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Rénovation

​Rénovation énergétique : Hellio décrypte 5 profils sur 51 000 copropriétés

​Rénovation énergétique : Hellio décrypte 5 profils sur 51 000 copropriétés

Le projet de loi Relance Logement entre dans le débat parlementaire. Le gouvernement vient de dévoiler son plan d’électrification des bâtiments. Dans ce contexte, la rénovation énergétique des copropriétés s’impose comme un défi majeur — et urgent. Entre passoires thermiques difficiles à réhabiliter et immeubles modernes déjà bien notés au DPE collectif, la performance énergétique du parc résidentiel collectif révèle des réalités très contrastées. Pour y voir clair, CoproSolutions, la plateforme digitale du groupe Hellio, publie un état des lieux inédit fondé sur les données de plus de 51 000 copropriétés réparties sur l’ensemble du territoire français. Le constat est sans appel : toutes les copropriétés ne sont pas logées à la même enseigne, et une réponse unique ne peut pas suffire.


Sommaire :


À retenir — Rénovation énergétique et copropriétés françaises

  • Un tiers des petites copropriétés de centre-ville ancien sont classées F ou G au DPE.
  • CoproSolutions accompagne 51 000 copropriétés et 1 551 cabinets de syndics sur tout le territoire.
  • Cinq typologies de copropriétés coexistent avec des défis de rénovation énergétique très différents.
  • Le Diagnostic Technique Global est obligatoire depuis le 1er janvier 2026.
  • CoproSolutions vise 50 % des gestionnaires utilisateurs de la plateforme d’ici 2030.

Que révèle l’état des lieux de CoproSolutions sur les copropriétés françaises ?

Lancée en juin 2024, CoproSolutions est née d’un constat simple : la paperasse administrative est l’un des premiers freins à la rénovation énergétique. Pour y remédier, la plateforme digitalise et centralise tous les documents clés d’un projet de réhabilitation thermique : PPT, PPPT, DPE, audit énergétique, DTG, devis et pièces administratives. L’objectif est clair — simplifier le quotidien des syndics et des conseils syndicaux pour qu’ils puissent se concentrer sur l’essentiel : engager les travaux.

Un réseau qui couvre l’intégralité du territoire

Deux ans après son lancement, les chiffres parlent d’eux-mêmes. La plateforme recense 51 000 copropriétés enregistrées dans tous les départements français et 1 551 cabinets de syndics référencés — parmi lesquels Foncia, Nexity, Orpi, Sergic ou Laforêt. Elle fidélise 3 000 gestionnaires et suit plus de 1 000 Plans Pluriannuels de Travaux (PPT). Cette présence sur l’ensemble du territoire — urbain, périurbain et rural — donne à CoproSolutions une vision du parc de copropriétés que peu d’acteurs du secteur peuvent revendiquer.

Que révèle l'état des lieux de CoproSolutions sur les copropriétés françaises ?

Un contexte réglementaire qui accélère l’urgence

Depuis le 1er janvier 2025, la location des logements classés G au DPE est interdite. Depuis le 1er janvier 2026, la réalisation d’un Diagnostic Technique Global (DTG) est obligatoire. Ces deux échéances successives ne laissent plus de place au statu quo. La rénovation énergétique n’est plus une option : c’est une obligation légale. Améliorer l’étiquette énergétique du bâtiment, réaliser des économies d’énergie et engager une transition bas-carbone sont désormais inscrits dans le calendrier réglementaire de chaque copropriété.

Quelles sont les cinq typologies de copropriétés face à la rénovation énergétique ?

Les données de CoproSolutions permettent de dresser un portrait précis du parc français. Cinq grandes typologies de copropriétés se dégagent. Or, chacune fait face à des obstacles bien différents en matière de rénovation énergétique. Autrement dit, une solution unique ne peut pas fonctionner pour toutes.

les cinq typologies de copropriétés face à la rénovation énergétique

La petite copropriété de centre-ville ancien : la plus vulnérable

Cette catégorie représente 36,2 % des copropriétés présentes sur la plateforme — c’est la plus répandue. Ces immeubles sont petits : 18 logements en moyenne, construits avant 1960, chauffés individuellement dans 86 % des cas. Résultat : un tiers d’entre eux affichent une étiquette F ou G, le bas du classement énergétique.

Pourtant, les rénover est particulièrement difficile. Installer une pompe à chaleur suppose de disposer d’une toiture ou d’espaces extérieurs souvent absents en centre-ville dense. L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) se heurte fréquemment au caractère classé ou protégé du bâti. En conséquence, les coûts grimpent et les projets s’enlisent. Par ailleurs, ces copropriétés sont les plus exposées aux restrictions progressives de location imposées par la loi Climat et Résilience (loi n° 2021-1104 du 22 août 2021) : leurs propriétaires-bailleurs jouent contre la montre.

Les grands ensembles des années 1960-1980 : des investissements hors norme

Les grands ensembles ne représentent que 1,1 % des copropriétés référencées. En apparence, un poids marginal. En réalité, ces immeubles de plus de 200 logements concentrent des enjeux financiers hors norme. Leur gouvernance est souvent bien structurée — syndic professionnel, conseil syndical actif — mais leurs programmes de travaux atteignent des montants que peu de ménages peuvent absorber.

Majoritairement classés D ou E au DPE, leur bilan thermique révèle des besoins de décarbonation profonde. Or, les dispositifs actuels — MaPrimeRénov’ Copropriétés, éco-prêt à taux zéro collectif — ne sont pas calibrés pour cette échelle. La question du financement reste entière.

La copropriété résidentielle de province : le cœur du marché

Avec 39,1 % des copropriétés enregistrées, c’est la catégorie la plus représentée. Elle constitue surtout le principal levier pour atteindre les objectifs nationaux de rénovation énergétique à grande échelle. Ces petites copropriétés d’une quinzaine de logements — chauffage individuel, bâti jusqu’aux années 2000 — affichent des performances proches de la moyenne nationale.

Leur atout majeur : la taille. Moins il y a de copropriétaires, plus il est facile de voter les travaux en assemblée générale. Dès lors, l’enjeu n’est pas tant la décision que l’accompagnement : structurer les projets d’éco-rénovation, identifier les aides mobilisables via les Certificats d’Économies d’Énergie, sécuriser le montage financier. C’est précisément sur ce créneau qu’Hellio a déployé un accompagnement dédié.

Les copropriétés de la reconstruction : priorité des politiques publiques

Ces immeubles d’environ 25 logements, construits entre 1960 et 1970, représentent 15,3 % du parc observé. Ils fonctionnent en grande majorité avec un chauffage collectif. Près d’un tiers restent classés F ou G au DPE. Ce qui les distingue des autres typologies : leur exposition aux marchés de la vente et de la location. Le DPE est obligatoire à chaque transaction.

Ces copropriétés ne peuvent donc pas ignorer leur performance énergétique — elle apparaît en clair dans chaque annonce immobilière. C’est d’ailleurs pourquoi elles se retrouvent au cœur des politiques publiques. Un audit énergétique préalable permet d’y cibler les postes prioritaires : isolation des toitures, remplacement du chauffage collectif vétuste, amélioration de la ventilation.

Les copropriétés modernes du périurbain : les mieux préparées

Ces copropriétés représentent 8,3 % du parc observé, mais affichent le meilleur bilan énergétique. Construites après 1980, équipées à 57 % d’un chauffage individuel, elles ont bénéficié de normes de construction bien supérieures aux générations précédentes. Plus d’un logement sur cinq y est déjà classé A, B ou C.

Pour elles, l’urgence n’est donc pas la même. L’enjeu se déplace vers l’optimisation des consommations énergétiques et la gestion intelligente des équipements collectifs. Elles disposent en outre d’un atout concurrentiel sur le marché : la valeur verte, c’est-à-dire la plus-value immobilière directement liée à une bonne performance énergétique. Un argument de poids à l’heure où les acheteurs scrutent les étiquettes DPE avant de signer.

Comment le projet de loi Relance Logement et l’électrification des bâtiments changent-ils la donne ?

Face à ces cinq réalités de terrain, les pouvoirs publics tentent d’apporter des réponses. Le projet de loi Relance Logement et le plan gouvernemental d’électrification des bâtiments fixent un cap ambitieux. Mais la question reste posée : les outils actuels sont-ils à la hauteur de la diversité du parc ?

Des obstacles techniques et financiers qui varient selon les typologies

Les données de CoproSolutions sont claires : les obstacles à la rénovation énergétique varient profondément d’un immeuble à l’autre. Dans certains cas, c’est la contrainte technique qui bloque — bâti classé, installation de chauffage fragmentée, absence d’espace pour les équipements. Dans d’autres, c’est le financement qui fait défaut. Ailleurs encore, c’est la gouvernance : difficile de faire voter des travaux coûteux dans une copropriété divisée.

dispositifs d'aide à la rénovation énergétique en copropriété

En outre, les charges liées aux travaux ne pèsent pas de la même façon selon le profil socioéconomique des copropriétaires. Toutes ces nuances plaident pour des dispositifs d’accompagnement sur mesure — et non des solutions standardisées appliquées à l’ensemble du parc.

Le rôle clé de la donnée et de la digitalisation

« La réussite de la transition énergétique passera aussi par la capacité du secteur de la copropriété à se transformer », déclare Tanguy Dupont, Vice-Président du groupe Hellio en charge du Logement.

Pour lui, CoproSolutions doit jouer un rôle central dans cette mutation, en investissant dans ses fonctionnalités pour mieux outiller les gestionnaires.

David Lemarquand, Responsable développement CoproSolutions, va plus loin : « L’électrification ne pourra réussir qu’en combinant accompagnement, financement et simplification des parcours de rénovation. Il faut désormais s’appuyer sur la donnée et l’intelligence artificielle pour apporter à chaque copropriété les réponses dont elle a réellement besoin. »

Un positionnement qui fait de la technologie non pas une fin en soi, mais un levier au service du terrain.

Quelles ambitions pour CoproSolutions à horizon 2030 ?

CoproSolutions ne se contente pas de dresser un état des lieux. La plateforme annonce une feuille de route concrète pour les quatre prochaines années, avec un cap fixé à 2030.

Quelles ambitions pour CoproSolutions à horizon 2030 ? Rénovation énergétique

Un espace de consultation fluidifié dès 2026

Dès 2026, CoproSolutions offrira aux gestionnaires de copropriétés la possibilité de solliciter directement architectes, bureaux d’études, assistants à maîtrise d’ouvrage et entreprises de travaux référencés sur la plateforme pour obtenir des devis et lancer leurs projets plus rapidement. Ces professionnels disposeront d’un espace dédié pour consulter et répondre aux demandes qui leur sont adressées.

Des fonctionnalités avancées pour 2030

Côté fonctionnalités, la plateforme prévoit d’aller bien plus loin que la simple centralisation documentaire. Le suivi des consommations énergétiques en temps réel, l’analyse automatisée des diagnostics de bâtiment et des recommandations personnalisées de travaux sont au programme. Les gestionnaires pourront également simuler le reste à charge, modéliser des emprunts et recevoir des rappels automatiques des travaux à soumettre au vote en assemblée générale. En somme : une gestion énergétique intelligente, doublée de plans de financement sur mesure.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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