Charges de copropriété : une fracture entre Paris et la province

Les charges de copropriété sont plus élevées de 68% à Paris.

MeilleureCopro publie les résultats de son Observatoire des charges de copropriété© dans les 11 villes les plus peuplées de France. La capitale bat un record en affichant une moyenne à 40,4 euros par m², 68% plus élevée qu’en province !

Les charges de copropriété sont plus élevées de 68% à Paris

 

Le prix moyen des charges de copropriété en 2018 (en €/m² Carrez/an) montre que la capitale bat un record en affichant une moyenne à 40,4 € / m², à comparer avec le niveau observé dans les métropoles régionales : 24,0 € / m².

La moyenne nationale du prix des charges de copropriété se situe à 25,8 € / m².

Dans le détail des grandes agglomérations, la palme de la ville où les charges, en valeur absolue, sont les plus chères (hors Paris) revient à Nice (32,6 € /m²/an), suivie de Lille (25,7 €). La moyenne annuelle des charges de copropriété est de 25,1 € à Marseille, 24,9 € à Strasbourg, 23,2 € à Montpellier, 22,6 € à Lyon, 22,4 € à Rennes, 22,2 € à Toulouse, 21,9 € à Nantes et de 19,6 € à Bordeaux.

Charges de copropriété

Si l’on prend l’exemple d’un logement de 60 m² (Carrez), les charges représentent en moyenne, par an, 2.426 € à Paris, 1.957 € à Nice, 1.542 € à Lille ou encore 1.175 € à Bordeaux.

L’âge, la taille et les équipements des copropriétés conditionnent le prix des charges

 

L’âge et la taille des copropriétés, mais aussi leurs équipements conditionnent le prix des charges. Ainsi, dans les copropriétés construites avant 1958, les charges annuelles ne représentent en moyenne « que » 23 € / m² Carrez, alors qu’elles pèsent 31 € dans les résidences construites entre 1959 et 1974 et 25 € dans celles édifiées après 1975.

Charges de copropriété

On aurait pu penser, à priori, que les copropriétés les plus âgées engendreraient les charges les plus lourdes. Cela aurait été le cas dans une configuration d’équipements importants, mais ce n’est qu’à partir des années 60 que les copropriétés ont multiplié les équipements énergivores comme les ascenseurs ou les chaudières collectives.

Edouard-Jean Clouet, Président de MeilleureCopro.

C’est pour cette raison que les copropriétés des années 60 et 70 (jusqu’en 1974) affichent les charges les plus lourdes mais aussi parce qu’elles n’étaient pas encore concernées par la politique d’économie d’énergie qui a suivi la crise pétrolière de 74.

En effet, il faut attendre 1975 pour que les copropriétés nouvelles intègrent la notion de dépenses énergétiques pour des raisons financières d’abord, puis pour des raisons écologiques.

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Les charges de copropriété continuent leur envol : + 3% en 2018

 

Si elles sont les plus élevées, les charges parisiennes stagnent (+0,3%), alors que les charges dans les autres villes augmentent de 4,4% en un an, établissant la moyenne nationale à +3,1%.

Charges de copropriété

Montpellier (+5,7%), Toulouse (+5,6%) et Marseille (+4,6%) connaissent les plus importantes hausses de charges ! Une augmentation bien plus forte que l’inflation (1,8% en 2018).

3 facteurs justifient cette hausse

➡  L’explosion des sinistres : +20% en dégâts des eaux en 2018), alors qu’ils représentent 40% des sinistres en copropriété.

➡  La hausse des honoraires de syndic : jusqu’à +20,6% à Lyon ! Soit deux fois plus importante à Lyon qu’à Paris (+10,2%) !

➡  Les fortes variations des températures.

Cette année, on observe un vrai clivage entre l’évolution des charges de copropriété à Paris et celle des autres grandes villes de France ; cela s’explique par un hiver très doux en Ile-de-France qui a permis de limiter la hausse des charges.

Edouard-Jean Clouet

Par ailleurs, il faut noter que la taille et les équipements des copropriétés pèsent sur l’inflation du chauffage. Si l’on prend l’exemple de Bordeaux, on peut se demander pourquoi l’évolution de charges est-elle inférieure à la moyenne des villes de province alors que le DJU est positif ?

L’explication est toute bête, Bordeaux compte peu d’équipement en chauffage collectif (7% vs 15% dans les villes de province et 18% en France) ainsi qu’un parc majoritairement composé de petites copropriétés (47% vs 17% dans les villes de province et 15% en France).

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, la hausse du prix du gaz de 14% entre 2017 et 2018 n’a touché qu’un nombre limité de contrat ayant fait l’objet d’un renouvellement sur 2018. Car la majorité des copropriétés avaient souscrit en 2015 et 2016 des contrats fixes sur 3 ans.

Quels sont les postes à surveiller de près en 2019 ?

 

Charges de copropriété

MeilleureCopro publie les résultats de son Observatoire des charges de copropriété© dans les 11 villes les plus peuplées de France en dévoilant d’une part le prix des charges en € / m² Carrez / an et d’autre part l’évolution du prix des charges entre 2017 et 2018. Cette étude se base sur l’analyse de 208.000 copropriétés en France soit 26% du parc national (estimé à 800.000 copropriétés).