+4,7% en 2025 : les charges de copropriété ne baissent pas. Selon le Baromètre Matera 2026, chaque lot a coûté 43 € de plus cette année. L’énergie n’est plus le principal coupable. Les assurances multirisques immeubles, en hausse de +16%, prennent le relais. Derrière cette moyenne nationale, des écarts saisissants : les Pays-de-la-Loire atteignent +13,3%, la PACA +8,2%. Le dérèglement climatique s’invite désormais directement dans les budgets des copropriétaires.
Sommaire :
- Les assurances, nouveau moteur de la hausse des charges de copropriété
- Quelles régions subissent les plus fortes hausses ?
- L’Île-de-France : toujours le niveau de charges le plus élevé de France
- Comment limiter la hausse des charges de copropriété ?
À retenir – Charges de copropriété en hausse en 2025
- Les charges de copropriété ont bondi de +4,7% en 2025, soit 43 € de plus par lot.
- Les assurances multirisques immeubles (+16%) deviennent le premier moteur de la hausse.
- Les Pays-de-la-Loire subissent la plus forte hausse régionale avec +13,3%.
- L’Île-de-France reste la région la plus chère : 1 158 € par lot et par an.
- Renégocier chaque année les contrats d’assurance et de maintenance est le levier le plus efficace.
Les assurances, nouveau moteur de la hausse des charges de copropriété
Un tournant après la crise énergétique
Pendant deux ans, l’énergie a tiré les charges de copropriété vers le haut. En 2025, la donne change. Les copropriétés en chauffage individuel enregistrent +3,9% d’augmentation. Mieux encore, les copropriétés raccordées au chauffage urbain ou collectif voient leurs charges légèrement diminuer (-0,5%). Ce recul traduit un retour progressif à la normale sur les marchés de l’énergie. Il reflète aussi les efforts de rénovation énergétique engagés dans certaines copropriétés énergivores.
Or, ce répit ne se traduit pas par une baisse globale des charges de copropriété. Au contraire, d’autres postes du budget prévisionnel prennent le relais. Ils accentuent la pression sur le budget des ménages.
Les frais tertiaires en forte progression
En 2025, les frais tertiaires tirent les charges vers le haut. Les assurances multirisques immeubles progressent de +16%. Les contrats de maintenance augmentent, eux, de +12%. Ces deux postes constituent désormais le principal moteur de la hausse des charges communes en France. Ils pèsent directement sur les appels de fonds adressés aux copropriétaires chaque trimestre.
La cause est directe : les sinistres déclarés se multiplient. Inondations, sécheresse, incendies… Ces événements naturels se répercutent mécaniquement sur les primes d’assurance. En conséquence, les assureurs réévaluent leur exposition au risque et répercutent la hausse sur les contrats groupe. Dès lors, la sinistralité croissante rend la couverture climatique de plus en plus coûteuse pour les immeubles collectifs.
« Les assurances sont devenues le principal moteur de la hausse des charges de copropriété. Dans certaines régions, les augmentations peuvent être spectaculaires. Pour limiter la facture, il est nécessaire de mettre en concurrence chaque année les contrats d’assurance mais aussi de maintenance de la copropriété afin d’obtenir le meilleur rapport qualité-prix. » — Raphaël Di Meglio, Président de Matera.
Quelles régions subissent les plus fortes hausses ?
Le risque climatique, facteur déterminant des disparités régionales
La hausse des charges de copropriété ne touche pas uniformément le territoire français. Les régions les plus exposées aux aléas climatiques enregistrent des progressions pouvant atteindre près du double de la moyenne nationale. C’est l’une des conclusions majeures du Baromètre Matera 2026. Le lien entre sinistralité locale et niveau des primes d’assurance multirisque immeuble est désormais direct et documenté.
Trois régions se distinguent particulièrement :
- Pays-de-la-Loire : +13,3%, soit 80 € supplémentaires par lot et par an. La région subit une augmentation de l’assurance de +19%, en raison de son exposition aux inondations, submersions marines et tempêtes.
- Provence-Alpes-Côte d’Azur : +8,2%, soit 40 € supplémentaires par lot et par an. Les feux de forêt et la sécheresse font grimper les coûts. L’assurance reste le moteur principal, avec +18% entre 2024 et 2025.
- Bretagne : +7,1%, soit 42 € supplémentaires par lot et par an. Les tempêtes et submersions marines pèsent sur les tarifs d’assurance et fragilisent le budget de copropriété.
En revanche, la région Grand Est affiche la progression la plus faible avec +2,7%. Son moindre niveau d’exposition climatique contient la sinistralité et, par conséquent, les primes.
L’Île-de-France : toujours le niveau de charges le plus élevé de France
Une hausse contenue, mais une facture record
En Île-de-France, la hausse des charges de copropriété reste proche de la moyenne nationale : +4,1% en 2025. Néanmoins, la région conserve le niveau de charges communes le plus élevé de France.
Paris reste le département le plus onéreux de France. Les charges de copropriété y atteignent 1 423 € par lot et par an, avec une progression de +7,5% entre 2024 et 2025. La densité urbaine, la vétusté de certains immeubles et le niveau élevé des frais de gestion expliquent en partie cet écart structurel.
Des disparités marquées entre départements franciliens
Au sein même de l’Île-de-France, les écarts sont significatifs. Le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne subissent les hausses les plus fortes : +13,1% et +13,9% respectivement. L’Essonne n’est pas en reste, avec +10% entre 2024 et 2025. En revanche, les Yvelines connaissent cette année une progression bien plus modérée : +2,1% seulement, après une forte hausse en 2024.
Comment limiter la hausse des charges de copropriété ?
Renégocier les contrats : un levier incontournable
Face à la progression des charges de copropriété, les copropriétaires disposent d’un levier immédiat : la mise en concurrence systématique des contrats. Cette démarche s’inscrit à l’ordre du jour de chaque assemblée générale.
Raphaël Di Meglio, Président de Matera, le recommande expressément : « mettre en concurrence chaque année les contrats d’assurance mais aussi de maintenance de la copropriété afin d’obtenir le meilleur rapport qualité-prix ».
Par ailleurs, la loi Alur renforce les obligations de transparence du syndic de copropriété sur la gestion des contrats. Cette démarche génère des économies substantielles sur les deux postes qui progressent le plus : +16% pour les assurances, +12% pour la maintenance. Le conseil syndical joue ici un rôle clé. Il pilote les renégociations et défend les intérêts des copropriétaires.
Des ajustements simples pour des effets concrets
Au-delà de la renégociation, d’autres leviers existent. Matera recommande des ajustements opérationnels accessibles à toutes les copropriétés.
- Baisser d’un ou deux degrés le chauffage collectif : un geste simple qui génère plusieurs euros d’économie par lot et par an, sans impacter le confort des résidents.
- Engager des travaux de rénovation énergétique : audit énergétique, isolation thermique, remplacement de la chaudière par une pompe à chaleur… Ces investissements améliorent durablement le DPE collectif, réduisent les dépenses et valorisent les lots. Les copropriétés classées passoires thermiques ont tout intérêt à anticiper ces travaux, notamment via le fonds de travaux obligatoire.
Conclusion
Les charges de copropriété ne connaissent pas de répit. En 2025, elles progressent de +4,7% et le dérèglement climatique s’impose comme un facteur structurel de la hausse. Les assurances prennent le relais de l’énergie. Elles pèsent désormais sur tous les budgets, des Pays-de-la-Loire à Paris. Face à cette tendance, les copropriétaires ne restent pas sans recours. Renégocier les contrats, engager des travaux de rénovation énergétique, mobiliser le conseil syndical : autant de leviers concrets pour limiter la facture. La maîtrise des charges de copropriété passe aujourd’hui par une gestion active et anticipée.

