Et si le syndic arrêtait de facturer ?

Et si le syndic arrêtait de facturer ?
Guillaume Perrodin

Et si le syndic arrêtait de facturer ?

En ce début d’année dans le monde de l’immobilier, le baromètre KPMG en partenariat avec Real Estech, est une excellente analyse et synthèse du marché à venir et des évolutions que se soient en termes de business modèle, profession, expertise etc… D’ailleurs dans l’article de la Tribune du 24 janvier 2018, Julien Denormandie alerte les professionnels « faites émerger des nouveaux modèles et services de demain en cassant les verrous ».

Cette tribune corrélée à l’étude de l’ARC et d’UFC-Que choisir du mois d’avril 2017 de l’observatoire des syndics concernant « l’inflation exponentielle des frais entre autres qui induit un taux de satisfaction toujours aussi bas malgré la loi ALUR », montre bien la nécessité de repenser un nouveau modèle notamment dans la gestion immobilière.

Cet article indiquant, des « forfaits en trompe l’œil », « l’explosion des prix » malgré le contrat type, des « petits arrangements avec la loi pour user et abuser des vacations horaires », frais de relances, taux horaires majorés qui, pour quelques dizaines ou vingtaines d’euros, occasionnent un fort sentiment de rejet des copropriétaires et dévalorise une fois de plus la profession. Nous ne pensons pas qu’il s’agisse du modèle que souhaite faire émerger Monsieur Denormandie.

 

Un questionnement pour générer une chaine de valeur positive

 

Quelle est l’idée derrière la volonté de facturer au prix fort ces prestations non créatrices de valeurs ?  Augmenter le chiffre d’affaire d’un syndic de 2/3% et susciter de l’insatisfaction voire de la frustration et des articles de consommateurs dénonçant ces pratiques ?

Si l’on souhaitait discréditer un métier aussi passionnant que peut l’être le syndic de copropriété, on ne s’y prendrait pas autrement…

Sans modification de l’approche client, la tendance qui consiste pour nombre de copropriétaires à se gérer eux-mêmes, facilitée par l’arrivée de nouveaux outils et acteurs, ne fera que s’accentuer. La reconnaissance du syndic et donc sa nécessaire transformation ne peut passer que par la modification de son positionnement dans la stratégie d’une agence immobilière / groupe.

 

Au cœur de la stratégie

 

Actuellement très cloisonnés, les différents métiers/expertises ne communiquent que très peu entre eux. Pourtant, si l’on considérait un client syndic comme un prospect des autres métiers de l’agence, l’approche consisterait plutôt à éviter des factures qui créent plus de désagréments et font fuir le client.

Même si le métier de syndic ne sera jamais aussi rentable que le transactionnel, il est néanmoins indispensable de le remettre au cœur de la stratégie immobilière :

De par l’étendue de son activité, de ses diverses expertises/connaissances, des datas importantes qu’il exploite au quotidien, il peut devenir un des principaux apporteurs d’affaire des autres branches d’une agence et doit être un des principaux acteurs de la recomposition à venir de ce métier.

Cette montée en gamme est attendue par les copropriétaires et par les syndics eux-mêmes pour susciter des vocations, ré-attirer des ressources humaines et surtout mettre en avant les compétences variées qu’il possède. Il est tout de même plus valorisant pour un syndic de proposer une analyse comparative des charges par poste/résidence/ localisation que d’aller défendre une refacturation de quelques euros devant des propriétaires échaudés.

 

La solution via les plateformes ouvertes

 

C’est à ce niveau que le digital intervient : Il est à même d’accompagner ce changement stratégique pour les agences immobilières, qui vise à remettre l’occupant au cœur de son immobilier.

Sur une problématique globale comme peut l’être la gestion immobilière, il est nécessaire de trouver une solution globale touchant l’ensemble des domaines et ouverte à l’ensemble des parties prenantes. Le digital fait partie de cette évolution du métier, en réduisant des tâches répétitives non créatrices de valeur, en valorisant les expertises, en rendant accessible la donnée au plus grand nombre, et en allant chercher de nouveaux axes de monétisation.

La solution n’est pas un outil ponctuel mais une solution large permettant d’intéresser l’occupant en lui apportant une plateforme ouverte et pédagogique, recueillant et présentant l’information disponible et le rendant acteur de son bien et de son environnement.

Diffuser et partager l’information (en même temps que le savoir-faire du syndic), informer les biens à vendre/louer du patrimoine de l’agence, aller chercher des mandats exclusifs, commercialiser les activités d’administrateurs de biens, monétiser d’autres services encore sur un seul et même accès où les utilisateurs trouvent l’ensemble de leur écosystème est sûrement la solution pour redonner aux syndics la place qu’ils devraient avoir, qu’ils devront conquérir dans le contexte de smart city, de la transition énergétique et tout cela, au service du client.

Ce changement stratégique, en plus de revaloriser le métier de gestionnaire et de le repositionner, est le véritable accélérateur de croissance et une vraie différenciation sur le marché.

Considérer chaque client d’un syndic comme un potentiel client des autres métiers de l’Agence : Est-il encore nécessaire de facturer au prix fort certaines prestations ?

http://syment.com/