Le logement des personnes âgées à Paris : rester chez soi ou déménager ?

Logement des personnes âgées
L’envie de déménager confrontée à de nombreux obstacles.

Plus de 470 000 Parisiens ont plus de 60 ans. Rester à la maison, c’est la priorité des personnes âgées mais le constat est unanime : trop rares sont les séniors qui savent anticiper le vieillissement en adaptant leur logement. Les aménagements pour rester chez soi doivent devenir le réflexe de tous.

 

Vieillissement de la population : près de 473.000 Parisiens de plus de 60 ans

 

Les plus de 60 ans représentent 21,3% de la population parisienne. Depuis 2009, la part des personnes dites âgées est plus importante qu’au précédent recensement. On assiste donc à un vieillissement de la population parisienne.

Ainsi, 8% des Parisiens ont plus de 75 ans, on les retrouve dans une proportion plus élevée dans les 15e, 1er et 5e arrondissements (9%), ainsi que dans les 7e, 6e et 16e arrondissements (plus de 10%).

En volume, avec plus de 256.600 ménages, Paris s’inscrit comme le département où les séniors sont le plus présents (23%) suivi par les Hauts-de-Seine (14% des séniors de la région) et le Val-de-Marne et les Yvelines (respectivement 12%).

 

Des conditions de logement meilleures que pour l’ensemble des Parisiens

 

55% des plus de 65 ans sont propriétaires contre 33% tous âges confondus. Ils représentent 37% des propriétaires parisiens et 13% des locataires du parc privé.

Les séniors occupent des grands logements. En effet, près d’un tiers (32%) des ménages de plus de 65 ans vivent dans un logement de 4 pièces ou plus. La part des 3 pièces est également importante (29%). Enfin, même si 39% des logements occupés par des séniors sont des petits logements (2 pièces ou moins), cette proportion est bien inférieure à celle observée sur l’ensemble de la capitale (55%).

Ils sont aussi plus aisés que l’ensemble des ménages puisque si 16% des Parisiens sont considérés comme pauvres, ils ne sont que 9% parmi les plus de 75 ans. Les plus de 75 ans disposent d’un revenu plus élevé que l’ensemble des ménages parisiens: 29.438 € contre 27.856 € annuel, soit 5,7% de plus.

 

Rester chez soi : vivre dans un logement adapté

 

L’avancée en âge et l’anticipation des difficultés liées au vieillissement peuvent nécessiter des travaux. L’objectif est de faciliter le quotidien pour vivre en toute sécurité. C’est d’autant plus nécessaire que beaucoup de personnes âgées vivent seules.

Seulement 6% de l’ensemble des logements, neufs et anciens est adapté.

Ce résultat est porté principalement par les obligations d’accessibilité dans les programmes neufs représentant seulement 1% de l’ensemble des logements. Les logements du parc ancien sont, quant à eux, souvent difficiles à rendre accessibles, leurs occupants peuvent surtout réaliser des aménagements. On parlera alors de l’adaptation du logement au handicap ou au vieillissement.

Dans le logement, il s’agit tout d’abord, de prévenir le risque de chutes (dans la salle de bain, la cuisine,…) ou en installant des chemins lumineux, en prévoyant des barres de sécurité dans la salle de bains, en remplaçant la baignoire par une douche plus accessible.

Faciliter le quotidien est aussi indispensable en privilégiant un mobilier adapté et pratique (lits, fauteuils, plaques à induction, hauteur du lave-linge, du lave-vaisselle, accès aux placards…). C’est aussi, par exemple, installer des volets roulants électriques, voire un équipement de domotique pour gérer divers équipements.

L’accès aux parties communes d’un immeuble collectif et au logement ne doit pas, non plus, être négligé. La loi du 11 janvier 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a prévu une obligation pour tous les logements neufs d’être accessibles mais aucune obligation de ce type n’est prévue pour adapter les logements anciens.

Le copropriétaire qui a besoin de rendre les parties communes plus accessibles (rampe d’escalier, main courante…), doit solliciter l’accord de l’assemblée générale, même s’il entend les financer personnellement (article 24-d de la loi du 10 juillet 1965 : vote à la majorité des seuls présents ou représentés).

Les aménagements pour rester chez soi doivent devenir le réflexe de tous. Il ne faut plus que l’information sur ces adaptations soit réservée aux seules personnes âgées. Il s’agit d’une prise de conscience personnelle mais qui s’inscrit dans le cadre d’un engagement citoyen.

 

L’envie de déménager confrontée à de nombreux obstacles

 

Les séniors ont du mal à quitter leur logement pour un autre même plus adapté. Parce que changer ses habitudes de vie fait peur à plus d’un, beaucoup vont rester chez eux.

Quand ils ont le souhait de déménager, ce sont les démarches à entreprendre, les obstacles pour racheter ou louer qui ne facilitent pas la décision, voire qui contraignent à renoncer.

Pour ceux qui souhaitent revendre un bien pour un autre logement répondant plus à leurs besoins, il faudra faire coïncider les opérations de vente et d’achat. Sinon, sauf à disposer de suffisamment de liquidités, il restera à prévoir un crédit-relais.

La personne âgée qui emprunte doit souscrire une assurance décès-invalidité. La tarification varie selon les tranches d’âge.

La plupart des garanties de groupe proposées par les banques et souscrites après 66 ans ne couvrent ni la perte totale et irréversible de l’autonomie ni l’invalidité permanente totale ni l’incapacité temporaire de travail. Quant à la couverture décès, elle ne peut plus être souscrite après 79 ans. Acheter reste possible mais il faudra souvent envisager une assurance individuelle, plus chère que l’assurance de groupe pour contourner ces défauts de garantie.

Pour ce qui est de la location d’un logement dans le parc privé, le dossier peut être rejeté soit parce que leurs ressources sont insuffisantes, soit parce qu’elles ne fournissent pas de caution, en garantie du paiement du loyer.

A noter que la garantie VISALE proposée par Action Logement et qui garantit le paiement des loyers de tous les jeunes de moins de 30 ans et, en cas de mutation, des salariés du secteur privé n’est pas entendue aux retraité.

Les réticences des bailleurs reposent aussi sur les difficultés à récupérer les logements loués aux personnes âgées en raison de la protection dont elles bénéficient en cas de congé.

La loi du 6 juillet 1989 protège, en effet, les locataires de plus de 65 ans dont les ressources ne dépassent pas les plafonds pour l’obtention d’un logement social.

Lorsque le locataire (ou une personne à sa charge vivant avec lui) remplit ces deux conditions d’âge et revenus, le bailleur ne peut valablement donner congé sans proposer un relogement. Celui-ci devant correspondre aux besoins et aux ressources de son locataire. A Paris, comme dans beaucoup d’autres zones tendues, cela revient à rendre le congé inopérant. Le bail est ainsi renouvelé dans la plupart de ces situations.

Les mêmes règles s’appliquent aux locations meublées (article 25-8 loi du 6 juillet 1989) dès lors qu’il s’agit de la résidence principale.

Le refus de louer à un candidat locataire en raison de son âge constitue une discrimination.

 

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Le départ devenu nécessaire en résidence adaptée

 

C’est le plus souvent en dernier ressort et contraints que les plus âgés déménagent pour entrer dans des résidences adaptées où ils trouveront l’accompagnement nécessaire à leurs besoins en fonction de leur capacité à rester autonome.

La loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société? au vieillissement a modifié le cadre juridique des établissements pour personnes âgées dépendantes. Notamment, les logements-foyers sont devenus les résidences-autonomie.

Ces résidences accueillent des personnes ayant gardé complètement ou suffisamment leur autonomie mais qui ne peuvent plus ou ne veulent plus vivre à leur domicile. Elles offrent la possibilité d’un logement individuel ainsi que des espaces et services communs.

Les avantages de telles structures sont de pouvoir rester indépendant, tout en bénéficiant d’un environnement sécurisé grâce aux services proposés (restauration, ménage, animations, soins infirmiers…)

L’information et la sensibilisation des personnes âgées et de leur entourage sont indispensables. Tant pour faciliter le maintien à domicile que trouver un logement ou un hébergement adapté, il est nécessaire de savoir à qui s’adresser et quelles solutions sont envisageables.

En prenant de l’âge, beaucoup redoutent ce que peut signifier l’adaptation du logement et encore plus, les conséquences de la perte d’autonomie. L’anticipation n’est pas suffisamment à l’ordre du jour et au final peu d’entre eux se préparent au « bien vieillir chez soi ».

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