La CAPEB estime le surcoût des chantiers liés aux mesures sanitaires

La CAPEB estime le surcoût des chantiers liés aux mesures sanitaires

Les chantiers du Bâtiment redémarrent progressivement sur l’ensemble du territoire français après la crise sanitaire. Le secteur doit faire face à un ensemble de difficultés techniques, décisionnelles et économiques. La CAPEB fait le point sur le surcoût des chantiers BTP engendrés par la crise sanitaire.

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La reprise des chantiers après la crise sanitaire

La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) constate que le déconfinement permet à une partie des artisans du bâtiment de reprendre leur activité. D’ailleurs, les enquêtes réalisées hebdomadairement entre le 12 et 14 mai 2020 par le GIE CERC auprès de 1416 entreprises du bâtiment le confirment.

Même si la part des chantiers en activité « normale » est en hausse en mai, la reprise n’est pas effective sur la totalité des chantiers.

À noter que depuis le déconfinement, la hausse du redémarrage de l’activité du BTP s’estime entre 50 et 60 %.

Les trois postes de surcoût des chantiers

Après deux mois d’arrêt suite au confinement, peut-on prendre le risque de perdre sa clientèle ? La CAPEB se préoccupe de cette question et mène une enquête auprès de ses adhérents.

Aussi, elle nous dévoile une première estimation des trois principaux postes de surcoût des chantiers. Un surcoût qui concerne tout particulièrement la coactivité, la désinfection et les équipements de protection. En effet, la coactivité reste le poste le plus important, il peut atteindre dans certains cas 50 % du surcoût total.

Un surcoût des chantiers indispensable pour rassurer les clients

À cet égard, la désinfection est un enjeu essentiel pour regagner la confiance des clients et notamment des particuliers pour des travaux d’entretien ou de rénovation en site occupé. En effet, selon les différents types de marchés, ces surcoûts peuvent varier : entre 10 et 20 % en entretien-rénovation et 10 % dans le neuf.

« Cette situation est évidemment extrêmement préoccupante et pourrait conduire à de nombreuses défaillances d’entreprise si rien n’est fait. À moyen terme, l’expérience me dit que de nouvelles méthodes de travail, d’organisation, de phasage des chantiers seront à inventer. » – Patrick Liébus, Président de la CAPEB.

Estimer le surcoût journalier des chantiers

  • La coactivité et productivité comme l’allongement des délais, coordination, phasage complexe, et location de nouveau moyen de transport vont engendrer un surcoût des chantiers entre 4 et 10 % du coût journalier. Ce poste peut représenter jusqu’à 50 % du surcout sanitaire total.
  • Les équipements (gants, masques, gel…) représentent entre 2 et 4 % du coût journalier.
  • La désinfection (décontamination, nettoyage du matériel, outillage supplémentaire…) entre 4 et 8 % du coût journalier.
  • Les surcoûts sont plus élevés en rénovation, particulièrement en site occupé.

Une activité inégale en fonction des régions

La publication des recommandations sanitaires élaborées par l’OPPBTP, et le déconfinement permettent aux entreprises du bâtiment de reprendre leur activité. Les résultats de l’enquête GIE-CERC montrent qu’au 14 mai, 72 % des chantiers étaient ouverts contre 53 % le 5 mai.

Fonctionnement-des-chantiers-ouverts-CAPEB-monimmeuble

Le 14 mai, 37 % des chantiers affichent un niveau d’activité normale alors qu’ils n’étaient que 22 % avant le déconfinement. Cette montée en puissance permet ainsi la maintenance de l’activité de 76 % des salariés du BTP et intérimaires ETP (en équivalant temps plein).

Cependant, l’augmentation de l’activité connaît de fortes disparités entre les régions. La part des chantiers en activité dans le Sud-Est de la France (36 %) et le Nord-Est (48 %) est plus importante qu’en Ile-de-France (22 %).

Une activité inégale selon les secteurs

Cette situation est aussi délicate pour le secteur des marchés publics qui n’ont pas encore tous ré-ouverts. Les entreprises artisanales attendent, quant à elles, un soutien fort de la part de la commande publique.

Globalement, ce sont encore 15 % des chantiers qui tournent au ralenti et 28 % des chantiers qui sont à l’arrêt. Même si la situation devrait s’améliorer dans les jours à venir. Ainsi, 33 % des chantiers à l’arrêt le 14 mai devraient reprendre d’ici le 18 mai.

Les artisans renouent également avec la confiance puisque 67 % des chefs d’entreprises ont confiance en la reprise de leur activité contre 58 % le 5 mai.

Le contexte sanitaire inédit dans lequel les artisans du bâtiment travaillent comporte son lot de difficultés qui continuent de ralentir les chantiers.

Des difficultés qui ralentissent les chantiers

Les artisans sont confrontés à un ralentissement d’approvisionnement des matériaux et matériels, notamment en provenance d’Espagne et d’Italie. De plus, les contraintes administratives sont à la hausse. En cela, les charges administratives et les contraintes d’organisation liées au Covid-19 représentent un fardeau supplémentaire pour les chefs d’entreprises.

On observe également des reports ou annulations de travaux chez les particuliers qui restent encore réticents à la réalisation de travaux chez eux. Enfin, on constate une accumulation des déchets au niveau des entreprises du fait d’un ralentissement de l’enlèvement sur les chantiers.

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