Crédits immobiliers : les banques innovent face aux courtiers

Crédits immobiliers : les banques innovent face aux courtiers

Xerfi a mené l’enquête sur les enjeux concurrentiels du marché des crédits immobiliers à l’horizon 2023. Certes, la production de nouveaux crédits à l’habitat ne connaît pas la crise. Pour autant, la concurrence fait rage. Les banques lancent la contre-offensive face aux courtiers.

La production de nouveaux crédits immobiliers en pleine croissance

Après les sommets de 2020 et des cinq premiers mois de 2021, la production de crédits immobiliers passera la barre des 250 milliards d’euros à l’horizon 2023. Selon les prévisions des experts de Xerfi Precepta, tous les éléments sont réunis pour un atterrissage en douceur du marché.

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GRDF 2021

En premier lieu, considérons le nouveau plancher historique des taux de crédit à l’habitat. Il est fixé à 1,19% en moyenne de janvier à mai 2021, toutes durées confondues. Par ailleurs, le taux d’effort des emprunteurs est remonté fin 2020 à 35% de leurs revenus.

crédits immobiliers : : les banques innovent face aux courtiers

Enfin, chaque année, un million de transactions dans l’ancien se financent par des crédits à l’habitat. De sorte que l’investissement locatif conserve son statut de valeur refuge.

Face à cette nouvelle avalanche de crédits immobiliers dans un contexte de taux bas pesant sur leurs marges, les banques doivent innover. Aussi, elles misent sur la vente de produits annexes comme l’assurance emprunteur, la caution ou encore l’assurance habitation. Elles cherchent également à se passer des services des courtiers en crédit. Enfin, pour réduire leurs coûts et gagner en efficacité, elles accélèrent également leur présence dans le crédit à l’habitat digital.

Le marché des crédits immobiliers a très bien résisté à la crise sanitaire

L’exercice 2021 va s’achever sur une hausse de près de 7% des transactions immobilières dans l’ancien. Or en 2020, on avait observé un repli de 4,0%. Cette performance s’inscrit dans un contexte de récupération de l’économie française plus rapide que prévue.

De ce fait, la crise n’a pas eu de conséquences néfastes sur les projets immobiliers des ménages. Au contraire, la volonté des accédants de conclure leurs opérations a été très forte. D’ailleurs, plusieurs facteurs favorables ont dynamisé le marché. C’est notamment le cas des conditions de financement encore très attractives.

Dans un autre registre, la crise a engendré de nombreux projets de changements de résidence. Enfin, le manque d’offres dans le neuf a poussé certains acquéreurs vers l’ancien. D’autant plus qu’ils pouvaient bénéficier de certains dispositifs d’aide pour la rénovation énergétique : MaPrimeRénov’, Denormandie, éco-PTZ, etc. Des mesures bien plus attractives que celles qui soutiennent le marché du neuf : PTZ +, Pinel.

“ Globalement, le marché des crédits immobiliers a très bien résisté à la crise sanitaire. Soutenue par la faiblesse persistante des taux et les projets immobiliers issus des nouvelles aspirations des Français. La production de nouveaux crédits a ainsi bondi de 2,4% en 2020 puis de 5% en 2021 pour atteindre 265 milliards d’euros.” – Samshad Rasulam, Chargée d’études – XERFI ETUDES.

À la faveur des nouvelles baisses des taux d’intérêt, les demandes de renégociations sont reparties de l’avant. Désormais, elles représentent 25% de la production. Aussi, on peut penser que la production de nouveaux crédits immobiliers restera à un niveau élevé à l’horizon 2023. Ainsi, le léger recul de la production à venir sera accompagnée d’une hausse des cotisations d’assurance emprunteur. Selon les calculs des experts de Xerfi Precepta, elles représentent désormais 7,5 milliards d’euros.

Les banques lancent la contre-offensive face aux courtiers

Présentes dans la production et la distribution, les grandes banques françaises dominent nettement le marché des crédits immobiliers aux particuliers. Propriétaire des réseaux des caisses régionales du Crédit Agricole et des agences LCL, Groupe Crédit Agricole fait ainsi la course en tête. Assurément, ses encours sont de l’ordre de 427 milliards d’euros en 2020. Arrivent ensuite BPCE et Groupe Crédit Mutuel.

Malgré les multiples réformes réglementaires visant à ouvrir le marché à la concurrence, les banques dominent également les segments de l’assurance emprunteur et du cautionnement des prêts.

En dépit de l’attractivité de leurs offres, les banques en ligne restent en retrait sur ce marché des crédits immobiliers. D’ailleurs, pour l’instant, les banques mobile first et néobanques ne sont pas présentes sur ce marché. Seule la filiale de BNP Paribas, Hello Bank fait exception à la règle.

Quant aux courtiers en crédits immobiliers, ils ne cessent de gagner du terrain. Ils représentaient ainsi 40% de la production de crédit début 2021, contre 37% en 2020 et 35% en 2019. Dans un contexte de taux bas et face à un marché ultraconcurrentiel, les banques cherchent à imposer de nouvelles règles.

Tous les moyens sont explorés pour tenter d’évincer leurs courtiers partenaires. Comme, celui qui consiste à réduire leur taux de commissionnement. Ainsi, les banques se montrent plus sélectives en retenant les acteurs les plus solides. Elles n’hésitent pas à dénoncer les conventions avec les intéressés.

“ Toutefois, le durcissement des conditions d’octroi des prêts fin 2019, la multiplication des fermetures d’agences bancaires. Voire leur caractère de passage obligé dans les zones tendues comme l’Ile-de-France a joué en faveur de ces intermédiaires.” – Samshad Rasulam.

Les banques accélèrent leur transformation digitale

Dans le courtage en crédit, la relation en face à face demeure centrale. Les initiatives lancées par les courtiers pour densifier leur maillage territorial restent donc d’actualité.

En revanche, alors que l’agence bancaire reste le canal privilégié pour la souscription d’un crédit immobilier, les banques ont augmenté leurs investissements digitaux. Automatisation des process, dématérialisation et gestion électronique des documents ou encore signature électronique sont autant de potentialités offertes par le numérique. Des solutions innovantes pour réduire leurs coûts et gagner en efficacité.

Aussi, elles s’engagent dans des logiques servicielles. Certains établissements ont même lancé des plateformes dédiées à l’accompagnement des projets immobiliers de leurs clients, à l’image de Gustave BonConseil de Cardif.

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