Digitalisation du secteur immobilier : menace ou opportunité pour les agents immobiliers ?

Agents immobiliers
Agences hybrides low-cost : une menace pour la profession ?

A l’occasion du salon Rent 2019, révélateur de la profusion de solutions digitales pour le secteur immobilier, on peut s’interroger sur l’évolution du métier d’agent immobilier. Une étude OpinionWay pour Meilleursagents a confronté les points de vue des particuliers et des agents immobiliers sur cette question.

Les Français ne souhaitent pas la disparition des agents immobiliers

 

Face à l’émergence de la Proptech en France, l’inquiétude des agents immobiliers est légitime mais le constat est clair, 85% des particuliers interrogés sont catégoriques, ils ne veulent pas que le métier d’agent immobilier disparaisse. De plus, ils estiment qu’aucun nouveau service ne sera en mesure de remplacer les agences.

Mais pour autant, dans ce contexte actuel de digitalisation des marchés, les particuliers deviennent de plus en plus exigeants envers les prestataires de services. Ils en demandent toujours plus en matière de transparence, de capacité à innover, de tarifs équilibrés ou même de confiance.

Le secteur de la transaction immobilière est particulièrement concerné. Si les agents immobiliers ont une meilleure image, seul un français sur deux a confiance en eux et en grande majorité ils ne sont pas considérés comme innovants.

Entre des clients de mieux en mieux informés et l’émergence de nouveaux acteurs, les agents immobiliers doivent plus que jamais démontrer leur valeur ajoutée et faire évoluer leur profession en s’appuyant sur de nouveaux outils digitaux.

Sébastien de Lafond, Président et co-fondateur de Meilleurs Agents.

Cette perception serait associée à leur manque de réactivité mais surtout au montant de leurs honoraires jugés « excessifs » pour 72% des sondés. Pour répondre à ces enjeux d’innovation et de réduction des coûts, de nouveaux acteurs issus de la Proptech ont investi le secteur.

Club MI Pro #1 728×150
Club MI Plus #1 GIF 728×150
Jurisprudences 2018

Agences hybrides low-cost : une menace pour la profession ?

 

En trois ans, on compte déjà plus de 400 créations de startups françaises. Parmi elles, les agences hybrides low-cost, iBuyers sont de nouveaux acteurs de la vente immobilière. Bien que ces nouveaux services soient encore assez méconnus des particuliers, ils sont tous perçus comme une menace pour les professionnels.

Le risque est confirmé par l’attrait des agences hybrides low-cost car plus de 4 particuliers-vendeurs sur 5 seraient prêts à les utiliser et pensent qu’elles sont amenées à se développer.

L’objectif de ces agences low-cost est de disrupter le marché immobilier en réduisant les coûts grâce à la technologie. Ils font le même travail qu’une agence sans les visites. Dans ce modèle, les interactions humaines sont réduites au strict minimum pour faciliter le processus. Enfin, elles proposent des forfaits fixes et une offre simple et efficace afin d’attirer la confiance du vendeur.

En revanche les iBuyers inspirent plus de méfiances que les autres services. Pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler, les « iBuyers » proposent aux vendeurs d’un bien d’acheter ce dernier en 48 heures, et de leur trouver un repreneur le plus rapidement possible.

En effet, dans ce modèle, les vendeurs remplissent un formulaire en ligne et un outil est disponible pour les aider à déterminer le bon prix d’achat. Un professionnel se déplace ensuite pour une évaluation de visu et en 48 heures, une offre est soumise au vendeur.

Homeloop et Dili sont deux de ces acteurs en France. Selon un récent article de Meilleurtaux.com, on apprend ainsi qu’ils facturent entre 7% et 12% du prix d’achat pour leur intermédiation.

Toujours selon Meilleurtaux.com, la commission des agences immobilières traditionnelles reste inférieure (4,9% environ) mais lorsque l’on y ajoute les 4% de marge moyenne de négociation des potentiels acquéreurs, le montant espéré est grevé de près de 9% dans le processus classique.

Une attente forte des particuliers : baisse des honoraires et transparence

 

L’attente principale reste toujours la même, les particuliers à 88% souhaiteraient une baisse des honoraires des agents immobiliers. Les taux de commission constituent notamment la principale raison de ne pas passer par une agence pour près d’un vendeur sur deux.

Cette attente va dans le sens de l’évolution du métier. Il ne faut pas se le cacher, les agents immobiliers s’attendent à une baisse de leur rémunération d’ici 5 ans.

Selon Meilleursagents, un consensus serait même envisageable autour d’une diminution de 20% des honoraires, à condition que le marché soit plus fluide.

Au-delà de cette baisse, les particuliers attendent plus de transparence et d’interactivité dans leur relation avec les agents immobiliers. On leur reproche justement de ne pas assez utiliser les solutions numériques pour suivre les ventes mais aussi et surtout pour les aider à vendre.

En cela, la digitalisation apparaît comme une véritable opportunité d’évolution en facilitant le travail au quotidien des agents tout en apportant plus de confiance et de valeur ajoutée pour les particuliers.

Les vendeurs ont besoin d’être accompagnés, ils attendent de l’agent de trouver des acheteurs et de négocier avec eux. Certains expriment également le besoin d’un soutien logistique et juridique sur la vente.

La digitalisation est une formidable opportunité pour la profession de gagner du temps dans la prospection des vendeurs. Ces leviers permettront de baisser les honoraires et d’augmenter la part des mandats exclusifs pour au final gagner des parts de marché sur les ventes entre particuliers.

Sébastien de Lafond

Solucop 2019 – 728×150

Méthodologie
L’étude OpinionWay pour Meilleurs Agents a été menée entre le 5 et le 16 septembre 2019 auprès de 3324 personnes composées de particuliers vendeurs et d’agents immobiliers.