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Baromètre location meublée 2025 : pourquoi le marché se bloque-t-il ?

Baromètre location meublée 2025 : pourquoi le marché se bloque-t-il ?

Le baromètre location meublée 2025 publié par Lodgis dresse un constat net : le marché de la location meublée longue durée se tend partout en France. En un an, l’offre recule fortement (-24% au niveau national et -25% en Île-de-France sur le second semestre), pendant que la demande reste élevée, voire explose dans plusieurs métropoles. Résultat : les loyers s’envolent dans de nombreuses villes de région, la mobilité des locataires recule et les durées de séjour s’allongent, surtout à Paris (jusqu’à 8 mois en moyenne). La question devient centrale : comment expliquer ce blocage, et quelles pistes se dessinent pour rééquilibrer le marché en 2026 ?


Sommaire :


À retenir – Baromètre location meublée 2025

  • L’offre de meublés longue durée se contracte fortement (-24% en France, -25% en IDF), ce qui accentue la pénurie.
  • Les loyers restent quasi stables à Paris (+0,9%), mais flambent en régions (moyenne +8,83%).
  • La durée moyenne de séjour à Paris atteint un niveau inédit (8 mois), signe d’une mobilité en baisse.
  • Plusieurs métropoles voient la demande bondir fortement (ex. Lyon ~+40%, Bordeaux +200%).
  • Les types de baux se rééquilibrent : recul du bail mobilité et retour des baux plus longs, notamment à Paris.

Pourquoi l’offre s’effondre-t-elle dans le baromètre location meublée 2025 ?

Une contraction mesurée, mais massive

Le baromètre location meublée 2025 pointe une baisse nette des logements disponibles : -24% en France sur un an, et -25% en Île-de-France sur le second semestre 2025. Lodgis décrit un marché « profondément déséquilibré », où la demande reste solide alors que l’offre se retire.

Le PDG de Lodgis, Alexis Alban, met en avant un facteur clé : l’incertitude. Selon lui, « la demande n’a jamais été aussi forte, mais l’offre continue de se réduire (…) par manque de visibilité , et l’absence de cadre stable installerait durablement la pénurie dans les grandes villes. »

Chiffres-clés du baromètre location meublée 2025
Chiffres-clés du baromètre location meublée 2025

Une tension locative qui déborde sur l’Île-de-France

Longtemps concentrée à Paris, la tension s’étend. Les stocks en régions seraient globalement stables, mais la pression vient d’ailleurs : la demande grimpe très vite dans plusieurs villes, ce qui crée localement une rareté “de fait”, même sans chute brutale du stock.

En parallèle, la lisibilité du marché locatif est aussi influencée par des règles nationales (encadrement, performance énergétique, fiscalité), qui peuvent peser sur la décision de remettre un bien en location longue durée. Voir, par exemple, le cadre des locations meublées en résidence principale (Loi du 6 juillet 1989, art. 25-3) et le bail mobilité (art. 25-12).

Comment les loyers évoluent-ils entre Paris, l’Île-de-France et les régions ?

Paris : une hausse faible qui masque la pénurie

Lodgis observe à Paris une hausse annuelle limitée à +0,9%, avec un mouvement proche entre Paris centre (+0,94%) et le reste de Paris (+0,75%). Cette stabilité apparente « masque » une tension croissante liée à la rareté et à la baisse de mobilité.

Quels sont les loyers des locations meublés au m2 ?
Quels sont les loyers des locations meublées au m2 ?

Régions : une moyenne à +8,83%, avec de forts écarts

En régions, la hausse moyenne atteint +8,83%, nettement au-dessus de celle observée en Île-de-France. Lyon se distingue avec +11,93%, tandis que d’autres marchés reculent (Bordeaux -2,06%, Aix-en-Provence -3,92%). Le baromètre insiste sur l’hétérogénéité : les tensions ne se ressemblent plus d’une ville à l’autre.

Quand la demande s’emballe, les prix suivent

On observe plusieurs marqueurs de surchauffe : Lyon ~+40%, Bordeaux +200%, Toulouse +45%, Aix-en-Provence +228%, Montpellier +83% en demande. Même si l’offre régionale ne s’effondre pas partout, l’écart entre besoins et disponibilité alimente mécaniquement la hausse des loyers là où l’absorption est la plus rapide.

Qui loue, pour quoi faire, et pour combien de temps en 2025 ?

Moins de mobilité, plus de séjours longs à Paris

Le signal le plus parlant du baromètre location meublée 2025 est la durée moyenne : à Paris, elle atteint 8 mois (+2,9%), un « niveau inédit » selon Lodgis. En clair : les locataires restent plus longtemps, la rotation baisse, et les logements reviennent moins vite sur le marché.

Que font les locataires Lodgis ?
Que font les locataires Lodgis ?

Des profils de locataires qui bougent selon les villes

En Île-de-France, Lodgis observe une hausse de la demande (+15%) ainsi qu’une légère progression de la part des locataires français (+0,9 point). À l’inverse, les mobilités internationales reculent, notamment en provenance d’Asie (part à 4,3 %, -2,1 points), ce qui réduit une partie de la demande “premium” liée à certains séjours professionnels.

Lyon : le basculement vers le “pro”

À Lyon, le baromètre met en lumière une évolution rapide : la part de locataires français recule au profit de clientèles européennes et nord-américaines. Tandis que les séjours professionnels bondissent de 25,6 points pour dépasser 72% des locations. Conséquence directe : la durée moyenne chute de 11,1 mois à 5,7 mois en un an.

Des logements plus grands, signe d’une clientèle différente

Autre signal à suivre : la typologie des logements. En régions, la part des studios recule d’environ 19 points, tandis que les 2 pièces et 3 pièces gagnent du terrain. Lodgis y voit l’effet d’une demande plus professionnelle, et parfois plus “installée”, qui privilégie des surfaces plus grandes.

Quels baux dominent et que dit le cadre légal de la location meublée ?

Lodgis constate un recul du bail mobilité (-3,4 points) au profit du bail de résidence principale (+4,3 points), qui pèse désormais 37,5% des contrats signés à Paris. Une évolution cohérente avec l’allongement des durées de location : lorsque les locataires restent plus longtemps, la rotation diminue et le marché se rigidifie.

Quels types de bail signent-ils ?
Quels types de bail signent-ils ?

Les règles clés à connaître (meublé, résidence principale, mobilité)

Le régime juridique des locations meublées utilisées comme résidence principale est encadré par la loi du 6 juillet 1989, notamment son article 25-3. Le bail mobilité, quant à lui, est défini par l’article 25-12 : il s’agit d’un contrat meublé de courte durée destiné à des locataires en situation de mobilité (études, stage, mission professionnelle, mutation, etc.).

Quelles perspectives et solutions concrètes pour 2026 selon Lodgis ?

Un marché “sous perfusion”, mais un signal attendu

Lodgis parle d’un marché de la location longue durée « sous perfusion » et identifie un levier : redonner un cadre lisible aux bailleurs. La création d’un statut de bailleur privé est jugé « moins ambitieux qu’initialement espéré », mais susceptible d’apporter une meilleure lisibilité aux investisseurs.

Ce que Lodgis anticipe pour la location meublée traditionnelle

Selon Lodgis, la location meublée traditionnelle pourrait conserver un avantage en 2026, portée par une stabilité réglementaire et fiscale jugée plus favorable que sur d’autres segments. Le message est clair : sans visibilité, les propriétaires hésitent à remettre des biens sur le marché, et la pénurie se prolonge.

Pour desserrer l’étau et fluidifier l’offre, les leviers les plus opérationnels sont connus :

  • sécuriser le montage locatif (choisir le bail adapté, renforcer les garanties, professionnaliser la gestion),
  • remettre plus vite en location les logements vacants grâce à une rénovation ou un ameublement ciblés,
  • clarifier les règles locales (encadrement, autorisations, contrôles) tout en améliorant l’information des bailleurs.

Autrement dit, la sortie de crise passe autant par la confiance et la lisibilité que par la mise sur le marché de logements réellement disponibles.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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