Retour de l’encadrement des loyers : quel impact sur l’investissement locatif ?

Encadrement des loyers
En cas de retour de l’encadrement des loyers, près de 60% des propriétaires bailleurs réagiraient négativement.

LocService.fr a réalisé une enquête auprès de propriétaires-bailleurs au sujet de leurs perspectives d’investissement locatif en France en 2019. Les investisseurs particuliers pourraient être nombreux à se détourner de la location en cas de retour de l’encadrement des loyers prévu par la loi Elan.

 

Investir dans l’immobilier reste d’actualité

 

Près d’un propriétaire sur quatre est ouvert à l’idée d’investir dans l’immobilier locatif cette année, 16% semblent particulièrement décidés à le faire. Les chiffres de 2019 montrent donc que l’investissement immobilier suscite toujours un véritable intérêt chez les particuliers.

Ce résultat est encourageant : notre pays a besoin d’augmenter son offre locative pour permettre une baisse des loyers durable et saine.

Pour cela, le nouveau dispositif Denormandie, permettant de défiscaliser en échange d’un engagement à rénover puis à louer des logements anciens, va dans le bon sens : un geste écologique avec l’amélioration de la performance énergétique, et un geste pour le pouvoir d’achat avec l’obligation d’appliquer des loyers plafonnés.

 

L’encadrement des loyers pourrait freiner cette dynamique

 

Rappelons que cette mesure, après avoir été suspendue à Paris et Lille fin 2017, a de bonnes chances d’être rétablie au moins dans la capitale au cours du premier semestre 2019 suite à la loi Elan.

Il en ressort qu’en cas de retour de l’encadrement des loyers, près de 60% des propriétaires bailleurs réagiraient négativement.

Alors que 10% pourraient basculer vers la location touristique par souci de rentabilité rendant ainsi leur bien indisponible à la location classique, 20% annuleraient les investissements prévus et enfin 28% préféreraient revendre leurs biens en location, risquant ainsi de retirer ces biens du marché locatif.

On se rend ainsi compte de la réticence des bailleurs particuliers à être contraints de baisser leurs loyers, ce qui dans certains cas pourrait rendre leur placement non rentable. Si un investisseur sur cinq est prêt à abandonner son projet en cas de retour de l’encadrement des loyers, les conséquences possibles sur le parc locatif et sur le secteur de la construction sont inquiétantes.

La fuite de certains propriétaires (10%) vers la location touristique est également une menace pour les habitants des grandes villes. La mairie de Paris, très favorable au retour de l’encadrement des loyers, alimenterait ainsi indirectement le business d’Airbnb alors que, paradoxalement, elle continue de se battre contre les abus de ce dernier.

Richard Horbette, fondateur de LocService.fr.

Le 7 février 2019, elle assignait la fameuse plateforme en justice pour avoir mis en ligne 1000 logements non enregistrés, espérant une amende record de 12,5 millions d’euros.

Les 220.000 bailleurs particuliers qui utilisent actuellement nos services sont majoritairement des petits propriétaires qui investissent pour préparer leur retraite. L’attractivité de l’investissement locatif est déjà fortement entamée avec une fiscalité toujours plus contraignante (IR, CSG, IFI,…). Il ne faudrait pas que l’encadrement des loyers devienne la goutte d’eau de trop pour de nombreux propriétaires-bailleurs.

Richard Horbette

Il est important de maintenir les investisseurs privés dans l’immobilier locatif traditionnel, au risque d’assister à de nouvelles pénuries de biens comme ce que l’on constate à Bordeaux depuis environ deux ans, ce qui, au final, pénalise les locataires.

Rappelons que le logement représente le plus gros poste de dépense des ménages, de 30 à 40% en moyenne : augmenter le parc de logements, seule manière efficace de faire baisser les loyers, est donc un enjeu de taille à l’heure où le pouvoir d’achat est au centre des préoccupations.

Richard Horbette

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