Immobilier

Immobilier patrimonial : quelles sont les perspectives en France ?

18 novembre 2021

Tribune de Didier KLING, Président du Groupe CNCEF et de la CNCEF Immobilier

Didier KLING appelle à un new-deal en faveur de l’immobilier patrimonial. En effet, le Président de la CNCEF Immobilier plaide pour une redéfinition des politiques publiques en France. À l’approche des élections présidentielles, il s’inscrit en faveur des investisseurs et des professionnels-experts du secteur. Tous au service du consommateur.

L’immobilier patrimonial connait des épisodes conjoncturels contrastés

Les enquêtes d’opinion et les baromètres professionnels confirment au gré des derniers mois, une appétence toujours aussi prononcée des Français pour la pierre. Certes, l’immobilier patrimonial reste une classe d’actifs appréciée des investisseurs. Pour autant, elle n’en connaît pas moins une évolution notable. Mais, aussi des épisodes conjoncturels contrastés.

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D’ailleurs, les professionnels et les experts financiers que nous sommes, observons beaucoup d’injonctions contradictoires. Il devient difficile de parvenir à satisfaire aux exigences de notre époque.

immobilier patrimonial

 

En premier lieu, l’immobilier dans son ensemble, n’est plus pensé sur le moyen/long terme. Ce qui en affecte sa stabilité. Il en est de même pour la législation du secteur où le PTZ+ et le dispositif Pine. Ils font naître de nombreuses inquiétudes.

Ajoutons à cela que nous, experts en immobilier patrimonial, avons vu les honoraires plafonnés. Enfin, le Logement en France est morcelé dans plusieurs Ministères même s’il relève d’un Ministère de tutelle. Ce qui rend parfois l’efficacité des politiques publiques discutable. Sans oublier le débat ouvert par la Ministre, qui a remis en cause l’habitat individuel, pourtant largement plébiscité par les Français.

Il est temps de remettre à plat la politique de l’Immobilier patrimonial

En effet, il est temps de remettre à plat la politique de l’Immobilier. Nous devons renouer avec la croissance et répondre aux défis des années à venir. Donc de penser à nouveau sur le long terme et d’inscrire des dispositifs incitatifs dans la durée.

Pourquoi ? Principalement parce qu’une dynamique européenne et française existe. D’ailleurs, on le voit notamment dans le résidentiel où les rendements défensifs affichent une moyenne de 8% par an depuis 2008. Ce marché attire les investisseurs comme vient de le révéler le rapport du spécialiste du real estate AEW début novembre. Dotée d’une faible volatilité, cette typologie d’actif fait désormais office d’investissement obligataire par ses revenus prévisibles et stables.

Quelles sont les perspectives paneuropéennes ?

De même, la pandémie n’a pas arrêté la demande de logements dans les métropoles. S’il est vrai que les chantiers ont été retardés du fait des conditions d’adaptation aux exigences sanitaires et d’approvisionnement des matériaux. La dynamique va se poursuivre.

Ainsi, au sein des pays membres de l’Union européenne, la rentabilité du résidentiel est estimée à 5,1% par an à l’horizon 2026.

Il y a donc matière à repenser notre politique franco-française en veillant aux équilibres du marché. Il faut tout d’abord prendre en compte le fait que le plafonnement des loyers aux locataires va limiter en moyenne la hausse des valeurs locatives autour de 2,6%.

Dans le même temps, il va falloir construire des logements, des magasins, des bureaux en intégrant les normes environnementales et sociales. Mais, nous savons qu’elles ne sont pas neutres financièrement pour le secteur. Les récentes législations vont, en effet, nous imposer une réglementation énergétique aussi bien pour le résidentiel que pour le tertiaire.

Toutefois, nous pensons d’abord aux clients de nos professionnels qui vont devoir faire des choix. Effectuer les travaux pour conserver leurs biens sur le marché ou se voir écarter du marché de la location au motif que leur diagnostic se classe en F ou G.

On observera donc que les risques de transition pour répondre aux accords de Paris ne sont pas anodins. Pour autant, ils ne découragent pas les investisseurs institutionnels dont les montants engagés sont en croissance. Ces derniers se doivent de répondre à un immobilier patrimonial plus vert et plus durable. Ils se montrent les mieux placés d’ailleurs.

Quelle est l’influence de la Présidentielle sur l’immobilier patrimonial ?

Par ailleurs, pour investir, il faut croire en l’avenir ! Ce qui suppose après les temps troublés que nous venons de vivre, un vrai regain de confiance vis-à-vis du pouvoir politique.

Mais, il faut également que les conditions soient réunies. En effet, la remontée des taux d’intérêt est à surveiller. Sans nul doute, elle affecterait la valeur des actifs si elle venait à se prolonger.

Ensuite, il faut que les établissements bancaires favorisent les projets. Ce qui est conjoncturellement très variable en ce moment. En effet, de nombreux dossiers sont soumis à un apport personnel beaucoup plus important qu’avant la crise sanitaire. Une première explication vient de l’épargne de précaution placée durant les confinements successifs. Par ailleurs, il est nécessaire de maintenir une politique monétaire la plus souple possible.

De toute évidence, la campagne présidentielle en France ne pourra faire l’économie de ces débats. Elle pourrait même placer les Français dans une posture d’attente s’agissant de leurs projets, selon l’institut Louis Harris (enquête sur les Français et l’immobilier – octobre 2021).

Nos compatriotes déclarent avoir l’intention d’investir dans l’immobilier patrimonial, mais attendent l’issue de la Présidentielle pour se décider. D’ailleurs, 42% d’entre eux comptent attendre de connaître le résultat de l’élection avant de concrétiser leurs projets.

Toutefois, ces données sont à interpréter avec précaution. Puisque, rappelons-le, les motivations encourageant cette posture d’attente sont multiples. Elles ne sont pas uniquement liées au scrutin présidentiel. Malgré cela, les conseils-experts en immobilier patrimonial en tiennent compte. Car ce sont bien les consommateurs qui suscitent l’offre et la demande tout comme les politiques publiques incitent à investir.

C’est pourquoi, nous serons attentifs à ce que le “monde d’après” puisse voir advenir un new-deal pour l’Immobilier. Pour y parvenir, il faut que les différents acteurs se mobilisent et se rassemblent. L’appel est lancé !

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.