Traiter le risque d’amiante avant d’engager les travaux en copropriété

Traitement du risque d'amiante.

La soirée Apéro Copro d’octobre dernier, organisé à Paris a permis de rassembler divers experts et professionnels partenaires. Premier thème évoqué : « Comment anticiper correctement le risque d’amiante et le traiter efficacement en copropriété ? »

 

Diagnostiquer à temps, financer suffisamment à l’avance, trouver les bons fournisseurs et contrôler les réceptions de travaux dans un cadre juridique adéquat : les outils se diversifient et s’affinent, mais le souci de bien faire demeure.

 

Anticiper correctement le risque d’amiante et le traiter efficacement

 

Depuis l’interdiction générale de ce matériau en 1997, la réglementation régit toutes les pratiques. Le ravalement des façades, entre autres, peut s’opérer sans ralentissement quand l’information passe et que l’accord des copropriétaires est acquis.

En 2018, sur la totalité des échafaudages importants, seuls 300 chantiers, sur la France entière, ont vu augmenter leur prix de départ, pour découverte inopinée.

Bien que l’amélioration du chauffage, de l’isolation, le changement des ascenseurs, sont des objectifs qui paraissent directement et quotidiennement plus profitables pour de trop nombreux copropriétaires, il ne faut en rien négliger l’ampleur du problème.

Le fait que l’amiante se soit infiltrée partout depuis de longues années se révèle un risque sous-estimé, moins évoqué que d’autres soucis dans les débats des copropriétés. Pourtant, le secteur public, en avant-garde, a pu imposer des normes à la sévérité croissante face à la problématique sanitaire : 9001, 14001, 18001.

Le secteur privé recevant du public, particulièrement concerné avec le développement du collectif locatif, a du s’aligner petit à petit, en parallèle.

Eric Balech, directeur commercial de SPEBI.

 

Sanctions plus nombreuses à l’avenir

 

Car ne pas respecter la législation particulière entraîne désormais des pénalités. Beaucoup de syndics eux-mêmes, et a fortiori, davantage encore de conseils syndicaux n’ont pas tous pris encore la mesure du problème.

Heureusement, les Pompiers de Paris ont donné l’alarme sur la réalité du danger. Premiers exposés aux incendies explosifs, qui soufflent, en cas de façades amiantées non détectées, une poussière mortelle dans les poumons des sauveteurs comme des victimes. En libérant cette matière bien au-delà des intérieurs d’immeubles, les dégâts sont potentiellement considérables.

Pour sa seule part, le syndic oublieux ou inerte risque de 9000 à 45000 euros d’amende.

C’est à lui de réagir en premier. Lui et le syndicat des copropriétaires sont tenus pour responsables de la bonne conduite des gros travaux. L’architecte de la copropriété ne peut pas être mis en cause : il n’est ni formé ni équipé pour cette tâche de réfection.

Il faut toujours procéder à un DAT : Diagnostics Avant Travaux.

Eric Balech

Le risque d'amiante en copropriété
Le ravalement en présence d’amiante

 

On ne recouvre pas, on ne perce pas une façade amiantée ou une paroi ou surface bâtie quelconque sans projeter auparavant un gel fixant spécial immobilisant le moindre grain de poussière, puis enfin en éliminant tous résidus avec les protections suffisantes. C’est une évidence pour les équipes de la société Spebi. Basée à Vitry-sur-Seine, l’entreprise a pu déployer des moyens adaptés à la lutte qui doit s’intensifier en Île-de-France comme ailleurs.

Comme les chirurgiens, nous utilisons des boîtes à manches pour travailler sans évasion de matière dangereuse. En plus des spécialistes et de l’équipement nécessaires, nous avons notre propre unité mobile de décontamination, avec douche obligatoire après chaque intervention et enfermement étanche de nos combinaisons jetables, selon des procédures très précises.

Eric Balech

Doit-on craindre que beaucoup de copropriétaires, renvoyant aux calendes un ravalement qui peut sembler banal et peu prioritaire en regard d’autres travaux de commodité, fassent l’autruche ? Il vaut mieux choisir la lucidité, au lieu de tutoyer la catastrophe.