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Travaux

Travaux à domicile : quelle est la stratégie pour les intermédiaires ?

Travaux à domicile et axes de développement

Le marché de l’intermédiation en travaux est en plein essor. En 2021, on comptait une cinquantaine de plateformes actives. Dans ce contexte, la part des travaux à domicile en passant par un intermédiaire devrait atteindre 15 % en 2024. Ce marché concurrentiel laisse entrevoir une belle marge de progression. Pour autant, quels sont les axes de développement à privilégier pour les intermédiaires ?

­Un marché des travaux à domicile en plein essor

­Depuis la crise sanitaire le bricolage et les travaux à domicile ont le vent en poupe. Lors du confinement, les Français coincés dans leur logement ont redécouvert le plaisir du “cocooning chez soi”. De plus, avec le télétravail, ils ont dû mieux s’organiser et aménager leur intérieur. De fait, le recours à internet, leur a permis de s’approvisionner aisément en biens et en service.

Les travaux à domicile, un marché à conquérir pour les intermédiaires

Les travaux à domicile, un marché à conquérir pour les intermédiaires

 

Toutefois, si le “faites-le vous-même” en a séduit certains, ils sont nombreux à rechercher les services de professionnels du bâtiment. Aussi, ils préfèrent passer par des plateformes de mise en relation entre particuliers et professionnels. Parmi celles-ci, on peut tomber sur des courtiers en travaux ou des sites de “jobbing”.

Travaux à domicile : une cinquantaine de plateformes actives

Selon le recensement réalisé par Xerfi, on relève environ une cinquantaine de plateformes. Leur trafic s’est envolé de plus de 70 % entre 2019 et 2021. C’est aussi le cas pour les courtiers en travaux qui ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 15 % en 2021. Dans ce contexte, la part des travaux de rénovation réalisée en passant par un intermédiaire devrait frôler les 15% à l’horizon 2024, contre 10% en 2021, selon les estimations de Xerfi.

Le champ d’intervention des intermédiaires en travaux est très large

Par ailleurs, sachant que le champ d’intervention des intermédiaires en travaux est très large, la marge de progression est forte. En effet, ils peuvent couvrir l’ensemble des opérations de rénovation et d’aménagement.

Leurs interventions concernent de nombreux secteurs :




  • la rénovation énergétique,
  • les dépannages d’urgence,
  • l’architecture,
  • la décoration intérieure,
  • l’entretien des espaces verts,
  • le bricolage,
  • les projets de construction et d’extension.

Il est fort à parier que d’ici à 2024, le marché des travaux à domicile sera entrainé par les gros travaux de rénovation énergétique. D’autant plus que ces travaux bénéficient de financements et d’aides. C’est notamment le cas pour l’isolation des murs, des parois vitrées, toitures ou planchers. Mais également pour remplacer des systèmes de chauffage et d’eau chaude.

D’ailleurs, on peut penser qu’une part croissante des projets sera dictée par la nécessité de répondre aux normes de performance énergétique. Surtout, dans le parc locatif où les biens doivent consommer moins de 450 kWh par mètre carré de surface habitable et par an. En effet, dès 2023, les propriétaires de logements classés G n’auront plus le droit de les louer !

Cela étant, le marché n’est pas encore arrivé à maturité. Toutefois, il est probable qu’avec l’arrivée de grands groupes à renfort de communication, l’offre se démocratise. En tout cas, cela devrait accélérer la structuration du marché d’ici à 2024.

Travaux à domicile et intermédiation en travaux : quelle est la situation concurrentielle ?

L’intensité concurrentielle va rester élevée sur le marché de l’intermédiation en travaux à domicile, compte tenu des stratégies d’acquisition clients de l’ensemble des acteurs. D’autant plus que de nouveaux intervenants arrivent encouragés par la croissance du marché de l’entretien-rénovation.

Dans ce contexte, les plateformes étoffent leur catalogue de prestations et améliorent leur référencement. Certaines d’entre elles, décident aussi de se spécialiser pour tirer leur épingle du jeu. Par ailleurs, on observe que de grands groupes ont lancé de nouvelles offres. Citons, par exemple, Saint-Gobain, “HomeServe” ou encore “Solocal.” Quelques plateformes ont également fait l’objet de rachats par Engie, EDF, Groupe Batiweb et plus récemment par le groupe bancaire BPCE.

“ Le paysage concurrentiel est donc très diversifié. L’intermédiation en travaux à domicile constituent, en effet, un prolongement naturel de l’offre dans un large éventail de secteurs.” – Lauric Berthier, chargé d’études chez Xerfi.

Pour autant, la fermeture de la plateforme “myplombier” illustre pourtant la difficulté à subsister sur ce marché, en particulier pour les structures indépendantes. Seuls des groupes dotés d’atouts stratégiques pourraient venir perturber les équilibres du marché. C’est, par exemple, le cas d’Amazon qui a déjà lancé son offre Amazon Home Services aux États-Unis, aux Émirats arabes unis et surtout au Royaume-Uni.

À terme, la dynamique des créations de plateformes et les percées de nouveaux entrants devraient s’essouffler. Ainsi, le marché devrait se structurer autour de leaders bien établis. En attendant, le jeu concurrentiel reste ouvert…

­Travaux à domicile : quels sont les axes de développement pour les intermédiaires ?

Pour attirer un maximum d’utilisateurs et générer des effets de réseau, les plateformes multiplient les initiatives commerciales et marketing. Aussi, elles sont très présentes en ligne et sur les réseaux sociaux. De plus, elles travaillent également leur communication et leur visibilité via le content marketing (articles, blogs…) et le référencement.

Certaines, comme “Habitatpresto”, ont mis en place des programmes d’affiliation. Mais, pour toucher un public plus large, elles n’hésitent pas à étendre leur périmètre d’intervention. Prenons le cas de “Mesdépanneurs” (Engie) et “AlloMarcel”, initialement spécialisées dans les interventions d’urgence, ces plateformes se sont positionnées sur les travaux à domicile de rénovation et d’aménagement.

Les plateformes et courtiers multiplient les initiatives pour garantir la qualité des prestataires

Toutefois, il est à noter que les particuliers sont plutôt méfiants vis-à-vis des artisans. Les reportages dans les médias, les arnaques des sociétés de dépannage, le manque de qualifications de certaines entreprises ont d’ailleurs alerté les services de la DGCCRF.

À cet égard, la direction générale de la concurrence rappelle que les professionnels du BTP qui réalisent des travaux à domicile sont soumis à des règles d’information. Avant de commencer les travaux, le professionnel constate l’état des lieux et motive les diverses réparations à effectuer. Il doit remettre un document précontractuel puis un devis détaillé.

C’est pourquoi, les plateformes et courtiers multiplient également les initiatives pour garantir la qualité des prestataires. Afin de s’assurer de la bonne réalisation des travaux et de la satisfaction des clients, ils proposent des partenariats avec des assureurs, le paiement différé, des systèmes de notation, des avis clients, etc.

Les plateformes déploient des services pour attirer et fidéliser les artisans

En parallèle, du côté des professionnels, les plateformes doivent recruter et fidéliser les artisans. Aussi, elles offrent à ces derniers la prise en charge de tâches chronophages. Elles vont alors réaliser pour leur compte des services de prospection, facturation, relation clients, comptabilité, etc. En effet, cela constitue un argument commercial convaincant qui simplifie le quotidien de ces TPE assurées d’obtenir des clients.

Enfin, les intermédiaires en travaux à domicile cherchent à étendre leur rayonnement géographique pour accroître leur volume d’affaires. À cet effet, ils lancent des campagnes de recrutement d’artisans dans les villes ciblées. Tandis que les courtiers recourent plutôt à la franchise.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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