Aller au contenu

Vie pratique

​Abandon de la baignoire : 31 % des Français ne s’en servent plus, et vous ?

​Abandon de la baignoire : 31 % des Français ne s’en servent plus, et vous ?

Selon une étude menée par Opinium pour Travaux.com auprès de 2 000 personnes, 31 % des Français possédant une baignoire ne l’ont pas utilisée depuis douze mois ou plus. L’abandon de la baignoire n’est plus un phénomène marginal : il traverse toutes les tranches d’âge, tous les genres et presque toutes les régions. Derrière cette désaffection massive se cachent des motivations concrètes — gain de place, économies d’eau, modernisation de l’intérieur — mais aussi des contraintes techniques que beaucoup sous-estiment avant de se lancer dans les travaux.


Sommaire :


À retenir — Abandon de la baignoire en France

  • 31 % des Français possédant une baignoire ne l’ont pas utilisée depuis plus d’un an.
  • 34 % des Français souhaitent rénover leur salle de bain, dont 39 % chez les 35-54 ans.
  • 81 % des répondants se déclarent attentifs à leur consommation d’eau.
  • Remplacer une baignoire par une douche implique des contraintes techniques sérieuses sur l’évacuation et l’étanchéité.
  • Supprimer l’unique baignoire d’un logement peut compliquer sa revente, notamment auprès des familles.

L’abandon de la baignoire est-il devenu une tendance de fond ?

31 % des propriétaires de baignoire ne s’en servent plus

L’abandon de la baignoire progresse dans les foyers français. Travaux.com publie des données inédites : 31 % des personnes possédant une baignoire ne l’ont pas utilisée une seule fois au cours des douze derniers mois. Ce chiffre frappe par sa constance. Il ne varie ni selon l’âge ni selon le genre. Il ne s’agit donc pas d’une affaire de génération ou de mode de vie.

En effet, il s’agit d’une tendance de fond, généralisée à l’ensemble de la population française. En parallèle, la douche à l’italienne et le receveur de plain-pied s’imposent comme les nouvelles références d’une salle d’eau moderne.

Une homogénéité géographique surprenante

Les résultats convergent d’une région à l’autre. Partout en France, au moins un quart des résidents n’ont pas pris de bain depuis plus d’un an. Une seule exception se détache : les Pays de la Loire, où la proportion tombe à 14 %. L’étude n’explique pas cette singularité régionale. Elle confirme toutefois, en creux, que le reste du territoire a largement adopté la cabine de douche.

Qui veut rénover sa salle de bain, et pourquoi ?

Un tiers des Français insatisfaits de leur salle de bain

L’abandon de la baignoire s’accompagne d’un désir de changement plus large. 34 % des Français ne sont plus satisfaits de leur salle de bain et souhaitent la rénover. Ce chiffre grimpe à 39 % chez les 35-54 ans. Cette tranche d’âge est la plus prompte à envisager des travaux. Souvent propriétaires, ces actifs investissent dans leur logement. Ils aspirent à des espaces plus fonctionnels, plus contemporains, mieux adaptés à leur quotidien.

Abandon de la baignoire : 31 % des Français ne s'en servent plus, et vous ?
Qui veut rénover sa salle de bain, et pourquoi ?

Les économies d’eau, moteur principal de la transition

Pourquoi abandonner la baignoire ? La réponse est en partie économique. 81 % des répondants se déclarent attentifs à leur consommation d’eau. Or, dans un contexte de hausse des prix de l’énergie, la sobriété hydrique pèse de plus en plus dans les arbitrages. La facture eau devient un argument concret. Ainsi, la dépose de la baignoire et l’installation d’une douche à l’italienne s’imposent comme la solution la plus plébiscitée lors des projets de rénovation de salle de bain.

Jeremy Dague, expert en plomberie chez Travaux.com, résume la logique du terrain : « Une baignoire inutilisée, c’est de la place gâchée. Autant en profiter pour installer une douche plus spacieuse et plus esthétique. »

Remplacer la baignoire par une douche : quels sont les points techniques à anticiper ?

L’évacuation, premier enjeu du chantier

L’abandon de la baignoire ne se limite pas à un simple échange de mobilier sanitaire. La dépose engage un véritable chantier de plomberie.

Jeremy Dague met en garde : « L’évacuation, c’est le nerf de la guerre quand on remplace une baignoire par une douche, surtout pour installer un receveur de plain-pied. Le tuyau d’évacuation passe sous le plancher, entre les solives, et doit obligatoirement respecter les normes en vigueur. »

En copropriété, la contrainte est encore plus forte. Toute modification des colonnes de chute doit être validée par le syndic. Elle peut même nécessiter un vote en assemblée générale si les travaux touchent aux parties communes.

Arrivées d’eau, niveau de sol et étanchéité

Au-delà de l’évacuation, trois autres points techniques conditionnent la réussite du chantier :

  • Les conduites d’arrivée d’eau peuvent descendre par le plafond. Encore faut-il disposer de suffisamment d’espace dans les combles pour les intégrer.
  • Le niveau du sol doit, quant à lui, être parfaitement plan. Contrairement à une baignoire dont on règle les pieds, un receveur de plain-pied ne tolère aucune approximation.
  • Enfin, l’étanchéité exige un espace suffisant autour de la cabine de douche. Sans cela, impossible de garantir une imperméabilité parfaite ni de prévenir tout risque de dégât des eaux.

Jeremy Dague insiste : « Faites appel à un artisan plombier avant de vous lancer. Il vous conseillera sur l’aménagement de la salle d’eau et s’assurera que toutes les contraintes techniques, comme le passage des tuyaux, sont prises en compte. Sinon, vous risquez de vous retrouver avec un chantier compliqué et une facture élevée ! »

Baignoire ou douche : quelle incidence sur la valeur de votre bien ?

Un arbitrage qui engage la revente

L’abandon de la baignoire n’est pas sans conséquence sur la valeur du logement.

Jeremy Dague soulève un point souvent négligé : « Si c’est votre seule baignoire, cela peut rendre la revente de votre bien plus difficile. Les familles avec de jeunes enfants cherchent souvent un bien avec une baignoire, et certains écartent d’emblée les logements qui n’en ont pas. »

Avant de se décider, il faut donc peser le pour et le contre. Supprimer la baignoire libère de l’espace et modernise la salle d’eau. En revanche, cela peut réduire le nombre d’acheteurs potentiels au moment de vendre.

Garder la baignoire : une question de profil

Tout le monde n’est pas concerné au même titre par l’abandon de la baignoire. Les familles avec enfants en bas âge, notamment, continuent d’en faire un usage régulier. La décision dépend ainsi d’un équilibre entre usage réel, projet de vie et stratégie patrimoniale. Néanmoins, un artisan qualifié aide à trancher. Il tient compte des spécificités du logement et du marché immobilier local. Mieux vaut demander conseil avant de se lancer.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

Laisser un commentaire