Aller au contenu

Diagnostics

DPE : Quelles sont les performances énergétiques du parc de logements ?

Nouveau DPE et parc de logements

Une récente étude actualise les chiffrages sur le parc de logements par classe de diagnostic de performance énergétique (DPE). Elle tient compte des modifications de la méthode de calcul des DPE pour les logements fixées en juillet et en octobre 2021. Quelles sont les conclusions de l’analyse des 36,5 millions de logements de France métropolitaine ? Quelle est la proportion de passoires énergétiques ?

Du bon usage du DPE…

Les modalités de calcul du DPE ont été modifiées en juillet et en octobre 2021. L’étiquette énergétique est désormais calculée en fonction de deux facteurs : l’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre.

Le DPE énumère les caractéristiques du logement : sa surface, orientation, matériaux des murs, des fenêtres, etc. De plus, il répertorie les équipements de chauffage, de production d’eau chaude sanitaire, de refroidissement et de ventilation. Et, depuis 2021, ce diagnostic s’intéresse également aux usages électriques et à l’éclairage.

Représentation des étiquettes du nouveau DPE

Représentation des étiquettes du nouveau DPE

 

Les logements sont alors classés de A à G. Ceux dont l’étiquette énergétique est en A et B sont qualifiés de peu énergivores, alors que les étiquettes en F et G sont désignés comme des passoires énergétiques. Ces logements ont une consommation d’énergie finale supérieure à 450 KWh/m²/an.

Rappelons que ce diagnostic est obligatoire lors de la location ou de la vente d’un bien immobilier. Sa durée de validité est de 10 ans. De même, le diagnostic de performance énergétique doit être établi par un professionnel indépendant répondant à des critères de compétence. La méthode de calcul pour les logements existants se nomme 3CL.




En effet, il s’agit du calcul de la consommation conventionnelle des logements. Or, ces consommations sont calculées à partir de l’observation des caractéristiques physiques du logement. Ainsi, le diagnostiqueur étudie le bâti, la qualité de l’isolation, le type de fenêtres ou le système de chauffage. Pour les logements situés dans des immeubles en copropriété, il est aussi possible de générer le DPE collectif. Ce dernier, sera alors réalisé à partir de l’immeuble entier. On pourra établir un échantillon d’appartements rigoureusement choisis.

Une estimation de l’état du parc au 1er janvier 2022

Au total, sur l’ensemble du parc des logements, le nombre de passoires est estimé à 7,2 millions soit 19,5 %. Mais si l’on ne considère que les résidences principales, la proportion baisse. Ainsi, 17 % du parc de résidences principales seraient en étiquettes F et G du DPE.

Répartition des étiquettes DPE sur le parc de logements

Répartition des étiquettes DPE sur le parc de logements

 

Dès lors, l’étiquette D est la plus fréquente soit 32 % du parc de résidences principales. Les étiquettes C et E représentent respectivement 24 % et 22 % du parc. Par rapport à la précédente estimation en 2018, le nombre de passoires thermiques est un peu plus élevée (17,3 % VS 16,7 %).

Si l’on considère la typologie des logements, Les maisons individuelles ont plus facilement des étiquettes F et G du DPE (19,6 % contre 14,5 % en habitat collectif).

Selon la surface, les plus petits logements sont les plus énergivores. En effet, près de 34 % des logements de moins de 30 m² ont une étiquette F ou G, contre seulement 13 % des logements de plus de 100 m². Cela s’explique par une consommation d’énergie plus importante dans les petits logements. Du fait de l’occupation plus dense, la consommation d’eau chaude sanitaire ramenée au mètre carré de surface du logement est plus élevée. De plus, si votre studio est doté d’une seule baie vitrée en simple vitrage, la déperdition de chaleur sera excessive en rapport à la surface du logement.

Un écart important sur le DPE selon l’énergie de chauffage

Une très forte distinction apparaît selon l’énergie principale de chauffage. Ainsi, les logements chauffés au fioul sont à 44 % classés F ou G. C’est encore plus vrai avec le nouveau DPE puisqu’il prend désormais en compte les émissions de gaz à effet de serre du logement.

Un écart important sur le DPE selon l’énergie de chauffage

Au contraire, les logements chauffés au gaz ou au bois sont plus performants énergétiquement et tournent autour de 13 % d’étiquettes F et G. Pour l’électricité, on se situe à 15 %, mais la distinction avec le gaz s’est réduit avec le nouveau DPE. En effet, cela s’explique par la baisse du coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité.

Ainsi, au 1er janvier 2018, il était estimé que 54 % des passoires énergétiques étaient chauffées à l’électricité et 16 % au gaz. Or au 1er janvier 2022, l’écart n’est plus que de respectivement 33 % pour l’électricité et 29 % pour le gaz.

Répartition des étiquettes DPE selon le statut d’occupation des résidences principales

Notons que le parc locatif privé comporte les logements consommant le plus d’énergie. La proportion des logements dont le DPE est classé en F ou G avoisine les 20 % ! Alors que pour les logements occupés par leurs propriétaires, on est autour de 18 %.

On estime qu’il y aurait :

  • 140 000 logements très énergivores dans le parc locatif privé,
  • 50 000 dans le parc locatif social,
  • 320 000 parmi les logements occupés par leurs propriétaires.

Enfin, soulignons que la part des passoires parmi les résidences principales varie selon les départements. Elle est plus faible dans les départements où le climat est plus doux et où les besoins en chauffage sont réduits. À l’inverse, le DPE est moins favorable dans les départements plus ruraux ou montagneux.

proportion des résidences principales dont l’étiquette DPE est F ou G

Par ailleurs, les zones de tension immobilière peuvent avoir une incidence sur le DPE. C’est le cas à Paris et en petite couronne (zone A bis). On constate un taux de passoires élevé autour de 29 %. De fait, les logements très énergivores y sont fortement représentés. L’analyse par catégorie urbaine confirme la particularité de l’agglomération parisienne.

Étiquettes:
nv-author-image

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

Laisser un commentaire