Aller au contenu

Immobilier

Immobilier : bilan du marché au 1er trimestre 2022

bilan immobilier au 1er trim 2022

Au 1er trimestre 2022, un changement de tendance est en train de se produire sur le marché de l’immobilier français. En effet, on observe une augmentation de stock de logements à vendre par rapport au 1er trimestre 2021. Cependant, les acquéreurs montrent un certain attentisme. Dans ce contexte, Homeloop a effectué une analyse du marché des appartements anciens dans quatre grandes métropoles : Paris, Lyon, Lille et Nantes.

Un changement de tendance sur le marché de l’immobilier en France

Sur les 3 premiers mois de 2022, le marché de l’immobilier français était plutôt fluide. L’offre comme la demande ont été ainsi présentes sur l’ensemble du territoire. Néanmoins, certains marchés affichaient de légers déséquilibres remettant en cause la stabilité des prix. Quelques indicateurs supposent le déclenchement d’un changement de paradigme.

Les vendeurs sont bien présents et décidés à réaliser leur projet immobilier

Selon l’enquête de Homeloop, les raisons qui les incitaient à vendre leur bien étaient :

  • Vendre avant d’acheter : pour 36 % d’entre eux (+21 % par rapport au 4e trimestre 2021) ;
  • Vendre un autre appartement après avoir fait une acquisition : pour 17 % d’entre eux (-8 % par rapport au 4e trimestre 2021).

Ces chiffres expliquent, en effet, le fort déséquilibre entre vendeurs et acheteurs dans certains marchés. Par ailleurs, les répondants souhaitent davantage acquérir des biens situés dans une autre ville, une autre région, voire un autre pays. Leur part est en hausse de +21 % par rapport au 4e trimestre 2021.

“ Nous constatons une augmentation du stock de biens à vendre qui s’explique de 2 manières. Tout d’abord, de nombreux biens, mis en vente en fin d’année 2021, sont encore sur le marché. De plus, nous voyons, en ce début d’année, arriver de nouveaux biens mis sur le marché. De fait, certains vendeurs démarrent leur projet immobilier avec pour objectif de conclure une vente à la fin du second trimestre ou dans le courant du troisième trimestre.” – Aurélien Gouttefarde, Président d’homeloop.

Les acquéreurs, quant à eux, se font plus indécis et désirent prendre leur temps

Les acquéreurs, plus indécis, ont besoin de plus de temps avant de mettre en œuvre leur projet. En effet, homeloop a enregistré +19 % de visites de biens entre le 4e trimestre 2021 et le 1er trimestre 2022.

De plus, les acquéreurs ont renforcé leurs critères de choix d’un bien. De ce fait, il devient plus difficile de vendre les appartements avec certains défauts (nuisance sonore, mauvaise situation, etc.). Désormais, la présence d’un espace extérieur est fort utile pour accélérer la vente.




“ Le contexte économique, le pouvoir d’achat incertain notamment à cause de la lente remontée des taux et géopolitique avec la guerre en Ukraine, sont naturellement propices à un ralentissement. D’autant qu’une année d’élection présidentielle est traditionnellement marquée par un certain attentisme. ”- Aurélien Gouttefarde.

Sortant de nombreux mois d’activité dense où le nombre de transactions n’a fait que grimper, il n’est pas anormal de voir le dynamisme se tasser. En effet, ceux qui portaient un projet d’achat l’ont concrétisé il y a peu et ne désirent donc pas revendre leur bien de suite. Il faudra attendre quelques années avant d’observer la rotation s’effectuer et ces propriétaires revendre leur bien.

Augmentation légère des prix de l’immobilier à Paris

La capitale avait connu une forte hausse des prix qui avaient passé la barre des 11 000 euros par mètre carré. Ensuite, ces prix avaient subi un rééquilibrage. Sur le 1er trimestre 2022, une nouvelle hausse a été cependant constatée à Paris, mais elle était modérée. Aussi, par rapport aux trois derniers mois de 2021, on observe une augmentation de 1 % du prix moyen. Au début 2022, le mètre carré coûte en moyenne 10 466 euros dans la capitale.

Augmentation légère des prix de l’immobilier à Paris

 

À Paris, le marché de la location de courte durée a connu un ralentissement. Cette situation est due à la crise sanitaire et au durcissement de la règlementation. Ainsi, plusieurs propriétaires ont été contraints de vendre leur appartement ou de le mettre en location à moyen ou long terme. En 1 an, on observe une hausse de 70 % de cette motivation à la vente. D’ailleurs, on enregistre une forte augmentation du stock de biens à vendre (+45 %) sur 1 an à Paris.

“ L’explosion des mises en vente de biens dédiés à la location, notamment de courte durée, est derrière nous. Toutefois, la tendance est toujours présente de manière significative puisque entre le 1er trimestre 2022 et le 4ème trimestre 2021, cette motivation à la vente était en hausse de 7%. Paris se vide donc doucement de ses investisseurs. ” – Aurélien Gouttefarde.

La hausse des prix de l’immobilier se fait plus franche sur l’Ile-de-France

Par contre, l’augmentation des prix semble plus franche en Île-de-France hors Paris (+3,8 % en seulement 3 mois). Les appartements anciens y sont vendus à plus de 5 000 euros par mètre carré.

Dans la région francilienne, le marché est, plus que jamais, boosté grâce à la présence de nombreux logements équipés d’un espace extérieur. De plus, le pouvoir d’achat immobilier des acquéreurs s’est amélioré. Dans les Yvelines, le prix a augmenté de +15 % par rapport au 4e trimestre 2021. Il s’est établi en effet, à 5 742 euros par mètre carré.

Poursuite du rééquilibrage des prix à Lyon et sa métropole

Avant la crise sanitaire, le marché de l’immobilier à Lyon et sa métropole était marqué par une flambée des prix. Heureusement qu’un rééquilibrage du marché s’est appliqué. Cela a permis de faire baisser de -3,4 % les prix sur un an glissant. Le recul est d’ailleurs de -5 % entre le 1er trimestre 2022 et le 4e trimestre 2021. Désormais, le mètre carré est vendu à 5 002 en moyenne.

Poursuite du rééquilibrage des prix à Lyon et sa métropole

 

D’ailleurs, on peut faire le même constat sur la métropole lyonnaise. La start-up Homeloop a observé une baisse de prix de -2 % sur 12 mois. Celle-ci est de -1,6 % par rapport au 4e trimestre 2021. Le prix moyen du mètre carré est de 3 373 euros dans la métropole.

À Villeurbanne, le nombre de transactions a fortement progressé grâce à des prix particulièrement attractifs. Une baisse de -8 % a été enregistrée entre le 1er trimestre 2022 et le 4e trimestre 2021. En effet, le mètre carré des appartements anciens s’estime à 3 888 euros en moyenne.

Baisse du stock de biens à vendre et hausse des prix à Lille

Lille a subi une diminution importante du stock de biens proposés à la vente. En effet, le nombre de biens à vendre a baissé de près de -50 % sur les 3 derniers mois par rapport au 4e trimestre 2021. Le recul est de -40 % sur 1 an.

Cette chute du stock de biens à vendre a entraîné une hausse des prix de l’immobilier (+3,4 % en 3 mois). Les logements anciens ont été vendus à presque 4 000 euros le mètre carré dans la ville.

Le même fait a été observé sur la métropole lilloise. Même si les prix de l’immobilier ont progressé de +4,4 % sur le 1er trimestre 2022, ils conservent un niveau raisonnable. Ils se sont ainsi établis à 2 694 euros par mètre carré.

Envolée des prix à Nantes (stabilité sur sa métropole)

Nantes avait enregistré un recul de prix de -3,4 % sur 1 an. Toutefois, sur les 3 derniers mois, son marché immobilier est relancé avec une hausse de prix de +2,9 %. Le mètre carré des appartements anciens y est vendu à près de 4 000 euros en moyenne.

Cette augmentation n’a cependant aucune conséquence sur l’activité de la ville. La raison est que le stock de biens à vendre est relativement stable (-1 %) sur le 1er trimestre 2022. Sur la métropole nantaise, on note une stabilité des prix du mètre carré (3 006 euros, soit -0,1 % sur 3 mois).

En conclusion,

Les acteurs de l’immobilier devront être attentifs sur ce qui se passera les prochaines semaines. Cela va déterminer s’il y a un véritable bouleversement du marché ou seulement un attentisme ponctuel. Ce dernier pourrait être dû au pouvoir d’achat des Français affecté par les conjonctures géopolitiques, politiques et économiques incertaines.

“ Si l’activité accuse un léger ralentissement pour le moment, il n’y a toutefois aucune raison de s’affoler. Nous sommes sur un marché qui reste dynamique. Puisque, même dans une période incertaine ou peu propice, des moments de vie continuent à provoquer des projets immobiliers. Les gens n’ont jamais autant concrétisé de changements, professionnels ou personnels, qu’en ce moment. De plus, si la remontée des taux est désormais effective et vient affecter le pouvoir d’achat, elle est encore contenue. Je reste donc résolument optimiste quant à l’avenir.” – Aurélien Gouttefarde.

nv-author-image

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

Laisser un commentaire