CEE : les fournisseurs d’énergies vont accélérer leurs investissements

Une étude réalisée par les Echos Etudes dresse un bilan des conséquences de la crise actuelle sur le marché des certificats d’économie d’énergie, les CEE. Les obligés vont devoir accélérer leurs investissements, mais à quel prix ?

Un petit rappel sur l’écosystème des CEE

En effet, la crise sanitaire a quelque peu rebattu les cartes. Les obligés et délégataires doivent se mettre au diapason. Rappelons que les obligés du dispositif CEE sont les acteurs soumis à une obligation d’économies d’énergie.

Il s’agit entre autres, des fournisseurs d’électricité, de gaz, de fioul domestique et les distributeurs de carburant dont les ventes dépassent un seuil minimum. L’obligation globale d’économies d’énergie est répartie entre ces obligés au prorata de leurs ventes d’énergie aux consommateurs finaux.

 

CEE

 

Pour respecter cette obligation, trois voies s’offrent aux obligés :

  • Ils peuvent tout d’abord inciter les consommateurs à investir dans des équipements économes en énergie et obtenir en échange des CEE ;
  • Ils peuvent aussi faire appel au marché et y acheter des CEE ;
  • Enfin, ils peuvent investir financièrement dans des programmes éligibles et recevoir en contrepartie des CEE.

Pour finir, les obligés peuvent choisir de déléguer, partiellement ou entièrement, leur obligation à une structure tierce, appelée délégataire. Celui-ci disposera alors des mêmes droits et obligations qu’un obligé.

CEE : le bilan incertain de la quatrième période

Le mécanisme des certificats d’économie d’énergie (CEE) n’est pas nouveau. D’ailleurs, nous sommes presque arrivés à la fin de la quatrième période. Celle-ci a débuté le 1er janvier 2018 et s’achèvera au 31 décembre 2021.

Cette quatrième période a été prolongée d’un an à la demande des énergéticiens. Cependant, cette prolongation s’est assortie d’une augmentation de l’objectif de 533 térawattheures (TWh) cumac.

Ce qui revient pour les obligés EDF, Total, Engie et tous les autres, à devoir collecter en tout 2 133 térawattheures (TWh) cumac en 4 ans. Soit 40 fois plus que leurs obligations de la première période. Pour l’instant, le bilan ressort mitigé.

Du côté des “CEE précarité”, nouveauté réglementaire introduite au 1er janvier 2016, les obligés et délégataires sont nettement en avance.

En revanche, pour les CEE classiques, le compte n’y est pas et l’écart sera dur à rattraper. Le surplus de CEE précarité pourra-t-il combler ce retard ? Rien n’est moins sûr d’autant que le confinement a porté un coup d’arrêt brutal aux travaux de rénovation énergétique.

Ainsi, l’arrêt des travaux et la difficulté rencontrée par les entreprises artisanales ont eu notamment pour conséquence une réduction drastique de la production de CEE dans le résidentiel sur cette période. Cette situation exceptionnelle nécessite des efforts d’adaptation de tout un écosystème avec des gagnants et des perdants. La course à la collecte de CEE est lancée !

Le coup de pouce de l’état

En effet, alors que l’on se rapproche de la fin de la période 4, il est temps de faire les comptes pour les obligés et les délégataires. Heureusement pour remplir leurs objectifs, ils pourront aussi compter sur un soutien de l’État.

Plusieurs mesures ont d’ores-et déjà été adoptées pendant le confinement, comme la prolongation des deux opérations “Coups de pouce” pour le chauffage et l’isolation jusqu’au 31 décembre 2021.

C’est aussi le cas pour l’allongement de 6 mois du délai de dépôt des demandes de CEE pour les opérations d’économies d’énergie achevées entre le 1er mars 2019 et le 31 août 2019.

De plus, la crise sanitaire est devenue maintenant économique, avec un enjeu de taille, celui de contenir l’inflation des coûts du mécanisme. Pourtant, pour certains, des opportunités se dessinent.

Des opportunités pour les obligés des CEE

Les obligés redoublent d’effort pour atteindre leur objectif selon la taille de leur obligation. Certains font le choix de produire en propre via des versements de primes aux consommateurs ou le financement de programmes. D’autres vont recourir à des délégataires, s’appuyer sur des réseaux d’installateurs ou encore faire appel à des mandataires.

De même pour certains obligés, intégrer la chaine de valeur de l’efficacité énergétique en développant une offre globale devient une réelle opportunité.

Par ailleurs, les délégataires qui doivent faire face à des pressions sur leur trésorerie pourraient bien changer de main. Notons qu’en 2019 plusieurs mouvements ont déjà eu lieu. Citons par exemple, l’arrivée de Bureau Véritas qui a repris Capital Energy ou encore le groupe La Poste qui a repris Economie d’Energie. Une preuve s’il en est que le marché est attractif…

Rendez-vous lundi prochain pour notre chronique “Hebdo Copro”. D’ici là, soyez vigilants et continuez de nous suivre sur Monimmeuble.com !

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