RE 2020, de nouveaux risques pour la construction ?

RE 2020, de nouveaux risques pour la construction ?

La RE 2020 remplacera progressivement la RT 2012. Est-ce une nouvelle étape dans la transition énergétique ? Dans un contexte d’urgence climatique, et malgré quelques reports, la future règlementation environnementale pour la construction des bâtiments neufs vient de paraitre en consultation publique. Tribune de Sébastien Faure, Expert Construction Forts Enjeux, groupe Stelliant.

Une politique environnementale ambitieuse qui risque d’impacter en profondeur les modes constructifs

Cette loi RE 2020 imposera des calculs de limitation de la consommation des énergies polluantes. Elle réduira le rejet de CO² pour tous les matériaux utilisés lors d’une construction neuve. Cela implique des changements importants des modes constructifs, mais aussi des contrats d’assurance pour les couvrir. Notre planète en a besoin, mais le monde du bâtiment et de l’assurance sont-ils prêts ?

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Depuis 2015 et les accords de Paris, la France s’engage dans une politique environnementale ambitieuse. Elle lutte contre le réchauffement climatique, pour favoriser la baisse des gaz à effet de serre.

Les objectifs sont clairs :

  • Réduire, à l’échelle européenne, les émissions de gaz à effet de serre de 55 % en 2030,
  • Atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, en accord avec la loi énergie-climat.

Dans ce cadre, la RE 2020 apparait comme un changement règlementaire majeur. L’ambition du projet de loi est explicite : limiter, puis abandonner l’usage des énergies fossiles. Car, il est nécessaire de diminuer l’empreinte carbone que le secteur du bâtiment produit.

Simultanément au projet de loi sur les passoires thermiques, cette loi RE 2020 pour les constructions neuves sera applicable d’ici janvier 2022. Elle s’attaque à la mise en conformité d’un secteur responsable de 44 % de la consommation énergétique et 27 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Simple en théorie, mais en pratique ?

Les nouveautés de la RE 2020 révolutionnent le secteur du bâtiment

Avec la RE 2020, tout est question d’indicateurs, de modalités de calcul et de mesure de la consommation énergétique des matériaux de construction. Que ce soit pour la charpente comme pour la moquette… En effet, des équivalents sont définis en kilogramme de CO2 au mètre carré pour tous les composants : de leur fabrication à leur fin de vie, recyclé ou détruit.

Une nouveauté pour le secteur de la construction qui pose de nouvelles questions. Quels seront les modes constructifs de demain ? Les acteurs du bâtiment sauront-ils s’adapter d’ici janvier 2022 ?

Date d'application de la RE 2020
Source : http://re2020.fr/

 

Certes, on a du mal à répondre à ces questions aujourd’hui. Toutefois, nous disposons de suffisamment de certitudes sur les filières susceptibles de pâtir de ce projet de loi RE 2020. Par exemple, le béton, la brique, le parpaing sont des matériaux plus polluants que le bois. De fait, ils seront valorisés sous une condition : replanter des arbres a posteriori ou utiliser du bois issu de labels écoresponsables (FSC, PEF…).

Toutefois, l’ADEME n’a pas repris cette condition dans le projet de loi. L’appel en masse à ce matériau ne risque-t-il pas d’augmenter les importations de bois venant de pays où la production n’est pas contrôlée ? Dans ce cas, la coupe de plantations non renouvelées entrainerait l’effet inverse souhaité dans le projet de loi RE 2020.

De nouveaux risques introduits par la RE 2020

Une solution verte qui s’accompagne par ailleurs d’éventuelles détériorations et de risques endogènes (insectes, champignons…). Nombreux sont les facteurs que les professionnels de la construction devront surveiller au cours de leur chantier à partir de janvier 2022 :

  • topographie du terrain,
  • isolation thermique,
  • orientation et apport solaires limités, pour ne pas transgresser la clause sur le confort en cas de forte chaleur.

Cette énième nouveauté de la RE 2020 établit une température maximale à ne pas dépasser en été. Ce qui introduit un autre paradoxe puisque les équipements de rafraichissement sont émetteurs en CO2 et augmentent la consommation énergétique.

Le monde de la construction doit donc trouver un nouvel équilibre pour palier de nouveaux risques :

  • défaut de mise en œuvre,
  • incompatibilité des nouveaux matériaux avec les normes actuelles (comportement du feu, acoustique, parasismique),
  • divergences entre les nouvelles manières de construire et les règles de l’art,
  • écart entre la consommation relevée par l’habitant et celle calculée théoriquement par le projet de loi, etc.

La liste des risques est longue et le temps presse, aussi bien pour les constructeurs que les assureurs.

Ce projet de loi est ambitieux et nécessaire. Il en découle que les acteurs de la construction ont un véritable défi à relever. En effet, il faudra intégrer un flot de nouveautés, avec son lot d’erreurs et de difficultés pratiques entrainant les assureurs dans la partie. Enfin, les professionnels de l’assurance auront un choix à faire pour adapter leurs contrats d’ici à la fin de l’année pour continuer à accompagner leurs assurés.

En savoir plus sur le groupe Stelliant

Créé en 1987, le Groupe Stelliant est le leader en France des services à l’assurance. Conseil et Prévention – Expertise – Gestion déléguée – Solutions après sinistre. Stelliant réunit tous les métiers des services à l’assurance, pour un accompagnement adapté aux enjeux des particuliers, professionnels, entreprises et assureurs dans la gestion du risque. Le groupe Stelliant et ses 2500 collaborateurs œuvrent au quotidien pour trouver ensemble les solutions adaptées qui répondent à chaque besoin, à chaque spécificité. En France, au travers de 140 implantations, comme à l’international. Le groupe est présent dans 80 pays.

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