Construire en hauteur, un levier pour les emplois

Construire en hauteur, un levier pour les emplois

Les discours d’opposition entre villes et campagnes ont trouvé une nouvelle vigueur avec la pandémie. Pourtant, l’essentiel reste de permettre à chacun de profiter du dynamisme économique des métropoles. Construire en hauteur, un levier pour les emplois afin de garantir qualité de vie et pouvoir d’achat… Par Alexandre Judes, économiste, chez Indeed France.

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La moitié des emplois se situe à présent au sein des métropoles

Le lien entre le logement et les emplois, pour la plupart des actifs, ne passe pas par le télétravail. En effet, beaucoup de personnes cherchant un emploi se limitent en effet à renseigner une localisation, à l’exclusion de tout autre critère. C’est pourquoi la moitié des emplois se situe à présent au sein des métropoles.

Aussi, un « retour à la campagne » massif est peu probable, ni même souhaitable. En effet, les infrastructures manquent et y construire des logements aggraverait l’artificialisation des sols et la déforestation. Des catalyseurs majeurs de la dégradation de l’environnement et du changement climatique.

Cependant, rien n’empêche les urbains qui le désirent et qui le peuvent de s’y établir, d’y télétravailler, d’y rénover de vieilles bâtisses et de stimuler l’économie locale.

Toutefois, l’essentiel reste de permettre à chacun de profiter du dynamisme économique des métropoles, tout en garantissant qualité de vie et pouvoir d’achat.

Maires et présidents de métropole ont les moyens d’agir, en coordination avec l’État et les citoyens eux-mêmes. Ils peuvent mettre en œuvre de nouvelles formes de construction urbaine.

Le coût du logement, un handicap pour les emplois

C’est un fait bien connu : le coût du logement dans les métropoles est prohibitif pour beaucoup d’actifs. De fait, il pèse sur leurs conditions de travail et l’accès aux emplois. Un sondage réalisé en 2018 montrait que 80 % des Franciliens soutenaient le projet de métropole du Grand Paris, mais que 90 % d’entre eux redoutaient l’augmentation des prix de l’immobilier.

Les plus modestes, mais aussi les jeunes (actifs ou étudiants) et ceux qui ne peuvent pas télétravailler subissent des trajets quotidiens longs et parfois pénibles. Au niveau macroéconomique, ces entraves à la mobilité sont responsables de 2,5 points de chômage (IGAS, 2015).

Pourtant, les décideurs publics négligent l’interdépendance entre logement et emplois. Ils persistent à les traiter séparément. Par ailleurs, les dispositifs s’empilent : logements sociaux, APL, chèque mobilité, encadrement des loyers, et maintenant baux emphytéotiques. Leurs inefficiences s’ajoutent, justifiant d’autres palliatifs.

Ainsi donc, l’ensemble finit par constituer un système inefficace. On finit par oublier que traiter ponctuellement les symptômes ne suffit pas à guérir la maladie.

Le logement engloutit à présent 30 % du revenu disponible brut des ménages et la Fondation Abbé Pierre comptabilise près de 4 millions de personnes mal-logées.

Construire en hauteur, un autre modèle vertueux est possible

Au vu de ces résultats, mieux vaut couper court à la politique actuelle du logement. Aussi, pour rapprocher les actifs des emplois, tout en mettant fin à la crise de l’offre, la construction verticale des métropoles paraît incontournable.

Elle fait polémique en France, où elle est assimilée aux barres d’immeubles dans les banlieues ou aux tours peu esthétiques construites à Paris. On pense, aux Olympiades ou au front de Seine.

emplois

Cependant, Il existe d’autres exemples. Citons les villes de Chicago et New York où les constructions en hauteur font partie de l’identité de la ville. C’est aussi le cas de Londres, qui a su concilier avec pragmatisme : gratte-ciels contemporains et monuments historiques.

Les métropoles françaises ne doivent pas rester à l’écart de cette révolution urbanistique.

Pour le moment, force est de constater que la vision d’ensemble n’est pas au rendez-vous. Les débats du premier tour des élections municipales ont éludé la question cruciale du logement.

Ce n’est pas faute de projets. Des architectes de tous horizons, à l’instar d’Odile Decq ou Vincent Caillebaut, travaillent à rendre nos villes plus hautes, plus denses et aussi plus écologiques. Il est probable que la participation citoyenne évite de nombreux écueils. À commencer par l’erreur new-yorkaise où les de réserver les gratte-ciels sont réservés à des résidences de luxe. Bien au contraire, il faut diversifier les lots.

Cette crise sanitaire aura des répercussions socio-économiques majeures. Elle nous frappe à un moment où le climat social et la concorde nationale sont fortement dégradés. Surmonter l’épreuve qui s’annonce exigera courage, inventivité. En sorte que les Français exigent des résultats sur leurs préoccupations immédiates. Au premier rang desquelles figurent les emplois et le pouvoir d’achat. Le logement est un levier idéal.


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