Et, si votre antenne relais finançait vos travaux de rénovation ? C’est la question que pose Marina Milioto, directrice générale de TIP France (Télécom Infrastructure Partenaire France), dans ce nouvel épisode d’Allô l’Expert. Beaucoup de copropriétés ignorent qu’elles perçoivent un loyer annuel grâce à leur bail de télécommunication. Pourtant, ce revenu peut représenter un vrai levier de financement. TIP France propose justement de racheter ce bail en échange d’un capital garanti, versé en une fois ou échelonné selon le plan de travaux. Une solution méconnue, mais concrète, pour alléger la charge financière des copropriétaires. Marina Milioto nous explique comment en bénéficier, à quel moment s’y préparer, et pourquoi il vaut mieux anticiper plutôt qu’attendre.
Sommaire :
- Le bail de télécommunication, un actif méconnu des copropriétés
- Financer ses travaux grâce au bail de télécommunication : comment ça fonctionne ?
- Toutes les copropriétés sont-elles éligibles ?
- Les risques à connaître avant de se lancer
Le bail de télécommunication, un actif méconnu des copropriétés
Une antenne sur le toit, une source de revenus ignorée
De nombreuses copropriétés hébergent une antenne relais sur leur toit. En retour, elles perçoivent un loyer annuel versé par l’opérateur téléphonique. Ce loyer vient en déduction des charges. Les copropriétaires apprécient ce revenu supplémentaire. Pourtant, très peu mesurent le véritable potentiel de leur bail de télécommunication.

L’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) recense plus de 60 000 sites d’antennes relais actifs en France. Une grande partie occupe des immeubles en copropriété. Selon la localisation, l’opérateur et la nature du site, les loyers oscillent entre 1 500 € et 6 000 € par an. Une somme souvent sous-estimée. Elle peut pourtant représenter un apport financier significatif pour la copropriété.
Ce que TIP France propose concrètement
TIP France va bien au-delà de la simple perception d’un loyer. La société rachète directement le bail de télécommunication ainsi que le loyer qui y est attaché. En contrepartie, elle verse un capital garanti à la copropriété. Mieux encore, ce capital s’adapte aux besoins : la copropriété peut le recevoir en une seule fois ou l’échelonner dans le temps selon son calendrier de travaux.
Marina Milioto, directrice générale de TIP France, l’explique clairement : « On est capable de valoriser ce loyer, c’est-à-dire qu’on peut acheter le bail et le loyer qui est rattaché en contrepartie d’un capital garanti. Ce capital peut être versé en une fois ou lissé dans le temps pour répondre à un plan travaux. » Une approche sur mesure qui répond directement aux besoins de financement des copropriétés.
Financer ses travaux grâce au bail de télécommunication : comment ça fonctionne ?
Une offre personnalisée selon les besoins de la copropriété
TIP France commence par analyser les documents, le contrat et le site de l’installation. Elle formule ensuite une offre personnalisée. Si les copropriétaires valident la proposition, ils la soumettent au vote en assemblée générale. La loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis l’impose : toute décision engageant financièrement le syndicat des copropriétaires doit obtenir la majorité de l’article 24 ou 25 selon la nature de l’acte. Une fois le vote acquis, le processus dure environ un mois et demi à deux mois selon les zones géographiques.
Anticiper pour sécuriser le financement
Marina Milioto le dit sans détour : « Pour être tranquille, il vaut mieux prévoir 6 mois, le temps de l’analyse et de disposer des fonds tranquillement. » Autrement dit, il ne faut pas attendre que les travaux soient déjà planifiés pour s’intéresser au bail de télécommunication. Les assemblées générales programment souvent des travaux à deux ou trois ans. C’est justement ce calendrier qui permet d’échelonner les apports de manière sécurisée.
Ce cadre s’inscrit par ailleurs dans une évolution législative forte. La loi ELAN du 23 novembre 2018 a renforcé les obligations des copropriétés en matière de planification. La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 est allée plus loin encore : elle rend obligatoire le plan pluriannuel de travaux (PPT) pour les copropriétés de plus de 200 lots depuis le 1er janvier 2023. Ce plan impose une vision à dix ans des besoins de la copropriété. Autant de raisons d’anticiper dès maintenant le financement via le bail de télécommunication.
Toutes les copropriétés sont-elles éligibles ?
Une analyse préalable indispensable
TIP France n’adresse pas d’offre systématique à toutes les copropriétés. Elle étudie chaque dossier de manière approfondie. Quand elle ne souhaite pas se positionner, elle explique pourquoi. Cette transparence aide les copropriétaires à comprendre la valorisation de leur site. Elle leur permet aussi d’identifier les risques et les bénéfices liés à leur bail de télécommunication. Les critères d’éligibilité portent notamment sur la localisation de l’antenne, la nature du contrat, la durée résiduelle du bail et le niveau de loyer perçu.
Un premier contact sans engagement
Jusqu’à la signature de la promesse, TIP France n’exige aucun engagement. Ses conseillers accompagnent les copropriétaires à chaque étape.
Marina Milioto encourage d’ailleurs tous les syndicats à prendre contact, même à titre exploratoire : « C’est un rendez-vous qui n’engage à rien. On peut parfaitement travailler sur une analyse et avoir un propriétaire qui refuse notre proposition, sans aucun engagement. »
Un simple appel suffit ainsi pour obtenir une première analyse. Il permet de savoir rapidement si le bail de télécommunication peut devenir un levier de financement concret.
Les risques à connaître avant de se lancer
La clause de résiliation technique, un point de vigilance
Le bail de télécommunication contient une clause de résiliation technique. Cela signifie que l’opérateur peut retirer son antenne à tout moment. Si une copropriété mise sur ce revenu pour financer des travaux dans trois ans et que l’antenne disparaît entre-temps, les fonds ne sont plus disponibles.
Marina Milioto met en garde : « Les baux ont une clause de résiliation technique. L’opérateur peut partir quand il veut. Si vous misez sur l’antenne pour vos travaux dans 3 ans et que d’ici là l’antenne est démontée, vous n’aurez plus les fonds nécessaires. »
C’est précisément pour éviter ce scénario que TIP France rachète le bail dès maintenant. Elle sécurise ainsi le capital avant toute résiliation éventuelle. Cette démarche est d’autant plus pertinente que le déploiement de la 5G entraîne des reconfigurations de sites. Certains baux existants se voient résiliés sans préavis suffisant.
Pourquoi se faire accompagner par un expert
Le bail de télécommunication reste un contrat technique et juridique complexe. Ses clauses, sa durée et sa valeur varient selon les situations. Le Code des postes et des communications électroniques (CPCE) encadre les relations entre opérateurs et propriétaires, notamment sur les conditions d’installation et de résiliation des équipements. Faire appel à un expert comme TIP France permet d’évaluer objectivement chaque situation. Cela évite les mauvaises surprises et maximise le capital obtenu. Marina Milioto le résume bien : l’accompagnement est la clé d’une décision éclairée et sécurisée.

