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Immobilier

​Prix immobiliers 2026 : une reprise de printemps encore très inégale

​Prix immobiliers 2026 : une reprise de printemps encore très inégale

Le marché immobilier français envoie des signaux contradictoires en ce printemps 2026. Selon le Baromètre national des prix de l’immobilier de SeLoger et Meilleurs Agents, les prix immobiliers progressent dans plusieurs grandes villes — Nantes, Marseille, Montpellier en tête — mais la France entière reste en territoire négatif à −0,2 % depuis janvier. Or, le seul affichage des prix ne suffit plus à lire le marché : les délais de vente révèlent trois configurations bien distinctes, entre villes en reprise franche, marchés en ajustement et zones de friction. Pendant ce temps, les taux de crédit remontent à 3,7 % en mai 2026 — sans pour autant fermer la fenêtre d’achat, que les loyers en hausse continuent d’entretenir.


Sommaire :


À retenir — Prix immobiliers 2026 : reprise de printemps hétérogène

  • Mai 2026 enregistre les plus fortes variations mensuelles des prix immobiliers depuis le début de l’année.
  • La France entière affiche −0,2 % depuis janvier 2026 malgré la reprise dans plusieurs métropoles.
  • Le marché se divise en trois profils : reprise franche, ajustement tarifaire et friction.
  • Le taux de crédit immobilier à 25 ans atteint 3,7 % en mai 2026, soit +0,35 point sur un an.
  • Les loyers progressent plus vite que les prix, ce qui réduit la durée d’amortissement de l’achat.

Les prix immobiliers ville par ville : qui progresse, qui corrige ?

Un rebond printanier inégal en mai 2026

Le mois de mai 2026 marque un tournant. Le Baromètre SeLoger–Meilleurs Agents enregistre ses plus fortes variations mensuelles de l’année dans le Top 11 des grandes villes. Dès lors, les contrastes entre marchés deviennent saisissants.

Marseille, Montpellier et Rennes signent les hausses les plus marquées. Nantes suit avec une progression notable. Toulouse s’inscrit dans la même dynamique positive. En revanche, Bordeaux (−3,4 % depuis janvier) et Lille (−1,7 %) poursuivent leur correction. Strasbourg (−0,3 %) et Nice (−0,7 %) affichent également un léger repli.

Au niveau national, l’IPI France reste à −0,2 % depuis janvier 2026. La reprise des grandes métropoles ne fait pas encore basculer l’indice global en territoire positif. Par ailleurs, les zones rurales affichent une performance remarquable : l’IPI Rural progresse de +4,8 % depuis le début de l’année. Cela traduit un appétit persistant pour les maisons hors des grandes agglomérations.

Paris et Lyon : des signaux positifs confirmés

Paris affiche 9 701 €/m² au 1er juin 2026, soit +0,6 % depuis janvier. La capitale retrouve des acheteurs. C’est un signal net de stabilisation après plusieurs mois de correction. Lyon, à 4 673 €/m², progresse de +1,4 % sur la même période. Ces deux marchés figurent ainsi parmi les plus solides du Top 11.

Les villes du Sud en forte progression

Marseille (3 644 €/m²) grimpe de +2,7 % depuis janvier. Montpellier (3 479 €/m²) gagne +2,1 %. Toulouse (3 585 €/m²) avance de +1,5 %. Ces trois villes du Sud engagent un mouvement de rattrapage. Elles comblent des années de sous-valorisation relative face aux marchés parisien et lyonnais.

Nantes et Rennes : deux trajectoires opposées

Nantes (3 442 €/m²) enregistre la plus forte hausse du Top 11 avec +4,2 %. La ville avait subi la correction la plus sévère entre 2022 et 2024. Elle entre désormais dans une phase de reprise franche. Rennes (4 037 €/m²) progresse de +1,8 % depuis janvier. Pourtant, son marché envoie des signaux contradictoires. Les délais de vente permettent de mieux les lire — voir la partie suivante.

Prix immobiliers dans les grandes villes

Délais de vente : quel profil de marché pour votre ville ?

Trois configurations pour lire le marché au-delà des prix

Les prix immobiliers ne racontent qu’une partie de l’histoire. Croisés avec les délais de vente médians, ils révèlent trois profils de marché distincts. C’est l’analyse que conduit Dr. Alexandra Verlhiac, économiste chez SeLoger-Meilleurs Agents.

Un délai de vente en baisse signale que vendeurs et acheteurs trouvent plus rapidement un accord. À l’inverse, un délai qui s’allonge révèle des négociations difficiles. En mai 2026, aucune ville ne cumule baisse des prix et allongement des délais. C’est un signal positif pour la santé globale du marché.

Profil 1 : reprise franche — Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes

Ces cinq villes affichent simultanément des prix en hausse et des délais de vente en baisse. Les acheteurs valident les prix pratiqués par les vendeurs.

  • Paris réduit son délai de 72 à 66 jours en trois mois. C’est le signal le plus net de retour des acheteurs dans la capitale.
  • Lyon confirme la même tendance : ses prix progressent de +1,4 % et ses délais de vente reculent sur trois mois.
  • Marseille suit également ce profil favorable, portée par une hausse de +2,7 % depuis janvier.
  • Nantes affiche le délai le plus court du Top 11 : 62 jours seulement, soit −14 jours sur trois mois. Auparavant la ville la plus corrigée entre 2022 et 2024, elle entre désormais dans une reprise franche.
  • Montpellier gagne −6 jours sur trois mois. Néanmoins, son délai annuel s’est allongé de +21 jours pour atteindre 93 jours. La demande répond à court terme, mais le marché manque encore de dynamisme sur la durée.

Profil 2 : ajustement — Bordeaux, Lille, Nice

Ces trois villes enregistrent simultanément une baisse des prix et une réduction des délais. Les vendeurs consentent des efforts tarifaires suffisants pour stimuler la demande.

  • Bordeaux gagne −7 jours sur trois mois et reste à 85 jours. La liquidité s’améliore, toutefois la correction tarifaire se poursuit.
  • Nice réduit son délai de 7 jours pour atteindre 76 jours.
  • À Lille, la réduction n’est que de 2 jours. Néanmoins, 72 jours suffisent en moyenne pour conclure une vente.

Profil 3 : friction — Rennes, Toulouse, Strasbourg

Ces trois villes voient leurs prix progresser, mais leurs délais de vente s’allonger. Les vendeurs maintiennent leurs prix malgré des transactions plus lentes.

  • Strasbourg allonge son délai de +3 jours sur trois mois,
  • Toulouse de +2 jours,
  • Rennes de +7 jours. Or, Rennes mérite une attention particulière. Elle affiche le délai le plus long du Top 11 : 107 jours. Sur un an, ses prix progressent de +1,9 % tandis que ses délais s’allongent de +30 jours. L’équilibre entre vendeurs et acheteurs reste difficile à trouver. En conséquence, si la demande tarde à se consolider, les vendeurs rennais devront probablement réviser leurs prix à la baisse.

Délais de vente par ville

Taux de crédit et durée d’amortissement : la fenêtre d’achat est-elle encore ouverte ?

Des taux en hausse depuis mars 2026

Depuis mars 2026, les taux d’intérêt des crédits immobiliers remontent. L’instabilité géopolitique liée au conflit au Moyen-Orient pèse sur les marchés financiers. Pour un prêt à 25 ans, le taux ordinaire (source : Pretto) progresse ainsi : 3,39 % en mars, 3,6 % en avril, puis 3,7 % en mai 2026. Il atteignait 3,35 % un an plus tôt, soit une hausse de +0,35 point. Cette progression freine les projets des primo-accédants. Elle touche en particulier ceux qui approchent le taux d’effort maximum de 35 %.

Pourtant, cette hausse des taux ne referme pas la fenêtre d’achat. Deux facteurs compensateurs jouent en faveur des acheteurs.

Les loyers progressent plus vite que les prix : la durée d’amortissement recule

La durée d’amortissement représente le temps nécessaire pour que l’achat devienne plus avantageux que la location. Pour un appartement de 50 m² avec un crédit sur 25 ans et 60 000 € d’apport, cette durée atteint en moyenne 6 ans et 1 mois en France au 1er juin 2026. C’est 3 mois de moins qu’un an plus tôt.

L’explication est mécanique : les loyers progressent plus vite que les prix à la vente. La location devient relativement plus chère. Dès lors, le délai à partir duquel l’achat s’avère plus rentable se raccourcit. Bordeaux (−20 mois sur un an), Nantes (−28 mois) et Lille (−19 mois) affichent les réductions les plus marquées. Leurs prix ont baissé — respectivement −2 %, −1,6 % et −2,1 % sur un an — tandis que leurs loyers ont augmenté : +0,9 %, +1,3 % et +2,2 %.

En revanche, Toulouse allonge sa durée d’amortissement de +7 mois sur un an, passant de 6 ans et 6 mois à 7 ans et 1 mois. Les prix y progressent plus vite que les loyers. Rennes suit la même tendance avec +8 mois supplémentaires (de 8 ans et 1 mois à 8 ans et 9 mois). Hors Top 11, Saint-Étienne et Mulhouse se distinguent par des durées d’amortissement exceptionnellement courtes : respectivement 2 ans et 1 mois et 1 an et 7 mois. Ces marchés facilitent considérablement les projections pour les acquéreurs.

La renégociation du crédit : un atout supplémentaire pour les acheteurs de 2026

Un second facteur joue en faveur des acheteurs actuels : la possibilité de renégocier leur crédit plus tôt. Une renégociation se déclenche généralement à partir d’un écart d’un point entre le taux contracté et le taux de marché. Or, les taux ont remonté depuis un an. Un acheteur qui s’engage aujourd’hui atteindra donc plus rapidement cet écart déclencheur. Il pourra ainsi renégocier son crédit plus tôt dans la vie du prêt. Autrement dit, le coût total de financement baisse, ce qui compense en partie la hausse des taux actuels.

La renégociation du crédit : un atout supplémentaire pour les acheteurs de 2026

La reprise des prix immobiliers au printemps 2026 est réelle. Elle reste néanmoins fragmentée. Elle profite aux marchés où vendeurs et acheteurs trouvent un équilibre. En revanche, elle met sous pression les villes où les ambitions tarifaires peinent à rencontrer la demande.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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