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Logement

​Crise du logement : 74% des Français peinent à se loger en France

​Crise du logement : 74% des Français peinent à se loger en France

74 % des Français jugent difficile de se loger dans notre pays. 20 % vont plus loin : ils qualifient la situation de « très difficile ». Pire encore, 76 % ont déjà consenti des sacrifices financiers importants à cause du coût de leur loyer ou de leur emprunt. Parmi eux, 53 % ont réduit leur budget alimentaire, renoncé à des soins médicaux ou emprunté de l’argent pour s’en sortir. Le Baromètre du logement Odoxa-Nexity-BFM-Capital (vague 4, mai 2026), réalisé auprès de 1 005 Français représentatifs, livre ces chiffres sans appel. La crise du logement n’est plus une abstraction statistique : elle s’invite dans les assiettes, les corps et les bulletins de vote.


Sommaire :


À retenir — Crise du logement en France : les chiffres chocs du baromètre Odoxa mai 2026

  • 74 % des Français jugent difficile de se loger en France.
  • 76 % des ménages ont consenti des sacrifices financiers à cause du coût du logement.
  • 70 % feront du logement un critère de vote à la présidentielle.
  • 75 % des Français soutiennent le dispositif fiscal Jeanbrun.
  • 64 % estiment que le crédit immobilier est déjà trop cher à 3,5 %.

Le logement, un besoin vital de moins en moins bien assuré

Se loger : une priorité aussi fondamentale que se nourrir ou se soigner

La crise du logement en France touche aux fondements mêmes de la vie quotidienne. Le baromètre OdoxaNexity-BFM-Capital de mai 2026 place « se loger » sur le podium des besoins jugés les plus essentiels. Ce besoin recueille 66 % de citations. Il arrive derrière « se soigner » (75 %) et « se nourrir » (71 %), mais loin devant « travailler » (48 %) ou « se déplacer » (10 %).

Crise du logement en France

Or, ce besoin fondamental reste l’un des plus mal couverts. 59 % des Français jugent que « se loger » est aujourd’hui « mal assuré » en France. C’est 13 points de plus que « se nourrir » et 21 points de plus que « travailler ». Autrement dit, le logement cumule deux handicaps : il est à la fois le plus nécessaire et le moins bien garanti.

Des inégalités sociales et territoriales très marquées

La crise du logement ne frappe pas tous les Français de la même façon. 83 % des locataires jugent difficile de se loger, contre 67 % des propriétaires. L’écart se creuse encore davantage selon les revenus. 34 % des foyers gagnant moins de 1 500 € par mois trouvent cela « très difficile ». C’est presque le triple des ménages aisés, qui ne sont que 13 % dans ce cas au-delà de 3 500 € par mois.

La crise du logement pèse lourd sur le budget des ménages

Des arbitrages douloureux et généralisés

76 % des Français ont consenti au moins un sacrifice important à cause du coût de leur loyer ou de leur emprunt immobilier. Ce chiffre grimpe à 88 % chez les 18-24 ans et dans les foyers les plus modestes. Il atteint également 85 % chez les locataires. La crise du logement génère ainsi une spirale de renoncements en cascade.

Sacrifices budgétaires en raison du coût du logement

Les sacrifices les plus fréquents touchent d’abord les loisirs et la consommation courante. 62 % des Français ont renoncé à des sorties et activités. 60 % ont réduit leurs achats de vêtements. 60 % ont cessé d’épargner. Pourtant, 53 % sont allés plus loin encore : ils ont arbitré sur des postes vitaux.

Taux d’intérêt et guerre au Moyen-Orient : des risques qui s’accumulent

Un crédit immobilier déjà jugé trop cher

Les taux d’intérêt moyens atteignent actuellement 3,5 % pour un crédit sur 20 ans. Or, 50 % des Français jugent déjà ce niveau trop élevé. 14 % supplémentaires fixent leur seuil d’intolérance entre 3,5 % et 4 %. Au total, 64 % des Français jugent le crédit immobilier déjà trop cher ou sur le point de le devenir. Ce seuil monte à 76 % chez les locataires souhaitant accéder à la propriété.

Coût du crédit immobilier

La guerre au Moyen-Orient, une menace supplémentaire sur le marché immobilier

71 % des Français anticipent des conséquences négatives de la guerre au Moyen-Orient sur le marché immobilier français. Parmi eux, 56 % redoutent avant tout un impact sur leur pouvoir d’achat global. Par ailleurs, 30 % craignent une hausse des taux d’intérêt. Cette perspective se révèle particulièrement anxiogène pour les candidats à l’accession à la propriété, qui sont 42 % à la citer. Enfin, 13 % anticipent un climat d’incertitude durable sur le marché.

Le logement s’impose comme enjeu majeur de la présidentielle

70 % des Français en feront un critère de vote

La crise du logement change la donne politique. 70 % des Français déclarent tenir compte des programmes des candidats sur le logement et l’immobilier au moment de voter. Ce chiffre dépasse 77 % en agglomération parisienne, où la tension locative est la plus forte. Il atteint 78 % chez les locataires.

La pression électorale est donc considérable. Elle invalide par ailleurs deux idées reçues tenaces : l’adage « maire bâtisseur, maire battu » et l’argument NIMBY (« Not In My Backyard »). Selon Gaël Sliman, président d’Odoxa, les Français demandent à l’État de construire davantage. Ils acceptent en même temps que cette construction se fasse près de chez eux.

90 % veulent plus de logements disponibles

90 % des Français se disent favorables à ce que le pays mette à disposition davantage de logements, à la location ou à l’acquisition, en construisant ou en rénovant. Ce résultat progresse nettement par rapport à février 2026 (vague 3), où 72 % exprimaient cette demande à l’échelle de leur seule commune. Dès lors, l’attente ne se cantonne plus au local : elle monte au niveau national. Cette évolution traduit une exigence citoyenne croissante face à la crise du logement.

Le logement comme enjeu présidentiel

Les réformes Jeanbrun et passoires thermiques plébiscitées malgré leurs limites

Le dispositif Jeanbrun : un consensus rare

Le ministre Vincent Jeanbrun lance en janvier 2026 un plan de relance du logement. Son objectif : construire 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030. Le mécanisme fiscal proposé incite les ménages à investir dans le locatif. Concrètement, un ménage qui achète un appartement pour le louer peut déduire de ses revenus locatifs une partie du prix d’achat. Il déduit également l’intégralité des charges liées à la location : travaux, intérêts d’emprunt, taxe foncière.

75 % des Français se déclarent favorables à ce dispositif Jeanbrun. Le consensus est remarquable : locataires (76 %) et propriétaires (74 %) affichent une adhésion quasi identique. En politique, un tel accord transversal reste rare. Il témoigne de l’intensité du sentiment de crise du logement partagé par l’ensemble de la population.

L’assouplissement des règles sur les passoires thermiques : une mesure pragmatique

Le gouvernement envisage d’assouplir les interdictions de location des logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE). Il propose d’accorder un délai de 3 ans aux propriétaires de maisons individuelles pour réaliser les travaux. Pour les appartements en copropriété, ce délai s’élève à 5 ans.

65 % des Français approuvent cette réforme. Ils estiment qu’elle permettrait de remettre sur le marché des logements actuellement exclus de la location. 76 % considèrent en effet que cet assouplissement augmenterait le nombre de logements disponibles.

Pourtant, les risques restent bien présents dans les esprits. 72 % craignent que les propriétaires retardent leurs travaux de mise en conformité. 67 % s’inquiètent d’un préjudice pour les locataires occupant ces passoires thermiques. En outre, 60 % anticipent une dévalorisation des logements les plus performants sur le plan énergétique.

opinion sur l'assouplissement des règles passoires thermiques

Logement et transition écologique : les Français passent à l’action

Des comportements éco-responsables déjà largement adoptés

La crise du logement produit un effet inattendu : elle pousse les Français vers des pratiques plus sobres et plus écologiques. 7 Français sur 10 déclarent avoir déjà réduit leur consommation d’eau (71 %) ou baissé leur chauffage (73 %). Plus significatif encore, 83 % ont déjà réalisé ou se disent prêts à réaliser au moins un investissement pour rendre leur logement plus performant.

Logement et transition écologique : les Français passent à l'action

Parmi ces investissements, les travaux d’isolation arrivent en tête. 66 % envisagent de les réaliser, dont 31 % les ont déjà entrepris. Les équipements écologiques, comme les chaudières à granulés, intéressent 54 % des répondants, dont 20 % sont déjà passés à l’acte. Enfin, 52 % se disent prêts à changer de logement pour un bien neuf mieux isolé, quitte à payer davantage. 17 % ont déjà franchi ce cap.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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