Qualité de l’air intérieur des bâtiments : un enjeu de santé publique

Olivier Jung

Si elle est moins médiatisée que la qualité de l’air extérieur, la pollution de l’air intérieur a de nombreuses conséquences sur le bien-être et la santé des personnes. Pour que tous puissent respirer en toute sérénité, les propriétaires, bailleurs et locataires doivent s’assurer que l’ensemble des mesures et solutions ont bien été déployées dans leur bâtiment. Un avis d’expert d’Olivier JUNG, OCEA Smart Building, filiale de Groupe OCEA.

Un droit à respirer une qualité de l’air intérieur qui ne nuise pas à la santé

La loi sur l’air et sur l’utilisation rationnelle de l’énergie institue, depuis 1996, le « droit à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ». Ainsi, elle place la pollution de l’air au cœur des enjeux de santé publique.

Inscription NL MI 728×150
Salon de la Copro
URMET 2020 – Bannière 1
Solucop 2021

En effet, la pollution de l’air intérieur a de nombreuses conséquences sur le bien-être et la santé des personnes :

  • gêne olfactive,
  • somnolence,
  • irritations de la peau et des yeux,
  • apparition ou aggravation de pathologies aigües ou chroniques : asthme, allergies respiratoires, etc.

Pour pallier ces désagréments, l’arrêté du 24 mars 1982 introduit d’ores et déjà le principe d’aération générale et permanente des logements en toute saison.

La réglementation indique par ailleurs que les bailleurs doivent remettre aux locataires un logement décent. Celui-ci ne doit pas laisser apparaître de risques manifestes pour leur santé et leur sécurité. Ainsi, ils sont assurés de la jouissance paisible dudit logement. Il leur appartient donc d’équiper les logements des solutions de ventilation adéquates pour une meilleure qualité de l’air intérieur.

L’humidité des bâtiments, source indirecte de pollution de qualité de l’air intérieur

Si la vapeur d’eau n’est pas toxique pour l’être humain, un logement humide permet aux moisissures et acariens de proliférer et d’altérer la qualité de l’air intérieur. Les moisissures peuvent induire des effets sur la santé des occupants. Soit par exposition directe par inhalation de spores, soit par contact direct sur la peau ou les yeux. Elles peuvent également dégager une large gamme de composés susceptibles d’être à l’origine d’effets délétères.

Les sources d’humidité dans la maison sont nombreuses : la cuisson, le séchage du linge, la toilette, mais aussi la respiration humaine. À titre d’exemple, un adulte produit environ 55 g de vapeur d’eau à l’heure. Pour une lessive, on observe environ 1 kg sur son temps de séchage.

Or, les moisissures se développent principalement dans les pièces humides mal ventilées. C’est le cas dans les salles de bain, sur les murs mal isolés ou au niveau des ponts thermiques. D’ailleurs, leurs spores peuvent envahir très rapidement l’ensemble du logement. Ce qui altère considérablement la qualité de l’air intérieur. Selon une expertise de l’Anses, l’exposition aux moisissures concerne une part importante des habitations. Entre 14 et 20% de logements en France présentent des moisissures visibles.

Un risque de dégradation du patrimoine

Au-delà des risques sanitaires, les moisissures présentent également des dommages patrimoniaux liés à la dégradation des lieux. Ainsi, des cloques se forment sous la peinture qui se met à craquer. Par la suite, les enduits s’effritent et les papiers peints se décollent. La plupart des revêtements ne résistent pas longtemps à la présence d’humidité.

De plus, l’eau contenue dans un mur humide transporte avec elle des sels hygroscopiques qui migrent vers la surface des parois. Ce qui participe fortement au décollement des enduits et des revêtements. Dans certains cas, l’humidité peut même aller jusqu’à fragiliser la structure et dégrader la solidité d’un bâtiment. En général, les coûts de remise en état d’un logement avec des moisissures se chiffrent à plusieurs milliers d’euros.

Le rôle de la ventilation dans la qualité de l’air intérieur

La ventilation a pour objectif de contribuer au confort et à la santé des occupants ainsi qu’à la pérennité du bâtiment. La ventilation des espaces clos est une nécessité absolue et une obligation réglementaire. Elle doit assurer une bonne qualité de l’air intérieur et un confort thermique et hygrométrique optimal.

Assurément, elle permet d’apporter de l’air neuf, de diluer les polluants et d’évacuer l’excès d’humidité.

Plusieurs solutions techniques existent pour assurer le renouvellement d’air d’un bâtiment. Le choix sera fonction des besoins de renouvellement d’air tout en tenant compte des économies d’énergies. On notera que les réglementations applicables à chaque type de bâtiment ont une influence importante dans le choix d’un système adapté.

C’est pourquoi, l’arrêté du 24 mars 1982 a rendu obligatoire la ventilation générale et permanente des logements neufs. On parle depuis de VMC : ventilation mécanique contrôlée.

Des dysfonctionnements dommageables, mais facilement contrôlables

Pour aller plus loin, plusieurs solutions permettent d’assurer que la qualité de l’air intérieur soit conforme aux standards. À cet égard, il faut alerter au mieux les propriétaires et occupants sur les risques de condensation et de développement de moisissures.

Qualité de l'air intérieur

 

Car, il a été constaté que les défauts de fonctionnement sont souvent à la source d’une mauvaise qualité de l’air. Pour autant, ils sont rarement identifiés avant la réalisation de la maintenance annuelle. De sorte que l’on laisse parfois les logements sans renouvellement d’air mécanique pendant de nombreux mois.

L’instrumentation du caisson VMC permet d’alerter sur les défauts les plus impactants. Grâce à l’installation d’un capteur de pression différentielle sur le réseau horizontal de la VMC, il est possible de détecter les dysfonctionnements :

  • panne du caisson,
  • pression insuffisante,
  • mauvais réglage du point de fonctionnement du caisson, etc.

Enfin, la détection de l’humidité relative, symptôme particulièrement révélateur au cœur de l’habitat, permet d’alerter en cas d’humidité excessive et de risque de condensation.

L’humidité représente ainsi un véritable fléau pour les logements comme pour leurs occupants. Elle génère de la moisissure qui endommage le patrimoine et présente un véritable risque sanitaire.

Pour jouir de leur droit à respirer un air qui ne nuise pas à leur santé, les propriétaires, bailleurs et locataires doivent plus que jamais s’assurer que l’ensemble des mesures et solutions ont bien été déployées dans leur bâtiment. D’ailleurs, des contrôles réguliers des installations sont nécessaires pour que tous puissent respirer une qualité de l’air en toute sérénité.

Guide des Pros 2021 (728×150)
Boutique en ligne – nouveauté vidéo et support (728×150)
Jurisprudences 2020 728×150
Inscription Ateliers juridiques 2021 – 2022 (728×150)