Crédits : l’inquiétante auto-satisfaction de la Banque de France

Crédits : l’inquiétante auto-satisfaction de la Banque de France

La Banque de France a publié une communication statistique dans laquelle elle ne s’alarme pas outre-mesure de la baisse de production de crédits. Pourtant, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a renouvelé ses recommandations concernant l’octroi des crédits. L’avis de Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de CAFPI.

Une décélération temporaire pour la Banque de France

La Banque de France n’y voit qu’une décélération temporaire et annonce même un retour à la normale en juillet. Alors que le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a renouvelé ses recommandations concernant l’octroi des crédits.

En effet, l’étude de la Banque de France commente les trois premiers mois de l’année. Dès lors, elle ne peut pas tout mettre sur le compte du confinement. Car il n’est survenu que le 16 mars. Il faut donc trouver des origines plus crédibles au ralentissement de l’activité.

Qui qu’il en soit, la note de la Banque de France élude soigneusement les mesures de restriction prises en début d’année par le HCSF. Elle évite aussi d’évoquer l’absence de mesure concernant le taux de l’usure, trop vite atteint par les banques. Enfin, elle ne consacre pas un mot à la remontée des barèmes par les établissements prêteurs. Alors que cette mesure contribue à exclure du marché les revenus les plus modestes. Ce sont pourtant là que résident les causes racines du ralentissement de l’activité de crédits.

Un cycle négatif qui exclue de plus en plus d’acheteurs

Les banques n’ont pas eu d’autre choix que d’appliquer à la lettre les recommandations du HCSF. Aussi, elles se sont concentrées sur les meilleurs profils. Avec pour conséquence, une baisse de la moyenne des taux pratiqués et du taux d’usure. De fait, à l’arrivée du COVID-19, les taux sont remontés, renforçant à nouveau l’effet ciseaux et excluant toujours plus d’acquéreurs potentiels.

De même, comment prédire un retour à la normale en juillet, alors que tout le monde sait bien que l’avenir ne va pas aller en s’améliorant ? Le pays et la planète sont entrés dans une crise économique sans précédent.

Les prévisions de hausse du chômage et de fermetures d’entreprises n’augurent rien de bon pour les mois à venir. Selon les experts, on devrait s’attendre à une baisse de 20 à 30 % de l’activité immobilière en 2020. Des analyses qui ne laissent même pas entrevoir de reprise en 2021.

Redonner le “droit d’emprunter” pour se loger

C’est pourquoi, sans plus attendre, il est urgent de redonner le “droit d’emprunter” pour se loger aux nombreux ménages rejetés et pourtant solvables. Or actuellement, le taux d’usure exclut trop de profils particuliers, empêchés de réaliser leurs projets immobiliers.

En sorte que les recommandations du HCSF écartent de nombreux primo-accédants faute d’apports nécessaires et d’investisseurs, bloqués par la limite des 33 % d’endettement.

Le gouvernement doit au contraire pousser à l’action. Il doit prôner l’efficience pour faire en sorte que le second semestre amortisse la perte d’activité du début d’année. À cette fin, il serait bien inspiré d’écouter la Commission européenne.

Afin d’être cohérent avec ce qu’a proposé cette dernière, il devrait se sentir obligé de passer outre les recommandations du HCSF. De même, il devrait suspendre temporairement le taux d’usure, avant de le réformer en profondeur.

Un plan de relance de l’immobilier s’impose

Ensuite, il importe de penser déjà à 2021. Un plan de relance de l’immobilier s’impose. Pour l’orchestrer, le gouvernement doit se saisir de tous les outils à sa disposition :

  • élargissement du PTZ dans le neuf et l’ancien,
  • retour de l’APL Accession,
  • pérennisation du dispositif Pinel,
  • accentuation immédiate de la baisse des droits de mutation, au lieu de la reporter à janvier 2021.

Il faut se mettre au travail dès maintenant afin que ces mesures figurent dans le projet de Loi de finances pour l’année prochaine. Car, pour relancer la machine France, il n’a pas encore été inventé de meilleur carburant pour l’emploi et la création de richesses que le bâtiment et le logement. Cette réalité est incontestable et concrète. C’est de cela dont le pays a besoin.


À propos de CAFPI

Créée en 1971 par Elie Assouline, CAFPI s’est rapidement imposée comme le N°1 des courtiers en prêts immobiliers. Sa vocation : rendre le crédit immobilier plus simple et plus accessible à chacun. CAFPI poursuit son essor et compte à ce jour près de 1 400 collaborateurs et 220 agences en France.


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