Les administrateurs de biens en pleine forme : un chiffre d’affaires en hausse de plus de 8% en 2017

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Selon la dernière étude de XERFI-PRECEPTA, les administrateurs de biens sont dans une situation favorable avec un chiffre d’affaires en hausse de plus de 8% en 2017 et des performances financières à des niveaux élevés.

Quatre ans après la loi Alur qui devait fragiliser la profession avec l’introduction du compte séparé obligatoire, de la mise en concurrence du syndic plus fréquente ou encore la forfaitisation des actes de gestion courante, force est de constater que les administrateurs de biens se portent bien.

D’abord, ils ont revalorisé leurs honoraires sur la partie syndic de l’activité, en gonflant ceux des actes hors forfait. Ainsi, dans le grand Paris, les honoraires totaux des syndics ont dépassé 258 euros par lot, soit un bond de presque 20% par rapport à 2013.

« La conjoncture leur a été favorable sur le marché de l’immobilier ancien avec des transactions et des prix en progression de respectivement plus de 14% et presque 4%. Sans oublier qu’ils sont très bien placés pour proposer des services complémentaires à leurs clients copropriétaires », commente Thomas Roux, auteur de l’étude.

Selon les prévisions des experts de Xerfi, la croissance de l’activité des administrateurs de biens ralentira toutefois, au rythme de 3,5% par an en moyenne d’ici 2020. Les opérateurs seront en effet pénalisés par la faible hausse du nombre de ventes dans l’ancien. Ils seront également confrontés à la menace grandissante des « pure players » du web dans le domaine du syndic en ligne.

« Les administrateurs de biens font donc manifestement preuve de résilience lorsque l’environnement réglementaire se durcit mais aussi quand la compétition monte d’un cran. Car la concurrence s’accélère. Il est vrai que l’offre de base, en syndic ou en gérance locative, est relativement similaire et donc interchangeable d’un cabinet à l’autre », indique Thomas Roux.

Grâce à la mise sur le marché d’offres innovantes portées par les start-up technologiques de l’immobilier – les fameuses proptech – le développement des syndics en ligne gagne du terrain. Ces offres viennent challenger les acteurs traditionnels sur les petites copropriétés (moins de 20 lots).

De la même manière, des outils en ligne incitent de plus en plus de bailleurs à gérer eux-mêmes leur bien en location. Forte  de la densité de leur maillage territorial et sur des modèles d’affaires parfois très flexibles, reposant sur la franchise, les agences immobilières viennent aussi empiéter sur les activités de gestion des administrateurs de biens. Et leur concurrence restera vive d’ici 2020, de l’avis des experts de Xerfi. Les réseaux d’agences, à l’image de Square Habitat, Century 21, Orpi ou encore Guy Hoquet L’immobilier, sont des concurrents redoutables.

Pour se préserver des effets négatifs de ces tendances, la profession organise sa riposte. C’est ainsi que le numérique offre de nombreuses opportunités tant en matière de services apportés au client que dans l’optimisation de l’entretien des copropriétés. Nexity ADB et Sergic misent particulièrement sur les outils digitaux liés au syndic et à la gérance locative. Le numérique permet également d’optimiser davantage le back-office et les services support. En réalité, les administrateurs de biens traditionnels sont bien positionnés pour proposer une offre hybride mêlant les avantages du digital et du physique.

Mettre le cap sur la diversification est aussi un bon moyen de faire face à un cœur de métier et à des activités complémentaires comme la transaction fortement cycliques. C’est ainsi que nombre de cabinets ont étendu leur offre au conseil patrimonial, à l’asset management ou encore à la défiscalisation par exemple. Certains vont même plus loin en proposant des services de confort à leurs clients, devenant ainsi de véritables prestataires de services.

Les poids lourds comme Foncia, Nexity ou Citya Immobilier viennent consolider un secteur encore très atomisé. Cela ne signifie pas pour autant la mort des syndics de quartier. Au contraire. De nombreuses copropriétés quittent en effet les syndics de grands groupes pour s’orienter vers des cabinets de quartier, qui misent sur la connaissance de leur marché, la proximité et une relation client personnalisée.

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