Une étude Odoxa pour Nexity, publiée en janvier 2026, révèle l’ampleur de la crise du logement des jeunes en France. Les chiffres sont alarmants : 79% des 18-34 ans estiment qu’il est difficile de trouver un toit. Par ailleurs, 61% d’entre eux ont déjà rencontré des obstacles concrets dans leur recherche. Loyers trop élevés, offre insuffisante, critères d’accès inatteignables : les freins s’accumulent. En conséquence, un jeune sur deux a dû quitter sa commune ou envisage de le faire. Cette situation affecte leur santé mentale, leur vie professionnelle et même leur projet familial. L’enquête dresse un état des lieux préoccupant et identifie les leviers pour faciliter l’accès au logement des jeunes.
Sommaire :
- Pourquoi le logement des jeunes est-il devenu un besoin vital non satisfait ?
- Quels sont les principaux obstacles à l’accès au logement des jeunes ?
- Quelles régions et quels profils sont les plus touchés par la crise du logement des jeunes ?
- Quelles conséquences la crise du logement des jeunes entraîne-t-elle sur leur vie quotidienne ?
- Le logement des jeunes peut-il devenir un enjeu électoral décisif ?
À retenir – Logement des jeunes en France
- 79% des jeunes jugent l’accès au logement difficile en France.
- 61% des 18-34 ans ont déjà rencontré des obstacles pour se loger.
- Le coût trop élevé des loyers et des prix d’achat reste le frein principal.
- 86% des jeunes estiment que ces difficultés affectent leur santé mentale.
- 63% des jeunes voteraient pour un candidat facilitant l’accès au logement.
Pourquoi le logement des jeunes est-il devenu un besoin vital non satisfait ?
Se loger, une priorité au même titre que se nourrir
Les jeunes Français placent le logement parmi leurs besoins les plus essentiels. En effet, l’étude Odoxa réalisée du 15 au 26 décembre 2025 auprès de 2 459 jeunes (18-34 ans) révèle un chiffre marquant. 80% d’entre eux considèrent que se loger est fondamental. Ce besoin arrive juste après se nourrir (85%). Il devance même le fait de se soigner (75%). Pourtant, cette priorité reste largement insatisfaite.
De fait, 69% des jeunes vivent dans un logement qu’ils jugent inadapté. Les problèmes se cumulent : bruit excessif, humidité persistante, chauffage défaillant, surface insuffisante ou manque de luminosité.

Un constat partagé par toute la population
Cette difficulté n’échappe à personne. Ainsi, 78% de l’ensemble des Français reconnaissent que se loger reste compliqué pour les moins de 35 ans. Les jeunes eux-mêmes partagent ce diagnostic à 79%. De plus, 69% estiment que leur situation se révèle plus difficile que celle de leurs parents au même âge. Seuls 11% pensent que c’est plus facile. 19% jugent la difficulté équivalente.
Ce sentiment de déclassement générationnel pèse lourdement sur leur moral. Il affecte aussi leur confiance en l’avenir. Gaël Sliman, président d’Odoxa, le souligne clairement. Ces difficultés de logement des jeunes engendrent un « fort sentiment de déclin ».
Quels sont les principaux obstacles à l’accès au logement des jeunes ?
Des loyers trop élevés par rapport aux revenus
Le coût du logement constitue le frein numéro un. En effet, 71% des jeunes ayant rencontré des difficultés pointent des loyers excessifs par rapport à leurs revenus. À l’achat, la situation n’est guère meilleure. 59% évoquent des prix inabordables. L’insuffisance de l’apport personnel touche 41% des candidats. 32% ne parviennent pas à obtenir un prêt.
En outre, 22% des jeunes candidats à l’acquisition soulèvent un autre problème. L’écart entre leur loyer actuel et le montant d’un remboursement de prêt reste trop important.
Une offre insuffisante et une concurrence féroce
La pénurie de logements aggrave la situation. Ainsi, 50% des jeunes dénoncent une concurrence trop forte entre candidats. Ce chiffre dépasse de 8 points celui de l’ensemble des Français. Par ailleurs, 44% constatent l’absence de biens disponibles dans leur zone de recherche.
Cette tension sur le marché pousse les propriétaires à durcir leurs critères. En conséquence, 49% des jeunes ne remplissent pas les conditions d’attribution exigées. Les garants insuffisants constituent un motif fréquent de refus. L’instabilité de l’emploi pénalise également les candidats. Le niveau de revenus jugé trop faible bloque de nombreux dossiers.
Des discriminations persistantes
Un jeune sur six (15%) déclare avoir subi des discriminations à la location. Ces pratiques illégales reposent sur l’origine, le sexe ou l’apparence physique. Elles privent de nombreux candidats d’un accès équitable au logement des jeunes. Ce phénomène reste stable par rapport à l’ensemble de la population (14%).
Quelles régions et quels profils sont les plus touchés par la crise du logement des jeunes ?
L’Île-de-France et le Sud en première ligne
La difficulté à se loger concerne tout le territoire national. Plus de 70% des jeunes perçoivent des difficultés dans toutes les régions métropolitaines. Toutefois, certaines affichent des taux particulièrement alarmants. La région PACA détient le record national. 83% des jeunes y jugent l’accès au logement difficile. L’Île-de-France atteint 80%, tout comme la Nouvelle-Aquitaine. L’Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes culminent à 81% chacune.
En revanche, les régions du Nord-Est apparaissent légèrement moins tendues. La Bourgogne-Franche-Comté enregistre 72% de difficulté perçue. Le Grand-Est atteint 73%. Ces territoires ne restent toutefois pas épargnés par la crise du logement des jeunes.
Concernant les difficultés concrètement rencontrées, l’Île-de-France concentre 64% de jeunes concernés. Les régions du Sud atteignent toutes 63% : Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et PACA.
Les femmes, les étudiants et les ménages modestes davantage pénalisés
Les disparités sociologiques apparaissent nettement au sein de la jeunesse. D’abord, les jeunes femmes (82%) rencontrent plus de difficultés que les hommes (76%). L’écart atteint 6 points. Ensuite, les étudiants détiennent un record avec 88% de difficulté perçue. De même, les 18-24 ans (84%) sont plus touchés que les 25-34 ans (75%).
Par ailleurs, les foyers modestes (68%) souffrent bien plus que les plus aisés (52%). L’écart atteint ici 16 points. Enfin, les personnes en couple (69%) peinent davantage que les célibataires (54%). Elles recherchent en effet des surfaces plus grandes.
La taille des agglomérations joue également un rôle déterminant. Dans les communes rurales et petites villes, 55% des jeunes rencontrent des difficultés. Ce taux grimpe à 64-65% dans les villes moyennes, grandes villes et l’agglomération parisienne.
Quelles conséquences la crise du logement des jeunes entraîne-t-elle sur leur vie quotidienne ?
Un impact majeur sur la santé mentale
Les difficultés à se loger produisent des effets psychologiques importants. Ainsi, 86% des jeunes estiment qu’elles affectent leur anxiété et leur état de santé mentale. La même proportion pointe un impact sur leur confiance en l’avenir. En outre, 72% pensent que la crise du logement des jeunes nuit à la cohésion de notre société. 61% évoquent des tensions avec leur famille et leur entourage. Enfin, 55% considèrent que cette situation accroît leur désintérêt à l’égard de la politique.
C’est dans le Nord-Est de la France que les tensions familiales se manifestent le plus fortement. Elles concernent 67% des jeunes dans le Grand-Est. Les Hauts-de-France atteignent 65%. L’Île-de-France enregistre 64%.
Des renoncements dans tous les domaines de vie
Pour accéder à un logement, 68% des jeunes ont dû renoncer à au moins un élément fondamental dans leur vie. Ce taux atteint 75% dans les foyers les plus modestes. Il grimpe à 74% en agglomération parisienne.
L’impact sur l’emploi frappe particulièrement le Sud de la France. En PACA, 36% des jeunes ont renoncé à candidater à un emploi à cause du logement. La Nouvelle-Aquitaine atteint 35%. Concernant la natalité, le Nord-Ouest souffre davantage. Un quart des jeunes Normands (26%) ont renoncé à avoir des enfants. Les Bretons atteignent 25%. Les Franciliens enregistrent 24%.
Un pouvoir d’achat sous pression
Le poids du loyer ou de l’emprunt contraint 82% des jeunes à des sacrifices quotidiens. Ce taux atteint 90% chez les foyers les plus modestes (moins de 1 500€/mois). Il reste élevé (72%) même chez les plus aisés (plus de 3 500€/mois).
Concrètement, les restrictions touchent tous les postes de dépenses. 68% des jeunes ont réduit leurs achats de vêtements et d’équipements. 65% ont renoncé à certaines sorties et activités. 62% ne peuvent pas partir en vacances comme souhaité. 60% ne peuvent pas épargner ni mettre d’argent de côté.
Plus alarmant encore, 51% des jeunes diminuent leur budget alimentaire à cause du coût de leur logement. Ce taux atteint 65% chez les plus modestes. Certaines régions souffrent particulièrement. La Nouvelle-Aquitaine enregistre 58%. La PACA atteint 54%. L’Île-de-France compte 53%.
De surcroît, 29% des jeunes renoncent à des soins médicaux. Par ailleurs, 44% ont besoin d’une aide financière extérieure pour boucler leurs fins de mois. Cette aide provient de leur famille ou de leurs proches.
Un exode forcé hors des communes d’origine
50% des jeunes de moins de 35 ans ont déjà quitté leur commune (18%) ou envisagent de la quitter (32%). La raison : ils ne trouvent pas de logement des jeunes adapté à leurs besoins. Ce phénomène concerne toutes les régions. Cependant, certaines sont plus touchées. La Bretagne atteint 59%. La Nouvelle-Aquitaine enregistre 56%. L’Île-de-France compte 55%. Dans l’agglomération parisienne, 37% des jeunes craignent de devoir s’exiler à l’avenir. Ce taux tombe à 27% dans les communes rurales.
Les revenus jouent un rôle déterminant dans cette mobilité forcée. 55% à 56% des jeunes gagnant moins de 2 500€/mois ont quitté ou envisagent de quitter leur commune. Ce taux descend à 43% pour ceux gagnant plus de 3 500€/mois.
Le logement des jeunes peut-il devenir un enjeu électoral décisif ?
Un thème porteur pour les municipales
Le logement pourrait peser dans les urnes lors des prochaines élections municipales. En effet, 63% des jeunes et 54% des Français se disent prêts à voter pour un candidat proposant des mesures concrètes. Cette disposition transcende les étiquettes politiques.
Cette promesse concerne tous les milieux sociaux. Les locataires (66%) se montrent particulièrement sensibles à cet enjeu. Les jeunes ayant souvent rencontré des difficultés pour se loger atteignent également 66%. Par ailleurs, les hommes (66%) apparaissent légèrement plus réceptifs que les femmes (58%). De même, les 18-24 ans (67%) devancent les 25-34 ans (59%).
Des disparités régionales dans l’attente de solutions
L’attente de mesures sur le logement des jeunes varie selon les territoires. La PACA arrive en tête : 72% des jeunes y voteraient pour un candidat portant cet enjeu. La Bretagne suit avec 68%. L’Auvergne-Rhône-Alpes atteint 66%. La Normandie enregistre 65%. Les Hauts-de-France comptent 64%.
D’autres régions affichent des taux légèrement inférieurs. L’Occitanie atteint 63%. L’Île-de-France, le Centre-Val de Loire et la Nouvelle-Aquitaine enregistrent 60%. Le Grand-Est et la Bourgogne-Franche-Comté comptent 59%. Les Pays de la Loire ferment la marche avec 56%.
Gaël Sliman, président d’Odoxa, conclut sans ambiguïté : « Le logement est clairement un enjeu clé mais largement ignoré des élections de mars prochain. Les partis et les candidats concernés ont encore le temps d’intégrer cette dimension dans leurs programmes. »

