Interview de Xavier Saubestre, président du groupe ODEALIM

7 questions à Xavier Saubestre, président du groupe ODEALIM. Il nous parle du plan de développement, de la stratégie de croissance externe et des nouvelles offres. En effet, ODEALIM est un acteur national de référence dans le courtage en assurances sur les marchés de l’immobilier.

Pouvez-vous retracer les grandes étapes de la croissance ODEALIM depuis 5 ans ?

L’aventure ODEALIM commence en 2016 avec l’arrivée au capital d’Eurazeo, un fond français bien connu. Avant cela, le groupe s’est forgé sur l’expérience d’une dizaine d’années au travers de AssurCopro. En effet, tout est parti de l’expérience d’Assurcopro à Nice, Cannes et Paris, dans le monde de la copropriété. Plus particulièrement, sur la multirisque immeuble. Également sur la protection juridique et la Dommage Ouvrage.

URMET 2020 – Bannière 1

À partir de 2016 viennent s’ajouter à Assur Copro d’autres acteurs de la copropriété, mais plus généralement du monde de l’immobilier avec l’ajout de services de gestion locative. Viennent nous rejoindre en avril 2017, le Cabinet Jacques Boulard, qui est aussi un grand nom sur Paris, de la multirisque immeuble et de la copropriété. Puis, deux autres structures spécialistes de la gestion locative : Interassurances et Insor. Ce sont deux cabinets spécialistes de la garantie de loyers impayés.

Très rapidement, on se retrouve avec une gamme de produits assez étoffée, diversifiée, aussi bien en syndic qu’en gestion locative.

La croissance d’ODEALIM vous a-t-elle permis d’étendre votre réseau national pour gagner en proximité ?

En effet, c’est l’un de nos grands objectifs. Avec nos premières implantations à Nice, Cannes et Paris, on était déjà sur des marchés de proximité. Très proches de nos clients, nous avons à cœur de trouver les solutions adaptées à leurs problématiques.

Fort de ce constat, nous avons souhaité reproduire ce schéma avec un maillage national. ODEALIM affiche clairement sa volonté d’être présent au niveau national.

C’est pourquoi, nous avons fait des acquisitions à Marseille, où nous sommes très présents. On a fait l’acquisition du Cabinet Ripert de Grissac, qui est l’équivalent d’Assurcopro à Nice ou de Boulard à Paris. Un ultra spécialiste de la multirisque immeuble installé depuis plus de 10 ans sur ce marché. De même, nous sommes désormais implantés à Lyon. En effet, on a eu le plaisir d’accueillir dans le groupe deux très belles structures : Roselyne Brun et Brun et JCD. La première spécialiste de la multirisque d’immeubles, la seconde experte en garantie de loyers impayés.

Finalement, chemin faisant, nous sommes présents à Paris, Nice, Cannes, Marseille et Lyon. Le confinement ne nous a pas arrêté. Bien sûr, les difficultés se sont accrues, mais on a continué d’avancer. Aussi, on a reproduit le même schéma à Grenoble avec Fidentialp, un autre cabinet ultra spécialiste en multirisque d’immeubles.

Ce cheminement démontre notre capacité à atteindre nos objectifs pour ce maillage national. D’ailleurs, on va continuer à prospecter d’autres grandes villes très représentatives de ce monde de l’immobilier où nous souhaitons nous implanter.

ODEALIM

Avez-vous l’ambition d’être présent sur l’axe Est-Ouest de la France ?

Oui, tout à fait car pour l’instant on n’est pas du tout sur l’Est ni sur l’Ouest de la France. Certes, on a encore de nombreux territoires à explorer. Toutefois, il se peut que pour certaines zones géographiques, l’implantation physique ne soit pas nécessaire.

À ce propos, nous développons deux grands axes. Le premier est celui du digital. Aussi, pour les régions où nous ne serons pas physiquement présents, nous pourrons approcher les clients par une offre en ligne. Le deuxième axe que nous développons consiste en l’acquisition d’une petite structure de courtage grossiste. De cette façon, nous allons pouvoir adresser notre offre au niveau national par le biais d’un réseau de grossistes.

Dans quelles mesures le digital et la transition numérique changent le métier de courtier ?

C’est vrai, le marché évolue beaucoup, on l’a vu ces dernières années. Désormais, la proximité avec nos clients ne suffit plus. Car pour l’essentiel, ce sont des professionnels de l’immobilier qui doivent aussi rendre des services à leurs propres clients. En cela, ils ont besoin d’outils leur permettant d’avoir une forme d’instantanéité dans l’information. Aussi, la communication doit être efficace et rapide. Elle circule via des espaces extranets et des back-offices.

Ainsi, les professionnels vont pouvoir mettre directement en garantie un immeuble ou un lot en gestion locative. De plus, notre valeur ajoutée repose sur notre délégation en matière de gestion de sinistres que ce soit pour la multirisque immeuble ou sur la garantie de loyers impayés.

Là aussi, il faut que les professionnels détiennent très rapidement l’information pour répondre à leurs clients qu’ils soient copropriétaires ou propriétaires. Donc ils nous demandent de plus en plus de monter en gamme sur ces services numériques. C’est pourquoi, les espaces clients proposent plus d’interactivité et non plus que de l’information descendante.

De fait, cette année 2020 particulièrement difficile, nous a démontré l’importance du digital pour continuer à rendre le service.

Dans l’idéal, il faut allier le physique et le digital. Ne pas négliger la partie proximité, services et accompagnement.

D’ailleurs, c’est le cœur de notre réflexion chez ODEALIM. Il nous faut continuer à combiner la proximité, le sens du service ainsi que notre capacité à adopter et adapter des garanties spécifiques. En même temps, nous devons faciliter la vie de nos clients. En cela, le digital permet de rationaliser l’activité de nos clients, mais c’est aussi une question de rentabilité pour eux.

Est-ce que les professionnels de l’immobilier ont pu tirer leur épingle du jeu ?

Les professionnels de l’immobilier, et d’autant plus dans ces périodes de crise, ont démontré à leurs clients qu’il faut être bien accompagné. Aussi, ils ont pu renforcer leur position sur le marché intermédié. C’est encore plus vrai pour la garantie des loyers impayés où l’on a surtout à faire à des particuliers propriétaires.

L’accompagnement reste une valeur incontournable, mais il faut aussi qu’ils offrent un service de qualité, des bonnes garanties à des tarifs corrects. Le prix ne fait pas tout ! Il faut du répondant pour être capable d’être réactif en cas de difficulté. C’est à cette condition qu’ils pourront en tirer beaucoup de bénéfices.

Est-ce qu’un marché est amené à plus se développer, ou à prendre plus de poids dans le groupe ODEALIM ?

Un autre grand objectif pour ODEALIM est de rester un spécialiste de l’assurance en immobilier. C’est pour nous essentiel dans notre projet. Il y a un certain nombre d’acteurs sur l’immobilier, on les connait. Ce sont des généralistes qui ont développé une branche liée à l’assurance immobilière.

Notre projet est uniquement centré sur l’assurance en immobilier. Pour autant, ça ne veut pas dire que notre gamme de produits ne peut pas s’étendre.

Il est vrai que le cœur de métier d’ODEALIM, c’est la copropriété avec la multirisque immeuble. Il n’en reste pas moins que l’on a un très gros portefeuille en protection juridique pour le compte des syndicats de copropriétaires. Historiquement, dans le Sud, on avait déjà un très fort taux d’équipement, mais on l’a maintenant aussi sur Paris.

On en parlait à l’instant, la dommage ouvrage est un programme relativement récent chez nous, puisqu’il a moins de 5 ans. Pour autant, nous sommes en train de devenir l’un des acteurs majeurs sur ce marché que l’on compte accompagner avec le digital. Car, là aussi, nous sommes sur des produits extrêmement normés, avec une partie administrative assez lourde.

Par ailleurs, la gestion locative avec la garantie “loyers impayés” devient le pendant de la multirisque immeuble sur la partie syndic. À présent, nous sommes classés dans le top 3 des acteurs de la garantie de loyers impayés. Je rappelle que nous comptons dans le groupe les cabinets Insor, Interassurances et Brun et JCD, qui sont des ultra-spécialistes de la garantie de loyers impayés.

On couvre tout le spectre de ce qui se fait en matière de gestion locative et de garanties loyers impayés.

Suivez-vous le parcours logique du propriétaire immobiliers ?

Effectivement, c’est pourquoi on est également présent sur la PNO et la multirisque habitation du locataire. Là aussi, on est sur un parcours client 100% digital. Cela veut dire que sur la partie immobilière pure, syndics ou administrateurs de biens gestion locative, nous sommes extrêmement présents.

Pour autant, on l’a vu dans notre prise de participation récente dans Digital Insure, on pense qu’il faut proposer ce parcours immobilier avec toutes les composantes d’assurance qui vont s’y adjoindre.

Clairement pour nous, il était tout à fait naturel de se positionner sur cette assurance liée à l’emprunt immobilier. On est en plein cœur du métier. D’ailleurs les assurances viendront s’ajouter, en fonction de la nature de cet investisseur, est-ce qu’il est occupant ? Est-ce qu’il est bailleur?? Aura-t-il besoin de garanties de loyers impayés ? Va-t-il réaliser des travaux et donc recourir à la DO ?

Aussi, on veut penser cette verticale immobilière du début jusqu’à la fin de la chaîne. Quel que soit le profil de cet acteur de l’immobilier, à un moment donné, il aura forcément besoin de venir piocher dans notre gamme de produits.

En matière de copropriété, est ce qu’il y a aussi une évolution sur les offres ODEALIM ?

Oui, tout à fait. C’était l’un de nos gros chantiers en 2020. On regrette, toutefois, d’avoir été freiné par la crise. Pour autant, nous sommes prêts, les garanties ont été clairement définies avec notre partenaire assureur. Non seulement l’intercalaire est finalisé, mais en plus de ça, nous avons déjà commencé le travail terrain avec un certain nombre de syndics. En effet, ils ont demandé à chiffrer leur parc de copropriétés. Ils sont déjà dans la démarche de le proposer au syndicat des copropriétaires par l’intermédiaire des assemblées générales.

Alors, comme on le sait, certaines AG ont été repoussées, mais cela commence à arriver. Finalement, même si l’idée est novatrice, elle est relativement simple. La copropriété est une microsociété qui rassemble des profils différents : copropriétaires occupants, non-occupants, locataires. Alors pourquoi la penser séparément en termes d’assurances ? Car dans les faits, on rencontre de l’interaction entre ces contrats. C’est d’ailleurs ce que l’on a pu constater avec la mise en place de la convention IRSI.

Alors, pour simplifier la gestion ne faut-il pas avoir qu’un seul contrat, un seul porteur de risques ?

Parce qu’en définitive, ce que l’on veut, c’est faciliter la vie de tous ces acteurs de la copropriété, quel que soit leur profil et leur statut. Pour tous, un sinistre amène à une déclaration. C’est le courtier qui va gérer avec le porteur de risques, leur déclaration. Ce sera toujours vrai, quelle que soit la nature du sinistre et quel que soit le profil de cet acteur.

Cette offre globale va-t-elle apporter des avantages en matière économique ?

Oui, on l’espère. En tout cas, c’est aussi le but visé. Bien que l’objectif principal, est de pouvoir assumer pleinement notre responsabilité de courtier. De sorte que la copropriété soit parfaitement assurée quoi qu’il arrive en termes de sinistre. Toutefois, l’aspect financier reste important d’autant plus avec cette période de crise.

En se positionnant sur des volumes importants de primes, on espère réduire le coût global.

On a aussi une vision à moyen-long terme. En traitant avec un acteur unique, le risque est plus facile à équilibrer. C’est ce que l’on peut observer notamment pour la multirisque immeuble. Après avoir eu un marché, stable, voire baissier, il devient un peu plus tendu. On se dit qu’en ayant un assureur sur la totalité des risques de la copropriété, on arrivera peut-être à mieux juguler les augmentations de primes.

Comment garder l’identité de chaque structure et avoir les valeurs communes d’un groupe ?

Toute la difficulté, c’est d’allier l’espace temps. Car, on voit que finalement ODEALIM est assez récent. On va très vite et en même temps, il faut laisser une période d’intégration aux cabinets qui nous rejoignent. En effet, chaque cabinet possède sa propre marque. Ils sont connus localement depuis plusieurs années. Ces sociétés ont une histoire, une relation de confiance avec leurs clients attachés au service, mais aussi à la marque.

Donc, on fait en sorte d’être extrêmement bienveillants sur ces marques. Il n’y a aucune précipitation qui est faite. Quand un cabinet nous rejoint, on garde la marque. On y associe juste le nom ODEALIM. Aussi, quand on parle d’Assurcopro, c’est Assurcopro ODEALIM. C’est important pour les clients qui constituent le portefeuille de ces cabinets. Ils doivent savoir que le service restera au même niveau et qu’il sera même complété par des outils digitaux. Grâce à la plateforme numérique, d’autres produits et services sont associés.

La prochaine étape interviendra seulement lorsque les clients seront convaincus d’être aussi bien servis et même mieux ! Alors, à ce moment-là, on pourra associer plus fortement l’identité ODEALIM. Tout cela en laissant le temps au temps… Au bout d’un moment, les clients seront habitués à ODEALIM, parce que ce sera naturel de penser, Assurcopro ODEALIM, Boulard ODEALIM. Cela sera vrai pour les syndics comme pour les copropriétaires.

Pour conclure, quels sont les chiffres clés du groupe ODEALIM ?

Aujourd’hui, ODEALIM compte six implantations : Paris, Nice, Cannes, Marseille, Lyon et Grenoble. Cela représente un peu moins de 180 collaborateurs sur le territoire national.

En multirisques immeubles, puisque c’est notre cœur de métier, on est à 38 000 immeubles. De sorte, que nous somme en première position sur ce marché. Pour la gestion locative, on a 130 000 lots assurés. La concurrence y est plus intense, mais elle est moins imprégnée de proximité. A contrario, sur la partie syndic, c’est vraiment un élément très fort.

En termes de chiffre d’affaires, on est à un petit peu moins de 50 millions d’euros. On génère plus de 180 millions d’euros de primes avec une vingtaine de compagnies d’assurances partenaires.

L’objectif avoué, c’est bien évidemment dans les prochaines années de doubler de taille.

Ce n’est pas un scoop puisque que l’on veut avoir un maillage national. Que ce soit par les acquisitions de nouveaux cabinets, mais également par la croissance organique sur les marchés existants. De plus, en allant étoffer la gamme produit, nécessairement, on ira chercher d’autres marchés et un chiffre d’affaires complémentaire.

On n’en a pas parlé, mais peut être que dans d’autres occasions, on le fera. À chaque fois, que l’on demande à ces cabinets historiques de nous rejoindre, ils apportent le savoir-faire et l’expertise de leurs équipes. On a une très grande force grâce à nos équipes, que ce soit en gestion locative ou sur la partie syndic. Que ce soit en production ou en sinistre et tous les métiers supports. On a une grande qualité dans nos équipes et c’est ce qui fait aussi qu’on a cette réussite !

Ce sera le mot de la fin. Merci Xavier Saubestre pour le groupe ODEALIM. Je crois que l’on a fait un beau tour d’horizon du groupe. On retrouvera votre actualité dans les pages de Monimmeuble.com. On continuera tout au long de l’année à suivre vos développements et vos nouvelles offres.

Guide des Pros 2021 (728×150)
Boutique en ligne – nouveauté vidéo et support (728×150)
Chaîne Youtube (728×150)
Jurisprudences 2020 728×150