Chronique Hebdo Copro : Gestionnaires de copropriété, améliorer les conditions de travail

Après les honoraires de syndic, nous attaquons sur les conditions de travail des gestionnaires de copropriété. Finalement, on ne connaît pas bien ce métier qui n’a pas forcément une très bonne image et pourtant il est incontournable pour assurer la bonne gestion de notre patrimoine immobilier.

C’est pourquoi l’Association Nationale des Gestionnaires de Copropriété (ANGC) que j’ai déjà eu l’occasion de vous présenter, a mené une enquête nationale auprès des gestionnaires de copropriété, collaborateurs salariés du syndic afin de mieux appréhender les différentes spécificités de ce métier.

Ces données serviront par la suite de support à l’élaboration d’une charte. Cette enquête a pour objectif de mieux connaître les conditions de travail des métiers de la copropriété pour sensibiliser l’ensemble des acteurs aux difficultés rencontrées sur le terrain.

Une démarche que je soutiens personnellement car le métier de gestionnaire n’a pas la cote auprès des jeunes et la relève va s’avérer compliqué si l’on ne fait rien pour y remédier.

 

 

Dans cette étude, on apprend que le temps de travail dépasse les 46 heures par semaine pour 85 % des directeurs et 56 % des gestionnaires. Le constat est le même à Paris ou en province.

 

 

Bon vous me direz, ils ne sont pas les seuls à travailler plus de 35 heures par semaine. Je suis d’ailleurs moi-même dans ce cas mais quand vous travaillez autant pour gagner tout juste le SMIC, là vous m’accorderez que ce n’est pas normal et pourtant ils sont 20 % dans ce cas de figure alors qu’ils travaillent entre 56 heures et 60 heures par semaine.

Je sais bien que le salaire dépend du niveau de qualification et de l’expérience acquise, et bien justement l’âge moyen des répondants est de 37 ans, le nombre d’années d’expérience est en moyenne de 10 ans. De plus, la majorité des répondants disposent d’un bac + 2 bac + 3.

Cherchez l’erreur mais ce n’est pas tout ! 29 % des gestionnaires et directeurs n’ont pas de RTT. La rémunération moyenne des gestionnaires et directeurs est de 36.000 € et un peu plus sur Paris où on avoisine les 42.500 €.

Alors là vous vous dites c’est pas mal pour un fixe car comme tout le monde le sait, les gestionnaires complètent leur salaire avec des primes. Et bien détrompez-vous ! Si effectivement une prime peut-être accordée pour la tenue des assemblées générales, les résultats de l’enquête indiquent environ 32 % des répondants ne perçoivent aucune prime et que pour 22 %, celle-ci est inférieure à 1.000 €.

Il y a encore beaucoup de choses à faire pour fidéliser les collaborateurs et éviter le turn-over des gestionnaires qui cherche désespérément à améliorer leur situation. On pourrait suggérer de mettre en place des dispositifs divers tels que l’intéressement aux résultats, l’entrepreneuriat ou la participation au processus décisionnel de l’entreprise.

Les gestionnaires travaillent beaucoup et aussi à des horaires où vous comme moi, sommes au chaud à la maison. Et oui, il faut bien assurer les assemblées générales sachant que 83 % des réunions se terminent après 19h, 23 % des gestionnaires déclarent avoir plus de 20 réunions par an terminant après 21h.

Dans ces conditions, pas facile de concilier vie professionnelle et vie extra-professionnelle. Il faudrait peut-être repenser l’organisation du travail au sein des cabinets par le télétravail, le temps de repos en période d’assemblées générales, ou encore la tenue d’AG en journée.

Autres difficultés à surmonter, la surcharge de travail car si nos gestionnaires travaillent beaucoup, c’est aussi parce qu’ils ont trop d’immeubles à gérer.

 

 

La composition du portefeuille est de 30 à 50 immeubles en moyenne, mais 14 % déclarent en gérer plus de 60.

 

 

Pour Gilles Frémont président de l’ANGC, ce point est primordial. Selon lui, il est important de confier aux collaborateurs un volume raisonnable d’affaires à gérer en terme de nombre d’immeubles et de lots, en tenant compte des caractéristiques des biens, de l’expérience et des compétences du collaborateur et bien sûr des moyens mis à disposition.

Du coup, comme on pouvait s’y attendre, la note du bien-être au travail sur une échelle de 1 à 10 ne dépasse pas 5,9.

La principale difficulté évoquée est la relation clientèle conflictuelle et parfois même celle avec les fournisseurs. C’est grave lorsque l’on atteint 23 % de répondants qui déclarent avoir été malade psychiquement et 51 % qui disent avoir subi des propos racistes, homophobes, sexistes de la part de leurs clients.

Pas étonnant non plus que 27 % souhaitent changer de secteur d’activité dans 1 à 5 ans. Mais sans aller jusque-là, ils sont quand même 27 % à souhaiter changer de cabinet avec le plus souvent un projet d’évolution.

D’ailleurs les gestionnaires estiment ne pas être formés, surtout depuis l’introduction des modifications induites par la loi ALUR. Ils sont plus de 70 % à pratiquer l’auto-formation, pour suivre par eux-mêmes les évolutions législatives.

Il faudrait peut-être penser à adapter au plus près les formations proposées par les écoles et permettre ainsi un meilleur accès aux métiers de la copropriété.

En conclusion, on peut retenir que pour la plupart des répondants, l’amélioration du métier est fortement liée à la relation entretenue avec les clients. Ce qu’ils souhaitent avant tout c’est obtenir plus de respect.

La pression de la réglementation, la surcharge de travail, le manque de formation sont autant de pistes à considérer pour améliorer l’exercice du métier.

Que pensez-vous des conditions de travail des gestionnaires ? Comment faire évoluer ce métier et donner envie aux jeunes de l’exercer ?

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« L’hebdo copro », chaque lundi, retrouvez Isabelle DAHAN, fondatrice de Monimmeuble.com pour un point sur l’actualité de la copropriété. Cette chronique est diffusée sur la radio web de l’immobilier : Radio Immo.

En savoir plus sur les gestionnaires de copropriété

Chronique enregistrée le 5 mars à 17h10, durée : 4 minutes.

Vous pouvez retrouver cette chronique sous forme de podcast ICI

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