Le baromètre des prix de l’immobilier neuf par le portail Trouver-un-logement-neuf.com confirme une tendance lourde : la correction amorcée à l’automne 2025 se poursuit. Le prix moyen d’un appartement neuf de trois-pièces atteint désormais 317 611 €, soit un recul de 1,26 % en six mois. Mais derrière cette moyenne nationale se cachent des réalités très contrastées. En effet, deux tiers des villes enregistrent une baisse, tandis que certains marchés littoraux ou haut de gamme s’envolent. Dans un contexte de raréfaction de l’offre et de volatilité accrue, comprendre les dynamiques locales devient indispensable pour tout acheteur ou investisseur.
Sommaire :
- Où en sont les prix de l’immobilier neuf en France ?
- Quelles villes enregistrent les plus fortes baisses ?
- Quelles villes voient leurs prix s’envoler ?
- Paris et le classement des villes les plus chères : quelle réalité ?
- Pourquoi le marché du neuf est-il si volatil ?
À retenir – Prix de l’immobilier neuf au printemps 2026
- Le T3 neuf coûte en moyenne 317 611 € en France en mars 2026.
- 56 villes sur 89 enregistrent une baisse des prix du neuf.
- Paris reste la ville la plus chère avec 858 500 € pour un T3.
- Nice affiche la plus forte hausse : +24,25 % en six mois.
- La raréfaction de l’offre alimente la volatilité des prix.
Où en sont les prix de l’immobilier neuf en France ?
Un recul confirmé sur six mois
Les prix de l’immobilier neuf avaient amorcé une première correction à l’automne 2025. Au printemps 2026, l’ajustement se poursuit. Le baromètre de Trouver-un-logement-neuf.com l’établit clairement. Ainsi, le prix moyen d’un appartement neuf de trois-pièces atteint 317 611 €, en repli de -1,26 % en six mois. La tendance est majoritaire, toutefois son ampleur varie fortement d’une ville à l’autre.

Le baromètre couvre 89 villes disposant d’au moins cinq programmes neufs en commercialisation. Parmi elles, 56 enregistrent une baisse et 33 affichent une hausse. La correction s’amplifie ainsi par rapport au semestre précédent.
Une offre qui se raréfie et fragilise le marché
La raréfaction des programmes neufs disponibles est au cœur de la dynamique actuelle. Or, avec moins d’opérations en commercialisation, le prix moyen réagit mécaniquement à chaque nouvelle mise en vente. Un programme haut de gamme fait bondir la moyenne. À l’inverse, un lot orienté primo-accession la tire vers le bas.
« Le marché du neuf reste extrêmement contrasté. Certaines villes corrigent fortement tandis que d’autres voient leurs prix s’envoler lorsque quelques programmes haut de gamme arrivent sur le marché », analyse Céline Coletto, porte-parole de Trouver-un-logement-neuf.com.
Cette situation n’est pas conjoncturelle. Elle reflète une crise structurelle de la production de logements neufs en France. Les coûts de construction ont augmenté. Les permis de construire sont plus difficiles à obtenir. Les mises en chantier reculent depuis 2022. Néanmoins, le recul des taux d’intérêt amorcé en 2025 redonne progressivement de la capacité d’emprunt aux ménages. Les primo-accédants éligibles au PTZ (prêt à taux zéro) en bénéficient en particulier, dès lors que le dispositif a été élargi en 2024 à l’ensemble du territoire pour les logements neufs collectifs.
Quelles villes enregistrent les plus fortes baisses ?
Des corrections parfois brutales en périphérie
Plusieurs villes affichent des reculs spectaculaires en six mois. Deux mécanismes l’expliquent. D’une part, les promoteurs lancent davantage de programmes orientés primo-accession, donc à des prix plus abordables. D’autre part, ils bradent les derniers lots en fin de commercialisation — les fameuses queues de programmes. En VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), ces ajustements leur permettent d’écouler leurs stocks et de libérer de la trésorerie pour de nouvelles opérations.
La correction la plus brutale frappe Castelnau-le-Lez (34), près de Montpellier : le prix moyen d’un T3 chute de -19,85 % pour s’établir à 293 100 €. D’autres localités suivent avec des replis significatifs : Berck-sur-Mer (-18,32 %), Guidel (-15,60 %), Saint-Denis (-13,14 %).
Les grandes agglomérations ne sont pas épargnées
L’ajustement touche aussi les grandes métropoles. Orléans recule de -8,95 %, Villeurbanne de -8,22 %, Brest de -7,90 %, Angers de -7,74 %. Même des marchés traditionnellement résistants corrigent : Annecy (-7,49 %), Aix-en-Provence (-6,25 %), Paris (-3,67 %).
En revanche, ces baisses restent modérées dans les grandes villes. Dans les marchés de taille intermédiaire, la faible profondeur de l’offre amplifie mécaniquement les variations.
Quelles villes voient leurs prix s’envoler ?
Nice en tête, portée par le haut de gamme
À l’opposé, certaines villes enregistrent des hausses spectaculaires. Le mécanisme est toujours le même : quelques programmes haut de gamme arrivent sur un marché à l’offre très restreinte. Ils font bondir la moyenne locale.
Nice (06) en est l’illustration parfaite. Le prix moyen d’un T3 neuf y bondit de +24,25 % en six mois, pour atteindre 607 600 €. Un T3 de 85 m² y dépasse actuellement 1,3 million d’euros. Dès lors, avec si peu de programmes disponibles, la moyenne explose mécaniquement.
Le dynamisme des marchés littoraux et touristiques
D’autres villes affichent également de fortes progressions. Capbreton grimpe de +9,86 %, Mulhouse de +8,89 %, Saint-Ouen-sur-Seine de +7,47 %, Quimper de +7,20 %, Saint-Laurent-du-Var de +7,13 %, La Rochelle de +6,35 %. Ces chiffres confirment le dynamisme persistant des marchés littoraux et touristiques — littoral atlantique comme Côte d’Azur. La rareté du foncier y est structurelle. Par ailleurs, la forte demande en résidences secondaires et en investissement locatif continue de soutenir les prix de l’immobilier neuf.

Le classement des villes les plus chères : quelle réalité ?
Paris, toujours hors norme
Paris recule de -3,67 % en six mois. Pourtant, la capitale reste de très loin la ville la plus chère pour l’immobilier neuf : 858 500 € en moyenne pour un T3. Le podium ne change pas, malgré les baisses enregistrées à Paris et à Puteaux. Capbreton, en revanche, fait son entrée dans ce classement.

L’écart avec les marchés les plus accessibles reste saisissant. À Saint-Paul-lès-Dax (40), un T3 neuf s’affiche à 204 700 €. Autrement dit, on peut acheter près de quatre appartements neufs à Saint-Paul-lès-Dax pour le prix d’un seul à Paris.
Pourquoi le marché du neuf est-il si volatil ?
Quatre facteurs structurels à l’œuvre
Les variations atteignent -19,85 % à +24,25 % en seulement six mois. Une volatilité inédite. Trouver-un-logement-neuf.com identifie quatre facteurs qui l’expliquent.
- La baisse du nombre de programmes en commercialisation : moins d’offre signifie que chaque nouveau programme pèse davantage sur la moyenne locale.
- L’orientation vers la primo-accession : les promoteurs lancent davantage de logements accessibles. Cela tire mécaniquement les prix moyens vers le bas dans certaines villes.
- La faible profondeur du marché : dans les villes de taille intermédiaire, quelques opérations suffisent à faire bouger significativement les statistiques.
- L’impact de quelques programmes haut de gamme : à l’inverse, un seul programme premium dans une ville peu dotée en offre fait exploser la moyenne à la hausse.
Quelle perspective pour les mois à venir ?
« Tant que la production de logements neufs ne repartira pas réellement, cette instabilité pourrait durer. Certaines villes continueront d’ajuster leurs prix tandis que d’autres connaîtront des hausses rapides faute d’offre disponible », conclut Céline Coletto.
Un facteur nouveau pourrait toutefois modifier la donne : le retour attendu des investisseurs. Le dispositif Jeanbrun — nouveau statut du bailleur privé — vient d’entrer en vigueur. Ce dispositif fiscal vise à relancer l’investissement locatif dans le neuf. Il pourrait soutenir la demande et, par ricochet, stabiliser les prix de l’immobilier neuf dans certains segments.
Les investisseurs ciblent en priorité les zones tendues, où le rendement locatif reste attractif malgré des prix d’acquisition élevés. Enfin, l’achat dans le neuf présente un avantage souvent sous-estimé : des frais de notaire réduits, de 2 à 3 % contre 7 à 8 % dans l’ancien. Un atout qui renforce concrètement le pouvoir d’achat immobilier des acquéreurs.

