Accession à la propriété : Recul très net des primo-accédants

Accession à la propriété : Recul très net des primo-accédants
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Cafpi, courtier en prêts immobiliers et en assurances, alerte le gouvernement sur une possible crise de l’accession à la propriété. L’arrêt des aides APL dans le neuf et le recadrage du PTZ ont des effets directs sur le budget de nombreux ménages aux ressources limitées et font bondir le taux d’endettement.

 

Sans primo accédants, pas de dynamisme du marché

On observe depuis le début de l’année un recul très net des primo accédants parmi les dossiers de demandes de prêts. Chez Cafpi, leur proportion était en hausse constante jusqu’à l’année dernière mais sur le premier trimestre, elle a baissé de 15%, passant de 60% en décembre 2017 à 45% en mars 2018.

« La suppression de l’APL dans le neuf est entrée en vigueur. Et l’on attend les restrictions apportées dans l’ancien. Un arrêté ministériel doit en effet paraître, qui limitera les aides à certaines zones. Il viendra s’ajouter au recadrage apporté au prêt à taux zéro. Les effets de ces mesures sur le budget de nombreux ménages aux ressources limitées sont déjà calculés. Ils font bondir le taux d’endettement », prévient Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de Cafpi.

Près de 50.000 projets, qui étaient réalisables en 2017, sont actuellement compromis. S’ils ne se font pas, l’Etat aura perdu 5 milliards d’euros de recettes fiscales, sans compter les pertes de taxe foncière et de taxe d’aménagement (pour la construction de maisons individuelles) payées par les particuliers, ainsi que les différentes taxes dues par les promoteurs.

 

Remontée des taux en pente douce et allongement de la durée des emprunts

Ces mesures gouvernementales sont décidées au moment où les taux d’intérêt remontent en pente douce, comme le fait observer l’étude Xerfi réalisée pour Cafpi. Une perte de pouvoir d’achat aurait de toute façon été observée. Elle s’accentuera du fait de la nouvelle politique du gouvernement en matière de logement.

« D’ores et déjà, aux taux actuels, il faut une vie entière d’épargne pour devenir propriétaire. Pour que cette ambition demeure possible, il faut envisager un allongement de la durée des emprunts », souligne Philippe Taboret.

En effet, à mensualités inchangées sur une durée de vingt ans, un emprunteur perdra 8,90% de capacité d’emprunt, du fait de l’interaction des lois et de la conjoncture. « Pour pouvoir emménager dans le bien qu’il convoite, un foyer devra envisager son projet sur des durées de remboursement de vingt, trente, voire trente-cinq ans », conclut-il.


Source : www.cafpi.fr