Electricité : des prix en hausse mais inférieurs de 20% à la moyenne européenne

Evolution du prix TTC de l'électricité pour les ménages dans l'Union européenne.

Selon une étude de l’Insee, si les prix de l’électricité ont nettement augmentés depuis 2010, ils demeurent inférieurs de 20% à la moyenne européenne en 2016. Pourtant un ménage dépense en moyenne 960 euros d’électricité par an.

En 2016, un ménage dépense en moyenne 960 euros d’électricité

 

En 2016, la consommation d’électricité des ménages s’établit à 28 milliards d’euros, correspondant à une consommation physique de 161 TWh. Cette dépense représente 2,3% de leur budget de consommation, soit 960 euros en moyenne par ménage et par an.

Entre 1986 et 2016, la consommation d’électricité progresse de 2% en moyenne par an, soit à un rythme proche de la consommation des ménages (+1,9% par an en moyenne).

Au tournant des années 2000, l’équipement électrique des ménages, qui se résumait dans les années 1980 au lave-linge, au réfrigérateur et au téléviseur, s’étoffe avec la démocratisation des ordinateurs, l’apparition des téléphones portables et l’essor des consoles et jeux vidéo.

De plus, la hausse du prix des énergies fossiles contribue à l’essor du chauffage électrique dans les constructions neuves. Dans le même temps, la construction de logements neufs est très dynamique.

Depuis 2012, la consommation physique se stabilise. La consommation en chauffage électrique a également cessé de croître. Pour autant, l’alternance d’années très chaudes (comme 2011, 2014 et 2015) et d’années plus froides (comme 2010 et 2013) sur la période de chauffe entraîne d’importantes variations annuelles de consommation électrique. En période de froid, chaque degré celsius perdu augmente la consommation de plus de 3%.

Entre 2009 et 2016, les prix de l’électricité augmentent plus rapidement que l’inflation

 

Cela découle pour une grande part du quintuplement de la Contribution au service public de l’électricité (CSPE). Cette contribution acquittée par les consommateurs d’électricité permet, entre autres, de financer le surcoût de l’électricité d’origine renouvelable.

La CSPE n’augmente plus depuis 2016 : les charges liées au développement des énergies renouvelables sont désormais supportées par les consommateurs d’énergies fossiles à travers la Contribution climat-énergie (CCE) mise en place en 2014.

La hausse du prix de l’électricité au cours des dernières années est également imputable à celle, plus légère, des frais de réseau.

Décomposition du prix HTT de l’électricité
pour les ménages en France métropolitaine en 2017.

En 2016, le prix de l’électricité en France se décompose en trois parts quasiment égales : l’acheminement correspondant au Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), la fourniture correspondant aux coûts d’approvisionnement et de commercialisation de l’électricité, la fiscalité.

La part des taxes et prélèvements dans le prix total de l’électricité en France atteint 35% en 2016, contre 26% en 2010.

Le constat est similaire pour l’ensemble de l’Union européenne, où cette part augmente de 28% en 2010 à 36% en 2016.

En France, le prix de l’électricité est inférieur de 20% à la moyenne européenne

 

En standard de pouvoir d’achat, un ménage français en moyenne paye son électricité un cinquième moins cher que dans l’ensemble de l’Union européenne et pratiquement moitié moins qu’un ménage allemand. Ces prix bas sont dus à la spécificité du mix électrique français.

Afin d’accroître son indépendance énergétique après les premiers chocs pétroliers des années 1970, la France a davantage fait le choix de l’énergie nucléaire que les autres pays européens.

La production d’électricité d’origine nucléaire est donc prépondérante dans son mix électrique. En 2016, elle représente 72% de la production totale d’électricité. Par ailleurs, la production électrique d’origine renouvelable représente 18% du mix électrique français.

En 2017, le prix moyen TTC de l’électricité sur le marché résidentiel s’élève à 197€/MWh dans l’Union européenne et à 214 €/MWh dans la zone euro. La France, avec un prix de 16% inférieur à la moyenne de l’Union européenne, se classe au quatorzième rang des pays où l’électricité est moins chère.

Elle est devancée par tous les pays d’Europe de l’Est mais est, en revanche, mieux positionnée que la plupart des pays d’Europe de l’Ouest. Le prix payé par les ménages est ainsi plus bas en France qu’au Royaume-Uni (171 €/MWh), en Espagne (207 €/MWh), en Italie (218 €/MWh) et en Allemagne (296 €/MWh), pays d’Europe où l’électricité domestique est la plus chère.

Les retraités davantage sensibles aux fluctuations des prix de l’électricité

 

En décomposant l’impact de la hausse des prix de l’électricité sur les différents types de ménages, il semble que les retraités seraient plus touchés que les actifs.

En effet, les personnes âgées consomment plus d’électricité que les plus jeunes et occupent en moyenne des logements plus grands. De plus, elles passent plus de temps dans leur logement, ce qui tend à augmenter leur consommation d’électricité.

En outre, rapportée aux unités de consommation, cette augmentation affecte moins les couples avec enfants que les personnes seules, car ils réalisent des économies d’échelle sur la consommation d’électricité.

Depuis 2007, les prix à la consommation de l’électricité ont augmenté d’environ 50%.

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