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Immobilier

Immobilier et économie : les premiers impacts de la guerre en Ukraine

Immobilier et économie : les premiers impacts de la guerre en Ukraine

Durant la crise liée à la COVID-19, l’immobilier en France a connu des hauts et des bas. Pour faire face aux impacts des restrictions sanitaires, le secteur a été grandement influencé par les politiques économiques et monétaires instaurées. Aujourd’hui, une nouvelle crise apparaît en Europe, à cause de la guerre russo-ukrainienne. Quels sont les premiers impacts de cette guerre d’invasion transfrontalière ? Les experts d’IEIF ont fait le point.

L’immobilier affaibli par une croissance économique au ralenti

Face à l’incertitude qui règne aujourd’hui, les ménages pourraient être tentés d’augmenter leur épargne de précaution. Du côté des entreprises, cette crise russo-ukrainienne pourrait favoriser un attentisme sur les investissements. Or, tout cela ralentira inévitablement la croissance économique en Europe.

Par ailleurs, on craint un goulot d’étranglement sur l’offre des biens manufacturiers. Ce problème pourrait se déclencher, en raison du recul du pouvoir d’achat et du comportement de précaution des consommateurs. Ainsi, les ménages et les entreprises en subiront les conséquences. Leurs revenus et leurs bénéfices seront respectivement revus à la baisse.

Dans l’immobilier, la crise causée par cette guerre pourrait intervenir sur la solvabilité des acquéreurs et la demande placée. Elle aurait aussi des effets sur les emplois de bureaux et la solvabilité immobilière des agents privés.

Une nouvelle dynamique de l’inflation en Europe

L’Europe connaissait déjà une hausse des prix avant l’éclatement de la guerre russo-ukrainienne. Cette inflation a été en grande partie causée par :

  • la flambée du prix de l’énergie ;
  • les tensions de la crise sanitaire sur les chaînes d’approvisionnement.

Du fait de la crise liée à l’invasion ukrainienne, le prix de l’énergie continuera d’augmenter. Ainsi, l’inflation pourrait s’amplifier. Au cas où les pressions ne s’atténuent pas, cette inflation provoquerait alors des demandes de compensation salariale. De plus, la fragmentation du commerce mondial, poussée par l’isolement économique de la Russie, renforcera davantage l’inflation.

Une baisse potentielle des taux d’intérêt réels

Les experts d’IEIF estiment que les taux d’intérêt réels devraient “rester en territoire négatifs”. Une baisse des taux est d’ailleurs attendue. Ce scénario sera bénéfique pour le secteur de l’immobilier.




À moyen terme, tout dépendra de l’ancrage de l’inflation dans les circuits économiques. En cas de fort ancrage, la BCE pourrait instaurer des politiques monétaires et financières plus drastiques. La normalisation pourrait être accélérée afin de mieux faire face à la crise provoquée par la guerre en Ukraine.

Une hausse potentielle des loyers

La stagflation (ralentissement économique associé à une inflation intense) s’aggravera si la Russie et l’Ukraine ne trouvent pas immédiatement une entente. Durant ces périodes de stagflation, les loyers sont tirés à la hausse par le mécanisme d’indexation.

Pourtant, face à la baisse des revenus des ménages, il sera difficile d’appliquer ces hausses aux locataires particuliers. En revanche, les entreprises pourraient répercuter ces hausses de loyers. Certaines vont reporter la pression de leurs cou?ts de revient sur leurs prix de vente.

Les différentes crises ayant affecté l’immobilier en France

Les chocs pétroliers entre 1973 et 1979 avaient causé une longue période de stagflation en France. Néanmoins, à cette période, le secteur de l’immobilier est resté dynamique. L’immobilier s’est bien comporté avec une performance globale réelle positive portée par les rendements en capital. Toutefois, les rendements locatifs réels demeuraient négatifs.

Durant cette période de très forte inflation, les taux réels de long terme sont restés très négatifs en tout début de période avant de devenir très positifs en fin de période.

Par contre, la stagflation du début des années 1990 faisait significativement reculer le marché de l’immobilier sur le territoire français. La situation a entraîné l’éclatement d’une bulle immobilière. Après cela, la France a subi deux autres périodes de stagflation, mais elles ont été seulement passagères.

Enfin, la crise financière générale de 2007-2009 a aussi grandement affecté le marché de l’immobilier français. Dernièrement, la crise sanitaire liée à la COVID-19 (violente et courte) a touché de manière passagère le secteur.

Recul de presque tous les segments dans l’immobilier en Europe

En Europe, les marchés de l’immobilier semblent être stables. Depuis début 2022, tous les segments connaissent cependant un recul, sauf celui du commerce (indice de prix au-dessus de 100). Les segments les plus concernés sont la logistique et la santé.

immobilier en Europe

Rappelons que le marché de l’immobilier européen a subi une forte fragmentation durant la crise sanitaire du coronavirus. Ce problème se résout aujourd’hui progressivement grâce à une convergence des performances des différents segments (logistique, résidentiel, commerce, santé, bureaux et hôtellerie).

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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