Des taux bas pour relancer la croissance et l’investissement

Des taux bas pour relancer la croissance et l'investissement

Qu’attendre des taux en 2020 alors que les économies développées aujourd’hui sont en voie de fragmentation géographique et que l’immobilier en constitue un parfait reflet ? Dans cette course à la croissance économique que font les banques ? La réponse de Nicolas Bouzou, économiste.

Des taux bas pour relancer la croissance et l’investissement

Dans un contexte économique mondial de croissance (+3,5% aux États-Unis, +2,5% en Europe), la France va mieux, avec notamment la création d’un million d’emplois sur les cinq dernières années.

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Toutefois cette économie mondiale se transforme en s’appuyant sur deux vecteurs, la transformation technologique et la transformation climatique.

Désormais il faut regarder le monde avec une vision à 360 degrés.

Nous sommes dans la troisième révolution industrielle où tout va très vite, plus les entreprises sont importantes plus leur croissance est rapide ainsi que leur rendement économique, créant des mastodontes plus puissants que certains états.

Les économies développées aujourd’hui sont en voie de fragmentation géographique et l’immobilier en constitue un parfait reflet. La troisième révolution industrielle métropolise et concentre les richesses.

En témoigne ce chiffre inimaginable : l’Ile-de-France représente moins de 20 % de la population métropolitaine et pourtant, en 2019, elle a concentré 45 % des créations d’emplois de notre pays. On comprend mieux la tension qui existe sur les prix de l’immobilier et l’écart abyssal entre les grandes métropoles et certains territoires provinciaux.

Dans cette course à la croissance économique, les banques centrales (FED et BCE) cherchent à maintenir des taux directeurs très bas, afin de relancer les investissements et la croissance.

En Europe, cette politique de taux durablement proche de 0 a fait exploser la demande de financements, en témoigne, le million de transactions dans l’ancien en 2019 et le record absolu de 1 078 milliards d’euros d’encours de crédits immobiliers.

Deux marchés de l’immobilier : les métropoles et la “France périphérique”

Il est fort probable que les prix des logements continuent d’augmenter mais attention, il n’y a plus un marché de l’immobilier, mais plusieurs marchés.

L’activité économique se concentre dans les métropoles. Le foncier se faisant de plus en plus rare, c’est aussi là que l’offre de logements est la plus inélastique. Résultat, les prix y sont donc structurellement en hausse.

À l’inverse, le marché de la “France périphérique” va globalement rester orienté à la baisse jusqu’à ce que la demande remonte.

À cet égard, notons la mise en place de certaines mesures politiques, telles que la reconduction du Pinel neuf dans les zones B2 et C, ou l’élargissement des zones et de la liste des travaux éligibles du dispositif Denormandie.

Des dispositifs qui devraient permettre de relancer le marché immobilier neuf et ancien dans ces villes de province. Ainsi, les investisseurs peuvent créer du logement dans ces zones détendues. Ils participent à la croissance économique de ces régions. En ce sens, l’État répond parfaitement à sa mission de dynamisation des villes moyennes dans le cadre du plan Action Cœur de Ville.

Les banques doivent changer leur modèle économique

Les emprunteurs sont désormais des milléniums, nés avec le digital et des sociétés centrant leur stratégie sur l’expérience client.

À l’image des GAFAM, les banques et intermédiaires en crédits doivent changer leur modèle économique.

En rendant l’achat plus simple et moins stressant, l’expérience client sera renforcée et la croissance au rendez-vous.

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