Dans cette interview, Jacky Megueddem, généalogiste-juriste pour les Archives Généalogiques Andriveau, lève le voile sur un métier méconnu mais décisif pour les syndics. Face aux impayés de charges liés à des successions en attente, les professionnels de la copropriété disposent d’une solution concrète, rapide et — fait rare — sans frais pour la copropriété. Découvrez comment le recours au généalogiste successoral en copropriété permet de débloquer des situations qui paralysent parfois la gestion d’un immeuble depuis des années.
Sommaire
- Quel est le rôle du généalogiste successoral en copropriété ?
- Dans quels cas un syndic doit-il faire appel à ce service ?
- Comment se déroule concrètement une intervention ?
- Les impayés liés aux successions sont-ils en hausse ?
- Quel message adresser aux professionnels de la copropriété ?
Quel est le rôle du généalogiste successoral en copropriété ?
Jacky Megueddem. Les Archives Généalogiques Andriveau existent depuis bientôt 200 ans. Notre mission, en copropriété, est d’identifier et de retrouver les héritiers d’un copropriétaire décédé dont la succession n’a pas été réglée. Or, cette situation crée un vide juridique et financier qui pèse directement sur la gestion de l’immeuble.
Un métier encore trop peu connu des syndics
Beaucoup de syndics ignorent qu’ils peuvent nous mandater avec toute légitimité légale. Leur réflexe, face à des charges accumulées sur un lot appartenant à une personne décédée, est de se tourner vers un avocat spécialisé en recouvrement. Ce dernier leur conseille souvent de faire nommer un curateur — c’est-à-dire de confier la succession à la DNID, le service des domaines de l’État.
Cela dit, cette procédure est notoirement lente. Elle ne garantit pas le règlement des charges impayées et place parfois le syndic en porte-à-faux vis-à-vis de son conseil syndical, qui peine à comprendre cette inertie administrative.
« C’est une méconnaissance, pas une réticence. Quand on prend le temps d’expliquer notre mission, les professionnels saisissent très vite l’intérêt. Ce qui les étonne le plus, c’est qu’une telle solution existe depuis si longtemps et qu’ils n’en avaient jamais entendu parler. »
Dans quels cas un syndic doit-il faire appel à ce service ?
Jacky Megueddem. Le cas le plus fréquent, c’est celui des lots vacants dont les charges s’accumulent sans que personne n’en réponde. Cela concerne aussi bien des appartements que des parkings ou des caves — ces petits lots que l’on croise souvent dans les copropriétés parisiennes, parfois avec un passif supérieur à leur valeur vénale.
Quand la succession tarde à s’ouvrir
Par ailleurs, il arrive que le syndic ou le conseil syndical sache pertinemment qu’un copropriétaire est décédé — parfois seul, veuf, sans postérité connue. Dans ce cas, plusieurs questions restent sans réponse : l’appartement sera-t-il squatté ? Qui paiera les charges ? La situation se résoudra-t-elle avant que les montants ne deviennent insurmontables ?
Concrètement, c’est précisément dans ces situations que notre intervention prend tout son sens. Dès que les charges s’accumulent sur un lot dont la succession n’est pas réglée, le syndic peut nous mandater. Ce mandat ne l’engage pas financièrement. Il nous permet simplement de prouver notre légitimité auprès des administrations que nous allons devoir solliciter.
Comment se déroule concrètement une intervention ?
Jacky Megueddem. Nous travaillons de la même manière que si nous étions mandatés par un notaire. Le syndic nous fournit un mandat sur papier en-tête, l’identité du copropriétaire décédé, l’adresse de la copropriété et une estimation du montant des charges impayées. Ces quelques éléments suffisent pour démarrer.

Retrouver le notaire avant de chercher les héritiers
Notre première démarche consiste à vérifier si une succession a déjà été ouverte auprès d’un office notarial. C’est plus fréquent qu’on ne le croit. La famille a souvent pris les devants — mais le notaire en charge peut ne pas savoir que le défunt était propriétaire dans une copropriété. Ainsi, une simple mise en relation entre le notaire et le syndic suffit parfois à débloquer l’ensemble du dossier, en quelques jours seulement.
« On a eu des cas très concrets : des charges impayées depuis deux ou trois ans, un avocat mandaté, une procédure longue. En 48 heures, on avait identifié le notaire en charge de la succession — et le dossier pouvait enfin avancer. C’est ça, la valeur ajoutée d’un généalogiste successoral. »
Une avance sur charges pour rassurer le conseil syndical
Lorsque notre mission prend plus de temps — notamment quand il faut retrouver des héritiers inconnus et contractualiser avec eux, ce qui peut prendre jusqu’à six mois — nous proposons une avance sur les charges impayées. Nous la récupérons ensuite auprès des héritiers. Ce mécanisme rassure le conseil syndical sur la continuité de la gestion financière de la copropriété.
Un rôle de médiateur entre toutes les parties
Au-delà de la recherche généalogique, nous jouons souvent un rôle de médiateur. Nous prenons contact avec le notaire, nous recueillons des informations sur l’avancée de la succession — dans le respect du secret professionnel — et nous les retransmettrons au syndic ou à son avocat. Cette transparence évite des décisions hâtives, comme le recours à un curateur alors que la succession est déjà en cours de règlement.
Les impayés liés aux successions sont-ils en hausse ?
Jacky Megueddem. Je suis en poste depuis trois ans aux Archives Andriveau, ce qui ne me donne pas encore le recul suffisant pour affirmer une tendance sur le long terme. En revanche, plusieurs signaux convergent vers une hausse.
Les copropriétaires font face à des charges croissantes, notamment en lien avec les obligations de rénovation énergétique. Les ravalement, les travaux de mise en conformité, les appels de fonds exceptionnels — tout cela pèse sur des foyers aux revenus parfois en baisse. Or, certains copropriétaires se retrouvent à laisser s’accumuler un, deux, trois trimestres d’impayés.
Par ailleurs, la transition énergétique va multiplier les travaux votés en assemblée générale. Ces chantiers génèrent des appels de fonds importants. Ainsi, les lots vacants ou en succession ouverte risquent d’alourdir encore les passifs. Les syndics commencent à intégrer ce sujet dans leurs pratiques de gestion préventive.
Quel message adresser aux professionnels de la copropriété ?
Jacky Megueddem. Le message principal, c’est : n’ayez pas peur. Le recours à un généalogiste successoral est légal, légitime, et il ne coûte rien à la copropriété dans un premier temps. Nous sommes rémunérés par les héritiers, via des contrats de révélation. Le syndic ne supporte aucun honoraire.
Un service gratuit pour le syndic, efficace pour la copropriété
C’est souvent ce point qui surprend le plus. Les syndics ont l’habitude que chaque intervention professionnelle génère une facture — avocat, huissier, notaire. Dans notre cas, le modèle économique est différent. Puisque nous ne présentons une facture que dans des cas bien précis, avec un devis préalablement validé en assemblée générale.
En outre, les maisons de généalogie successorale sont des structures sérieuses, avec parfois deux siècles d’existence. Il n’y a aucune raison de se méfier. Une fois qu’un syndic a fait appel à nous une première fois et constaté les résultats, il n’hésite plus.
« « Ce qui revient le plus souvent, c’est l’étonnement. Des professionnels avec 20 ans d’expérience nous disent qu’ils avaient toujours géré ces situations par défaut — en attendant, en subissant. Ils ne savaient tout simplement pas qu’une alternative existait. » »
Faire de la pédagogie, c’est aussi notre mission
Enfin, il faut rappeler que ce travail de pédagogie concerne non seulement les syndics, mais aussi les conseils syndicaux et les avocats spécialisés en droit immobilier. La matière successorale reste moins maîtrisée que le droit du recouvrement. Or, dans le cas d’une succession en attente, c’est précisément cette expertise-là qu’il faut mobiliser.
En somme, les Archives Généalogiques Andriveau se positionnent comme un partenaire opérationnel pour les copropriétés confrontées à des successions bloquées. Leur intervention débloque des impasses juridiques et financières, souvent en quelques jours, sans coût pour la copropriété. N’hésitez pas à les contacter pour bénéficier d’un premier accompagnement, sans engagement.


