Le métier de syndic de copropriété s’organise enfin à l’échelle mondiale. Une nouvelle structure voit le jour : l’AISGC, Association Internationale des Syndics et Gestionnaires de Copropriété, officiellement déclarée à la préfecture de police de Paris et publiée au Journal Officiel de la République Française le 5 mai 2026 (annonce n° 1627). Cinq nations fondatrices — France, Québec, Portugal, Maroc et Belgique — unissent leurs forces pour valoriser une profession présente dans le monde entier, mais dont les pratiques et les cadres réglementaires restent profondément hétérogènes. Une ambition inédite pour un secteur en pleine mutation.
Sommaire :
- Pourquoi une association internationale des syndics de copropriété était-elle nécessaire ?
- Qui gouverne l’AISGC et quels pays en sont membres fondateurs ?
- Quels sont les objectifs concrets de l’AISGC pour la profession de syndic ?
- Quelle ambition institutionnelle pour la gestion de copropriété à l’international ?
Pourquoi une association internationale des syndics et gestionnaires de copropriété était-elle nécessaire ?
Un métier présent partout dans le monde, mais morcelé
Le syndic de copropriété occupe une place centrale dans la gestion immobilière mondiale. Il administre les parties communes, organise les assemblées générales et pilote la trésorerie des immeubles collectifs. Pourtant, la profession reste profondément fragmentée à l’échelle internationale.
Dans de nombreux pays, les immeubles collectifs portent le nom de « condominiums ». Le gestionnaire y joue un rôle clé. Or, son périmètre d’action, sa formation et son encadrement réglementaire varient fortement d’un pays à l’autre. Certains États structurent la profession depuis longtemps : ils imposent des règles déontologiques solides et une formation obligatoire. D’autres, en revanche, en sont encore aux prémices de cette structuration.
Un vide institutionnel comblé par l’AISGC
Jusqu’ici, aucune organisation internationale ne fédérait les associations nationales de syndics et gestionnaires de copropriété. Ce vide isolait les professionnels. Il favorisait la répétition des mêmes erreurs d’un pays à l’autre et bloquait toute convergence des pratiques. L’AISGC comble précisément ce manque. Elle se positionne comme une plateforme d’échanges, de comparaisons et de coopération entre les acteurs du secteur à l’échelle mondiale.
Dès sa création, l’association se fixe trois axes majeurs :
- La promotion internationale du métier de syndic et l’accroissement de son attractivité auprès des nouvelles générations.
- Le partage de connaissances opérationnelles et la diffusion des meilleures pratiques entre les pays membres.
- L’analyse comparative des législations pour accompagner l’évolution des cadres réglementaires nationaux.
Qui gouverne l’AISGC et quels pays en sont membres fondateurs ?
Un bureau de cinq nations pionnières
L’AISGC s’appuie dès son lancement sur une gouvernance solide. Des organisations professionnelles reconnues et des personnalités de premier plan portent cette structure. Le bureau fondateur réunit des représentants issus de cinq pays :
- La France, représentée par l’ANGC (Association Nationale des Gestionnaires de Copropriété), en la personne de Gilles Frémont, qui occupe la présidence de l’AISGC.
- Le Québec, représenté par la RGCQ (Regroupement des Gestionnaires et Copropriétaires du Québec), en la personne d’Yves Joli-Cœur, vice-président.
- Le Portugal, représenté par l’APEGAC, en la personne de Gonçalo Matos, trésorier.
- Le Maroc, représenté par Tarik Zniber, secrétaire général.
- La Belgique, représentée par Jean-Pierre Lannoy, également secrétaire général.
Charles Bohbot, avocat spécialiste du droit de la copropriété, complète l’équipe fondatrice. Son expertise juridique renforce la dimension comparative de l’association.

Des élargissements déjà en cours
L’AISGC ne s’arrête pas à ses cinq membres fondateurs. Des discussions avancées sont déjà engagées avec des délégations d’Italie, de Galice (région autonome d’Espagne) et de Tunisie. Dès ses premières semaines d’existence, l’association confirme ainsi son ambition résolument internationale.
Quels sont les objectifs concrets de l’AISGC pour la profession de syndic ?
Valoriser et promouvoir le métier de syndic de copropriété
L’attractivité du métier de syndic de copropriété figure parmi les enjeux les plus urgents identifiés par l’AISGC. Dans plusieurs pays, la profession souffre d’une image dégradée. En France notamment, les relations entre syndics et copropriétaires restent souvent conflictuelles. Pourtant, le syndic joue un rôle fondamental. Il gère la trésorerie de l’immeuble, entretient les parties communes, suit les travaux et veille au respect des réglementations thermiques et environnementales.
L’AISGC prend donc la parole pour revaloriser cette profession. Gilles Frémont, premier président de l’association, le formule clairement : « Au-delà des frontières, notre volonté est de redonner ses lettres de noblesse à une profession essentielle et engagée dans sa mission. Nous voulons affirmer une identité forte : celle d’un métier attractif, riche de son histoire, et résolument tourné vers l’avenir. »
Partager les meilleures pratiques entre pays membres
L’échange de bonnes pratiques constitue l’un des piliers opérationnels de l’AISGC. Chaque pays membre apporte une expérience distincte. Le Québec dispose d’une culture de la copropriété mature et d’outils numériques avancés. Le Portugal a profondément modernisé son droit immobilier ces dernières années. La France, de son côté, possède un cadre législatif dense et une longue tradition de gestion syndicale.
Dès lors, l’association prévoit d’organiser des colloques thématiques, des publications de droit comparé et des formations croisées. Ces échanges couvriront des thématiques clés : transition énergétique, digitalisation de la gestion de copropriété, évolution des obligations réglementaires, gestion des conflits en assemblée générale et dématérialisation des procédures.
Analyser et comparer les législations nationales
Le troisième axe stratégique de l’AISGC porte sur l’analyse comparative des législations en matière de copropriété. Cette mission s’avère essentielle. Les pays membres évoluent dans des cadres juridiques très différents : régimes de propriété collective, règles de majorité en assemblée générale, obligations de transparence financière — chaque système national fonctionne selon ses propres règles.
En conséquence, l’AISGC publie des travaux de droit comparé. Ces études permettent aux législateurs et aux professionnels du secteur de s’appuyer sur des références internationales. Ils peuvent ainsi faire évoluer leurs cadres nationaux de manière éclairée.
Quelle ambition institutionnelle pour la gestion de copropriété à l’international ?
Peser dans le débat public international
L’AISGC ne se conçoit pas uniquement comme un réseau de professionnels. Elle entend peser dans le débat public international. Pour ce faire, elle prend position sur les grands enjeux du secteur : transition énergétique, digitalisation, évolution juridique. La copropriété se retrouve en première ligne face au défi de la rénovation thermique des bâtiments. Dans l’Union européenne, la directive sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD) impose des obligations de rénovation croissantes aux copropriétés. Le syndic de copropriété devient ainsi un acteur central de la mise en œuvre des politiques climatiques.
Une reconnaissance institutionnelle à construire
Pour peser dans le débat public, l’AISGC doit obtenir une reconnaissance institutionnelle. Elle cible les grandes organisations internationales compétentes : ONU-Habitat, FIABCI (Fédération Internationale des Professions Immobilières) et les instances européennes. Cette reconnaissance lui permettrait de porter la voix des syndics et gestionnaires de copropriété là où se décident les politiques du logement collectif.
L’enjeu est considérable. La gestion de copropriété touche des centaines de millions de personnes à travers le monde. Elle concerne des pays aussi différents que la France, le Canada, le Portugal, le Maroc ou la Belgique. Structurer la profession à l’échelle internationale, harmoniser progressivement les pratiques, élever le niveau de compétence global : telle est la feuille de route que l’AISGC s’est fixée pour les années à venir.
Un acte fondateur au rayonnement mondial
La création de l’AISGC marque une étape historique pour la profession de syndic de copropriété. Pour la première fois, des acteurs de plusieurs continents s’unissent autour d’une vision commune. Ils veulent faire du syndic un professionnel reconnu, formé, encadré et respecté, quelle que soit la langue dans laquelle il exerce. La déclaration au Journal Officiel de la République Française confère à cette initiative une légitimité institutionnelle forte. C’est le point de départ d’un rayonnement international à construire.

