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Immobilier

Défaillances BTP et immobilier 2025 : le secteur résiste-t-il à la crise ?

Défaillances BTP et immobilier 2025 : le secteur résiste-t-il à la crise ?

Le secteur de la construction et de l’immobilier affiche une embellie inattendue en 2025. Selon l’étude Altares, les défaillances BTP et immobilier 2025 reculent de 8,1% au quatrième trimestre. Ce repli contraste avec le record national de près de 70 000 faillites d’entreprises sur l’année. Le bâtiment, qui concentre un quart des procédures collectives en France, tire la tendance vers le bas. Le gros œuvre, la maçonnerie et la maison individuelle enregistrent des baisses significatives. Côté immobilier, les agences et surtout la promotion immobilière respirent enfin. Pourtant, des tensions persistent dans le second œuvre. Comment expliquer cette résistance ? Quels sous-secteurs restent fragiles ? Cet article décrypte les chiffres clés et les perspectives pour les professionnels du BTP et de l’immobilier.


Sommaire :


À retenir – Défaillances BTP et immobilier 2025

  • La construction recule de 8,1% au T4 2025. Le niveau national augmente de 1,7%.
  • La promotion immobilière chute de 74% sur le trimestre.
  • Le gros œuvre baisse de 9 à 11%. La maçonnerie et la maison individuelle tirent le secteur.
  • Le second œuvre reste fragile. La plâtrerie, la charpente et la couverture augmentent.
  • Altares anticipe une accalmie en 2026. De nouveaux défis réglementaires se profilent.

Pourquoi les défaillances BTP et immobilier 2025 marquent-elles un tournant ?

Un recul de 8,1 % au quatrième trimestre

Le groupe Altares publie son étude le 20 janvier 2026. Il recense 4 696 défaillances dans la construction au T4 2025. Ce chiffre représente une baisse de 8,1% par rapport au même trimestre 2024. Sur l’ensemble de l’année, le repli atteint 3,2%.

En revanche, la tendance nationale reste orientée à la hausse. La France enregistre 69 957 défaillances en 2025, soit +3,1%. Le secteur de la construction concentre ainsi 25% des procédures collectives. Autrement dit, il pèse sur un quart des faillites du pays.

Le bâtiment porte la dynamique positive

Le bâtiment totalise plus de 3 800 défaillances au quatrième trimestre. Le gros œuvre affiche un recul de 9%. Plus précisément, la maçonnerie baisse de 10%. La construction de maisons individuelles diminue de 11%. Ces résultats traduisent une stabilisation. En effet, le secteur avait connu des hausses de +38% au T4 2023. Un an plus tard, la progression atteignait encore +10%. Désormais, la tendance s’inverse.

Le second œuvre reste sous tension

Le second œuvre limite sa baisse à 2% au T4 2025. Néanmoins, certains métiers souffrent encore. La plâtrerie augmente de 10%. La charpente progresse également de 10%. La couverture bondit de 17%. Ces corps de métiers subissent les effets persistants de la hausse des coûts. En particulier, l’énergie et la logistique pèsent sur leurs marges.

Thierry Millon, directeur des études Altares, souligne que « les entreprises les plus vulnérables tentent de jouer sur les délais de paiement interentreprises pour pallier des trésoreries qui se contractent ».

Quels sont les résultats de l’immobilier dans ce contexte de défaillances ?

Les agences immobilières reprennent des couleurs

L’immobilier affiche un recul global de 21% des défaillances au T4 2025. Les données Altares confirment cette tendance. Les agences immobilières enregistrent une baisse de 16%. Cette amélioration intervient après plusieurs trimestres difficiles. En effet, la hausse des taux d’intérêt avait ralenti les transactions. Aujourd’hui, le marché retrouve un peu de souffle.

La promotion immobilière en forte baisse

La promotion immobilière connaît un effondrement spectaculaire. Les défaillances chutent de 74% au quatrième trimestre 2025. Ce chiffre s’explique par un assainissement du marché. Concrètement, les acteurs les plus fragiles ont quitté le secteur. Ils ont disparu au cours des années 2023 et 2024. Par conséquent, cette correction laisse place à des entreprises mieux capitalisées.

Les travaux publics confirment leur solidité

Les travaux publics affichent un repli de 13% des défaillances au T4 2025. Les grands chantiers d’infrastructure soutiennent ce segment. De plus, les investissements publics alimentent l’activité. Cette résilience profite à l’ensemble de la filière construction. Elle compense ainsi partiellement les difficultés du logement neuf.

Évolution des défaillances BTP et immobilier 2025 – Détail par activité – Source Altares, janvier 2026
Évolution des défaillances BTP et immobilier 2025 – Détail par activité – Source Altares, janvier 2026

Quels facteurs expliquent la résistance des défaillances ?

Une inflation maîtrisée en 2025

L’économie française évolue dans un contexte d’inflation maîtrisée en 2025. Cette stabilité permet aux entreprises du BTP de mieux anticiper leurs coûts. Les marges se reconstituent progressivement après plusieurs années de compression. Toutefois, Thierry Millon nuance ce constat. Il évoque « une croissance atone avec des finances publiques sous tension dans un contexte géopolitique compliqué ». Ce cocktail crée un climat d’incertitude pour les entreprises.

Des délais de paiement sous surveillance

Le retard moyen de paiement atteint un plus haut depuis la crise Covid. Il dépasse désormais 14 jours. Cette situation accentue fortement le risque commercial pour les entreprises du BTP. Les TPE et PME sont particulièrement exposées. Elles subissent ces tensions de trésorerie au quotidien. Ce facteur explique pourquoi certains sous-secteurs restent fragiles malgré l’amélioration globale.

Un effet de base favorable

Les années 2023 et 2024 avaient connu des hausses massives de défaillances. Le T4 2023 affichait +38%. Le T4 2024 progressait encore de +10%. Désormais, l’effet de base joue en faveur du secteur construction. De plus, les entreprises les plus fragiles ont déjà disparu du marché. Le tissu économique restant se révèle donc plus résilient. Cette sélection naturelle explique en partie la baisse des défaillances.

Évolution des défaillances par type de procédure en France (2024-2025)
Évolution des défaillances par type de procédure en France (2024-2025)

Quelles perspectives pour les défaillances BTP – immobilier 2025 et au-delà ?

Des signaux d’accalmie pour 2026

Thierry Millon, directeur des études Altares, observe une inflexion positive. Il conclut : « La trajectoire a commencé à s’inverser sur les comportements de paiement qui s’améliorent modestement sur le dernier trimestre. »

Par ailleurs, la hausse des ouvertures de procédures collectives ralentit depuis plusieurs mois. Cette tendance porte l’espoir d’un léger repli en 2026. Le secteur BTP pourrait ainsi confirmer son redressement.

Des défis réglementaires à anticiper

Les entreprises du BTP et de l’immobilier devront s’adapter à de nouvelles contraintes. D’abord, la facturation électronique devient obligatoire en réception dès septembre 2026. Cette évolution impose une adaptation rapide des outils de gestion. Ensuite, le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) entre en application. Il renchérit les importations de produits très émetteurs. L’acier et le ciment sont directement concernés. Par conséquent, les coûts de construction vont augmenter.

Prudence et anticipation stratégique requises

Les professionnels doivent conjuguer prudence financière et anticipation stratégique. Les perturbations logistiques persistent. Elles pèsent sur les délais d’approvisionnement. Les besoins en fonds de roulement restent élevés.

Enfin, Altares rappelle les faiblesses structurelles de l’écosystème entrepreneurial français. L’étude pointe trois vulnérabilités : « capitaux insuffisants, Supply Chain peu résiliente, numérisation incomplète ». Les entreprises du BTP doivent redoubler d’audace pour rester compétitives.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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