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Développement durable

Construction durable : le coût énergétique des matériaux en question

construction durable et rénovation

Dans le domaine de la construction durable et de la rénovation, le choix des matériaux est crucial. En effet, ils doivent tenir compte non seulement de l’impact énergétique et environnemental, mais également de leur durée de vie, de l’exploitation au recyclage. Comment améliorer la qualité des logements tout en réduisant la consommation d’énergie ? Sommes-nous disposés à investir dans une construction écologique ?

Sommaire

  • Une construction plus écologique avant les années 30
  • À la recherche de l’énergie grise pour une construction durable
  • Des matériaux plus écologiques pour une construction durable
  • Construction durable : une vision d’ensemble
  • La « Haute Qualité Environnementale » (HQE)
  • Conclusion

Une construction plus écologique avant les années 30

Vous devez savoir qu’avant les années 1930, on produisait moins de déchets. En ce sens, les matériaux de la construction provenaient d’environnements propres. C’est notamment le cas de l’argile, de la pierre et du bois. C’est après 1945 que l’on a commencé à intégrer des composants pétrochimiques dans les matériaux de construction.

En effet, le pétrole s’est progressivement imposé. En 2015, le secteur de la construction a consommé 3,7 mégatonnes équivalent pétrole (Mtep) d’énergie. Soit 2,5 % de la consommation finale d’énergie en France. Ainsi, les produits pétroliers représentaient près de 90 % de l’énergie consommée. À cette époque, on ne se préoccupait par encore des habitants et de l’environnement.

Pourtant, à partir des années 1980, on observe une première prise de conscience de cette dérive dans certains pays nordiques. Aussi, les premiers pays à introduire des matériaux plus respectueux sont la Norvège, l’Allemagne et l’Autriche.

En Belgique, ce n’est qu’au début des années 1990 que les produits écologiques ont commencé à se développer. Enfin, ce n’est véritablement qu’à partir de 2010 que le commerce des produits écologiques a réellement pris de l’importance.

À la recherche de l’énergie grise pour une construction durable

En matière de rénovation ou de construction durable, les experts préconisent d’utiliser des matériaux faibles en énergie grise. Comment définir l’énergie grise d’un matériau ? Cela désigne l’énergie nécessaire sur tout le cycle de vie d’un produit. C’est-à-dire, la somme de l’énergie utile à l’extraction, la production, le transport, l’utilisation et le recyclage d’un matériau ou d’un produit.




L’énergie grise sert à estimer le “vrai” coût énergétique d’un produit

L’énergie grise sert donc à estimer le “vrai” coût énergétique d’un produit. L’objectif est de pouvoir mieux en cerner son impact écologique afin de rechercher les matériaux les plus écologiques.

En cela, on peut privilégier des produits naturels, mais également des productions locales. Car, l’acheminement des matières premières a aussi un effet néfaste pour l’environnement. Il pèse dans la consommation totale d’énergie. C’est pourquoi, l’énergie grise d’un matériau n’apparaît pas au premier coup d’œil. Elle est parfois difficile à chiffrer parce que beaucoup de paramètres, parfois aléatoires sont à considérer.

Les principaux paramètres du calcul considèrent l’énergie dépensée lors de :

  • la conception du produit ou du service ;
  • l’extraction et le transport des matières premières ;
  • la transformation des matières premières, de la fabrication du produit ou lors de la préparation du service ;
  • la commercialisation du produit ou du service ;
  • l’usage ou la mise en œuvre du produit ou lors de la fourniture du service ;
  • démantèlement et du recyclage du produit.

Une vision d’Analyse du Cycle de Vie

Les matériaux sont alors considérés dans une vision d’Analyse du Cycle de Vie (ACV). En effet, il est important d’examiner l’impact environnemental complet d’un matériau ou produit, à chaque étape de sa vie. En cela, on pourra considérer des effets comme :

  • la déperdition de chaleur,
  • l’utilisation d’eau ou d’énergie,
  • les émissions de gaz à effet de serre,
  • la production de déchets,
  • les impacts directs, tels que la pollution, les rejets de substances toxiques, etc.

La longévité d’un matériau va peser dans le choix de fabrication d’un produit. C’est pourquoi, il faudra trouver le juste équilibre entre l’énergie grise et l’espérance de vie d’un matériau.

Des matériaux plus écologiques pour une construction durable

Comme on vient de le voir, le choix des matériaux doit tenir compte de l’impact énergétique et environnemental, de leur durée de vie, de l’exploitation au recyclage. Pour autant, un autre aspect important est à considérer en matière de construction durable : la santé des travailleurs et des habitants.

Des matériaux plus écologiques pour une construction durable

Des matériaux plus écologiques pour une construction durable

 

À juste titre, des matériaux naturels, non toxiques et écologiques contribueront à une bonne qualité de l’air et minimiseront tout impact négatif sur la santé. Dès lors, il est fortement recommandé d’utiliser des matériaux peu énergivores, de provenance locale, naturels, recyclés et possédant une longue durée de vie.

Toutefois, comment peut-on reconnaître ces produits parmi tous ceux proposés sur le marché des travaux et de la rénovation ? À cet effet, plusieurs labels existent : Nature Plus, Ecolabel européen, bois, FSC, PEFC, NF Environnement, etc. D’ailleurs, ces labels mettent l’accent sur les ressources renouvelables et les matériaux d’origine végétale.

Construction durable : exemples de matériaux isolants et écologiques

En matière d’isolants écologiques, citons l’exemple de la cellulose de papier ou ouate de cellulose. Elle est produite dans plus de 27 usines en Europe. En effet, la cellulose de papier est un isolant thermique exceptionnel. Ce produit se présente sous forme de panneaux rigides, de flocons de papier (récupération des journaux utilisés), ou encore de granulés.

En règle générale, on l’utilise pour isoler des planchers, des parois ou des toitures. L’un des grands avantages de la cellulose en vrac dans le cas de rénovation, est qu’elle peut être insufflée dans les combles perdus ou murs creux sans avoir à tout démolir.

Par ailleurs, le chanvre est un isolant végétal dont découlent plus de 1000 produits. Il présente l’intérêt d’absorber le CO2 et contribue ainsi à réduire l’effet de serre. De plus, il ne nécessite aucun traitement chimique lors de sa production, puisqu’il est résistant aux rongeurs. Enfin, aucun déchet ne résulte de sa production parce que tout est récupéré. En cela, il est aussi tout à fait recyclable. De sorte que le chanvre peut être utilisé comme matériau isolant tout en sachant qu’il purifie les sols, absorbe le CO2 et régule l’humidité.

Le chanvre est idéal pour le confort thermique et le bien-être de l’habitant

Grâce à ses nombreuses qualités, le chanvre est idéal pour le confort thermique et le bien-être de l’habitant. Ainsi, il remplace une consommation énergétique accrue. On peut, par exemple, éviter l’installation de climatiseurs.

Par ailleurs, on peut l’utiliser aussi bien en matière de construction durable que de rénovation. Puisqu’il supporte une utilisation modulable selon les performances recherchées : acoustique, technique ou esthétique. Notons que la plante est essentiellement transformée en deux matériaux de base :

  • la fibre de chanvre, avec laquelle on peut faire du papier, de la corde, des laines isolantes etc.,
  • la chènevotte, tiges de chanvre broyées. Elles sont utilisées pour créer des matériaux de construction. Légers et résistants, les matériaux à base de chanvre garantissent une durabilité optimale.

Exemples d’utilisations courantes

  • Béton et mortier. Ils sont obtenus par un mélange de chènevotte et de chaux. En effet, ces bétons poreux, isolants et légers sont faciles d’utilisation. Ils sont recyclables et souvent de composition entièrement naturelle. Selon les mélanges, on peut également les retrouver sous forme de briques, nécessitant nettement moins d’énergie pour leur production que leurs équivalents en terre cuite, ou sous forme de dalles isolantes ;
  • Laines isolantes. Elles présentent des performances comparables aux autres types de laines et sont recyclables. Généralement retrouvées sous forme de rouleaux ou de panneaux semi-rigides, elles sont simples à positionner. Enfin, les laines de chanvre sont non irritantes, très résistantes et peu appréciées des nuisibles ;
  • Enduits isolants. Souvent à base d’un mélange chaux et chanvre, ces enduits sont généralement utilisés pour la rénovation et l’isolation de vieux murs. À cet effet, ils permettent un fini esthétique ;
  • Le liège et la fibre de coco sont également d’excellents produits. Ils présentent un bilan carbone positif. Le liège est considéré comme un matériau révolutionnaire pour la construction écologique. Cependant, sa surexploitation pourrait entraîner sa disparition. Puisque les cycles de 25 ans de ce produit naturel sont de moins en moins respectés. Or, si l’on ne prend pas en compte le facteur environnemental, le coût écologique d’une telle production pourrait en annihiler les effets bénéfiques dans la construction.

Enfin, prenons deux exemples d’enduits : l’argile qui régule le taux d’humidité et la chaux qui purifie les pièces. Ils consomment très peu d’énergie lors de leur production. De plus, ils améliorent la qualité de l’air avec un impact positif sur la santé des habitants.

Des techniques pour créer naturellement des économies de ressources et d’énergie

Par ailleurs, il existe des techniques pour créer naturellement des économies de ressources et d’énergie. Ceci est applicable pour ventiler la maison, mais également pour son acoustique. Il en est de même avec la lumière. Ainsi, on va s’efforcer de faire entrer le plus possible de lumière naturelle dans la maison ou le logement. Pour cela, on exploitera efficacement les toitures et l’orientation de la maison.

Pour finir, la question des sanitaires peut aussi s’avérer un sujet de réflexion. Certes, l’utilisation de toilettes sèches fonctionne bien. Cependant, cette pratique n’est pas réellement ancrée dans les mentalités. Pourtant, ce système est performant et pour les plus récalcitrants, il existe de plus en plus de modèles automatiques. Toutes ces techniques simples ne sont pas forcément exploitées au moment de la construction. En effet, l’ingénieur maîtrise l’aspect technique de la partie des travaux qu’il traite, mais n’a pas toujours le recul nécessaire pour avoir une vue d’ensemble.

Construction durable : une vision d’ensemble

Construire durablement oblige avant tout à disposer d’une vue d’ensemble. Le fait d’utiliser de bons matériaux ou de faire appel à de bons constructeurs est important. Toutefois, cela n’est pas suffisant si l’on ne conduit pas de façon cohérente l’articulation des différents composants qui interviennent dans le processus de la construction.

Car, il faut à tout prix éviter les réactions contre-productives. Il s’agit, tant pour le particulier que pour le professionnel, d’avoir une réflexion globale et non pas sectorielle. Aussi, d’amont en aval de l’utilisation de matériaux écologiques, cette vision doit tenir compte de l’habitant, du travailleur et de l’environnement.

C’est pourquoi, l’utilisation de matériaux écologiques tels que le papier, le bois ou le chanvre peut provenir de filières locales. Parfois, il peut être préférable d’aller chercher ces matériaux hors du pays.

En réalité, il ne faut pas systématiquement rejeter un produit parce qu’il vient de loin. Une réflexion générale peut aussi se nourrir du commerce équitable, et ainsi participer à une démarche de développement durable. Citons le cas de productions de fibre de coco dans le cadre d’une coopérative de travail de femmes dans les pays du Sud. De toute évidence, l’écologie et la construction durable ne se réduisent pas à des chiffres. Pour certains, cette approche globale peut aussi s’avérer philosophique.

La « Haute Qualité Environnementale » (HQE)

Plus concrètement, la construction durable est associée à la “Haute Qualité Environnementale” (HQE). Cette dernière se constitue d’un ensemble de 14 cibles. Ce sont autant d’objectifs posés au moment de la conception. Aussi, on distingue ceux qui visent à maitriser les impacts environnementaux extérieurs ou intérieurs.

Éco-construction

  1. Relation des bâtiments avec leur environnement immédiat
  2. Choix intégré des procédés et produits de construction
  3. Chantier à faibles nuisances

Éco-gestion

  1. énergie
  2. eau
  3. déchets d’activité
  4. entretien et de la maintenance

Confort

  1. hygrothermique
  2. acoustique
  3. visuel
  4. olfactif

Qualité sanitaire

  1. des espaces
  2. de l’air
  3. de l’eau

Lorsque l’on entreprend une construction durable, il s’agit dans un premier temps d’étudier l’urbanisme. Pour ce faire, il faut communiquer avec les habitants, les politiques et les promoteurs. Aussi, lorsque l’on décide d’habiter en ville, il convient de prendre les transports en commun. Avec un véhicule polluant pour se rendre à son travail, on risquerait d’annuler les effets bénéfiques de la construction basse consommation.

Enfin, il convient de préserver la biodiversité. Lors de la construction, il faut profiter des ressources naturelles présentes sur le terrain. Grâce à de nouvelles formes architecturales, de nouvelles courbes, en travaillant les toitures (végétales…), on peut mieux contrôler la consommation d’énergie. C’est aussi le cas si l’on fait entrer la lumière ou si l’on applique des peintures adaptées, etc.

Conclusion

Le défi que nous devons relever pour réduire l’émission de gaz à effet de serre nous incite à repenser nos modes de construction. En effet, la construction, outre sa consommation importante de matières premières, est à l’origine de plus de 40% de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre.

Dès à présent, la construction et la rénovation doivent s’engager dans la réduction de la consommation d’énergie. Ainsi, la construction durable vise à privilégier les énergies renouvelables. Cette volonté résulte de plusieurs facteurs :

  • l’augmentation vertigineuse des coûts de l’énergie,
  • l’introduction de nouvelles réglementations contraignantes,
  • les problèmes environnementaux.

Désormais, l’empreinte écologique et énergétique se fait davantage à l’échelle du quartier. Cette réflexion englobe alors tous les aspects de son fonctionnement : logement, éclairage urbain, transport, etc. De plus, on peut facilement améliorer la qualité des logements, sans pour autant augmenter considérablement les coûts globaux. D’autant plus que le faible niveau des charges de chauffage permet de réaliser des économies par la suite. Dans tous les cas, il faut éviter de ne tenir compte que des dépenses immédiates. En matière de construction durable, le calcul doit porter sur la vie entière du bâtiment.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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