période, un tiers des notaires correspondants ont ainsi constaté une amélioration de leur activité contre un quart sa détérioration. Pour les deux mois à venir, leurs prévisions du marché immobilier se répartissent ainsi : 18% en baisse, 46% égale et 36% en augmentation.

Tout a basculé avec l’annonce d’un plan de bataille contre « la plus grande crise sanitaire qu’ait connu la France depuis un siècle ». Le Coronavirus se diffuse très rapidement sur l’ensemble des pays européens. Notre pays est à l’arrêt, mais pour quelle durée et pour combien de temps ?

Une partie de la réponse à cette question vitale se trouve dans l’analyse de ce qui se passe en Asie. Or, la société QuantCube, start-up partenaire du CNES et de l’Agence Spatiale Européenne, excelle à scruter l’économie des pays dans leurs moindres détails.

Elle a notamment suivi l’évolution de l’immobilier en Chine depuis l’apparition du coronavirus. Grâce à l’analyse d’images satellites en 3D qui permettent le calcul journalier de la hauteur des bâtiments, elle a pu notamment estimer la vitalité du secteur de la construction.

En outre, elle compile chaque jour des millions de données sur internet (Tweet, images, prix…). À partir d’algorithmes sophistiqués, elle obtient des indications précieuses sur les transactions, l’emploi ou les humeurs des Chinois confinés chez eux.

Il en résulte, une analyse en partant du point zéro du Nouvel An chinois (le 25 janvier) suivi pendant une dizaine de jours par l’effondrement des ventes de logements neufs dans trente grandes villes chinoises. On obtient 40 jours après un niveau d’activité d’environ la moitié de ce qu’il était préalablement.

En France, la propagation du virus se fait au même rythme qu’en Italie avec un décalage de 9 jours. En suivant l’analyse de cette start-up, il nous faudra probablement attendre le mois de mai pour que le marché immobilier reprenne quelque vigueur.

Tendance des prix de l’immobilier à la hausse

Depuis le début de l’année, les prix ont évolué à la hausse pour 20% des notaires interrogés et à la baisse pour 8% d’entre eux. En revanche, malgré des conditions de crédit toujours excellentes, ils sont un peu moins optimistes pour les deux prochains mois.

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La proportion des négociateurs prévoyant une hausse des prix de l’immobilier tombe ainsi à 10% tandis que ceux prévoyant une baisse remonte à 12%, une grande majorité d’entre eux penchant pour la stabilité.

Il en résulte un solde d’opinions légèrement négatif à -2 %. Cette nouvelle tendance va donc un peu à l’encontre de l’euphorie présentée encore il y peu où l’on annonçait “un printemps de l’immobilier exceptionnel” ou “des prix de l’immobilier de plus en plus fous”.

En dépit d’un marché immobilier jugé florissant par nombre de professionnels, les conseils à moyen terme demeurent majoritairement prudents et orientés vers la vente d’un logement avant le rachat d’un autre.

Néanmoins, il reste difficile de se prononcer sur l’évolution du marché de l’immobilier dans six mois, si ce n’est pour les secteurs où les prix déjà élevés s’adressent à des personnes fortunées.

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