Aller au contenu

Finance

Culture financière : les femmes face à l’investissement

Les femmes et la culture financière

Les femmes sont-elles des investisseurs comme les autres ? En France, un peu plus d’une femme sur deux admet avoir une culture financière insuffisante. Pour autant, cela ne fait pas beaucoup de différence avec les hommes en termes d’investissement. Or, cela s’avère plus compliqué sur le plan de l’autonomie financière du fait de l’inégalité des ressources. La plateforme Fundimmo et la société de gestion ATLAND Voisin se sont associées à travers une étude OpinionWay inédite pour mieux comprendre la relation des femmes à l’investissement.

Une femme sur deux n’investit pas, par manque d’intérêt et de culture financière

Que ce soient les hommes ou les femmes, le manque d’intérêt pour l’investissement est associé à un manque de culture financière. En la matière, l’éducation, le niveau social et bien sûr les capacités financières semblent des éléments déterminants. Ils guident les comportements en matière d’épargne et d’investissement.

Rien à voir avec le “genre”. Il ne faudrait pas croire que pour développer une stratégie d’investissement, on doit faire appel aux compétences mathématiques. Or, contrairement à certaines idées reçues, il n’y aucune différence entre les femmes et les hommes dans la fonction cérébrale ou la disposition en mathématiques.

Certes, il n’y a aucune ambiguïté sur cette question, les femmes sont tout autant capables de réussir dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques. Donc, il en est de même en matière d’investissement. Seulement, c’est la société qui en a décidé autrement !

Les femmes et la culture financière

 

Rappelons que les femmes étaient sous la tutelle de leur père puis de celle de leur conjoint. Il leur aura fallu attendre 1965 pour avoir le droit de travailler librement, ouvrir un compte bancaire sans autorisation maritale et disposer de leurs propres biens. En effet, c’est l’adoption de la loi du 13 juillet 1965 qui a permis de promouvoir de nouveaux régimes matrimoniaux visant à établir l’égalité au sein du couple. Toutefois, 50 ans plus tard, certains comportements persistent encore. Cela peut expliquer un rapport souvent distancié à l’investissement.

La culture financière mène à l’indépendance financière

En effet, la culture financière permet d’avoir une vision claire de son budget sur plusieurs années. Il faut être capable d’estimer ses besoins financiers à court, moyen et long terme. Quels seront alors les placements qui peuvent y répondre ? Quelle est notre capacité d’épargne et d’emprunt. Moins de 2 Françaises sur 10 se disent à l’aise avec ces sujets.




Conscientes de leurs lacunes, 74% des femmes estiment que la culture financière devrait être enseignée à l’école. D’ailleurs, elles sont 66% à regretter de ne pas avoir pu bénéficier d’une telle formation plus jeune.

Plus généralement, les connaissances sont acquises sur le tard par leurs propres moyens. C’est encore plus vrai pour la génération des plus de 50 ans. Des femmes qui ont pu bénéficier de l’évolution historique de 1965. Mais, elles ont dû encore résister aux anciennes pratiques ancrées dans les mœurs et le manque de culture financière.

C’est en cela que l’on observe le rôle majeur joué par les parents, vecteurs de transmission. Ainsi, les jeunes femmes de 18-24 ans (40%) et de 25-34 ans (36%) sont plus nombreuses à avoir bénéficié de cet accompagnement intrafamilial. Ceci constitue un signal positif, celui d’un passage de témoin et d’un partage d’expérience d’une génération à l’autre.

Enfin, pour parler d’épargne et d’investissement, la famille (66%) et le conjoint (62%) sont les premiers interlocuteurs qu’elles privilégient. Pour autant, les amis (47%) et les collègues (28%) sont également des sources consultées. Ce qui pourrait signifier que l’argent n’est plus un sujet aussi tabou en France.

Force est de constater qu’en matière de gestion patrimoniale, une fracture semble subsister. 35% des femmes laissent à leur conjoint le soin de gérer l’intégralité de leurs placements. À cet égard, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les jeunes femmes de 18-24 ans (53%) sont surreprésentées.

Les principaux freins à la réflexion patrimoniale

52% des Françaises pensent ne pas avoir les ressources suffisantes pour placer leur épargne sur un autre support que le Livret A (contre 36% des hommes). Les femmes sont prudentes en voulant se prémunir contre les aléas de l’avenir. En effet, elles sont plus touchées par la précarisation de l’emploi et subissent des écarts de salaire avec les hommes.

Rappelons que les inégalités de ressources se creusent lors du départ à la retraite avec un écart de revenus de 41% (source DREES, 2018). De même, les séparations portent plus à conséquence pour les femmes, avec un niveau de vie qui chute en moyenne de 22%, contre 3% pour les hommes (source INSEE, 2018). Prudentes, c’est majoritairement la constitution d’une épargne de précaution qui les motive afin de s’assurer une stabilité financière à long terme, et plus particulièrement à la retraite.

Aussi, elles ne sentent pas concernées par les placements non garantis. D’autant plus que le déficit de connaissances véhicule la croyance que l’investissement est réservé aux personnes fortunées. Cette idée fausse et ce manque de culture financière conduisent les femmes à s’autocensurer. De fait, la peur du risque affecte également leur réflexion.

C’est pourquoi, 68% des femmes n’osent pas s’affranchir des placements garantis par crainte de se tromper. Même si, paradoxalement, elles sont, plus nombreuses que les hommes à s’intéresser aux crypto-monnaies : 20% contre 15% des hommes. De la même façon, elles sont plus nombreuses à se dire favorables au fait d’investir de façon totalement dématérialisée.

L’indépendance financière des femmes passe aussi par l’investissement

Le poids de l’histoire reste fortement ancré. Certains biais persistent et pèsent encore sur l’autonomie financière des femmes. Toutefois, une part significative des femmes sont déjà des investisseuses averties. Mais, il existe une majorité de femmes et d’hommes qui considèrent aujourd’hui ne pas pouvoir investir par manque de moyens et de culture financière.

“ Or, avec une épargne moyenne mensuelle de 276 euros par mois, il est possible de réaliser des investissements intéressants. La bonne nouvelle, c’est que les femmes sont de plus en plus à le savoir et que les moyens de se renseigner sont beaucoup plus larges.” – Deborah Labre, directrice du développement de Fundimmo.

En effet, la culture financière s’ouvre désormais aux échanges en famille ou entre amis. Aussi, les femmes assument de plus en plus d’en parler et de croiser les informations recueillies par le banquier, des professionnels de l’investissement, la presse spécialisée, les sites d’information, etc.

À présent, elles se forgent une culture financière, et c’est de loin le meilleur moyen de préparer leur avenir.

Méthodologie : Étude et analyse réalisées de mai à décembre 2021 sur un échantillon de 2053 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Acteurs majeurs du marché de l’investissement immobilier, la plateforme Fundimmo et la société de gestion ATLAND Voisin se sont associées à travers une étude OpinionWay inédite pour mieux comprendre la relation des femmes à l’investissement.

nv-author-image

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

Laisser un commentaire