
L’épidémie du Coronavirus pourrait bien avoir d’autres effets secondaires. Face à l’angoisse des investisseurs sur l’impact du Covid-19, les emprunts d’État à dix ans s’enfoncent en territoire négatif. Un mouvement à la baisse qui pourrait bien se répercuter sur les taux de crédit immobilier d’après le courtier Vousfinancer.
Un taux d’emprunt d’État au plus bas
Annulation des rassemblements culturels et sportifs, chute de la bourse, baisse du tourisme… Décidément, l’épidémie du Coronavirus ne se limite pas qu’au domaine sanitaire. En ce début de mois de mars, les taux d’emprunt d’État sont retombés en territoire négatif. Selon l’HCSF, ces taux atteignent -0.31 % pour l’OAT 10 ans.
L’explication est simple : l’instabilité du contexte actuel, boursier et sanitaire, oblige les investisseurs à privilégier les placements non risqués. Ainsi, les emprunts d’État des pays impactés voient leur taux diminuer.
D'autre part, ces incertitudes économiques causée par le Coronavirus devraient inciter la Banque Centrale Européenne à poursuivre sa politique de taux accommodante. De plus, elles devraient contribuer au maintien des taux bas.
En effet, si cette baisse des taux d’emprunt se poursuit, elle pourrait aider à la reconstitution des marges des banques. En mars, une grande banque nationale a baissé ses taux de 0.10 % sur toutes les durées. De même, une banque régionale les a diminué de 0,07 %. Mais globalement, la plupart des banques ont laissé leurs taux stables. À noter : ces taux s'appliquent uniquement sur les tranches de revenus les plus modestes, sur les dossiers sans apport ou sur les durées les plus longues.
Pour la première fois, une banque propose une décote de 0.10 % pour des dossiers de résidence principale avec un taux d’endettement inférieur à 33 %, sous condition de revenus.
Les taux moyens sont actuellement de : 1,15 % sur 15 ans ; 1,35 % sur 20 ans ; 1,55 % sur 25 ans et les taux les plus bas sont de 0,8 % sur 15 ans ; 0,9 % sur 20 ans et 1 % sur 25 ans.
Les investisseurs impactés par les recommandations
Depuis quelques semaines, la contamination du coronavirus progresse, et cette fois, elle influence les marchés financiers. Les investisseurs sont les premiers impactés par les recommandations du HCSF qui préconise de limiter les durées de prêts à 25 ans et d'emprunter avec un taux d'endettement inférieur à 33 %.
D'après l’analyse réalisée par Vousfinancer, l’autorité met la pression sur les banques afin de ralentir l’attribution de crédit immobilier.
“Les investisseurs sont inévitablement impactés car, pour maximiser l'effet levier du crédit. Ils empruntent avec le moins d'apport personnel possible” – Jérome Robin, Directeur général de Vousfinancer.
Ces restrictions pèsent sur les candidats puisque 27 % des dossiers investisseurs ont été refusés depuis janvier 2020, contre 22 % en 2019. Ce nombre de refus a augmenté de 13 %, alors que les profils présentés aux banques sont excellents en termes de revenus.
L’immobilier comme valeur refuge en période d'incertitude
Bien qu’il soit encore trop tôt afin d’évaluer l’impact du Coronavirus sur l’économie, on observe que les bourses mondiales connaissent une semaine noire. Dans ce contexte actuel de régression des valeurs boursières, le marché immobilier apparaît comme valeur refuge. En effet, l’immobilier pourrait continuer à attirer de nouveaux investisseurs.
Les investisseurs représentaient entre 20 et 25 % des acheteurs en 2019. Ce mouvement pourrait se poursuivre, seulement si les banques acceptent de les financer. La demande de crédit devrait rester soutenue en dépit des recommandations du HCSF qui ne découragent pas les acheteurs.
“ Les recommandations du HCSF n’ont pas découragé les acheteurs qui parfois ne mesurent pas l’impact que cela peut avoir sur l’acceptation ou non de leur dossier .” – Sandrine Allonier, Directrice de la communication chez Vousfinancer.
Du côté des taux de crédit, la politique des banques centrales limite le ralentissement économique qui devrait contribuer au maintien des taux bas. Cependant, elle ne devrait pas avoir d’impact sur l’offre de crédit qui semble surtout être dictée par le HCSF.


































